Aujourd’hui, des visages de femmes qui me sont inconnues resplendissent
de partout sur les médias sociaux, dans les magazines et journaux. Elles ont
fait ou font une différence dans ma vie. Je ne les connais pas, mais je les
remercie. C’est en ce jour presque printanier que je vous souhaite, à toutes,
une belle journée des droits de la femme. Je ne déchirerai pas mon gilet, ne
brûlerai pas mon soutif, ne souhaiterai aucun mauvais sort en jouant à la
poupée vaudou, n’arracherai pas les cheveux de la ministre Thériault et n’irai
certainement pas fulminer à quelconque émission télé. Non, je ne m’embarquerai pas
dans une bataille de plumeaux comme les deux « chieuses » Sophie
Durocher et Geneviève St-Germain l’ont fait à Tout le monde en parle dimanche dernier!! Malgré leur évidente
culture générale et leur éloquence, aucune d’elle ne vient m’émoustiller le
féminisme. Pas plus que Lise Payette ni Janette Bertrand. Je suis une femme,
fière de l’être. Je suis féministe dans sa plus simple définition, soit celle pour
l’égalité des droits des êtres humains. Je suis pour les femmes. Pour les
hommes. Pour le respect. Pour l’authenticité. Pour l’ouverture d’esprit et l’amour.
Pour un monde moins malade. Je suis Karine Gagnon.
Évidemment, je suis reconnaissante envers toutes celles qui
ont fait avancer le droit des femmes jusqu’à ce jour, mais je suis
particulièrement émue devant les femmes de ma vie, celles qui m’entourent,
celles que je côtoie chaque jour. Ma mère, ma sœur, mes amies, mes collègues. Celles
qui, à leur façon, façonnent un monde plus fort, plus démocratique, plus juste
et plus sain.
À ma façon, je suis féministe et j’inclus ici nos hommes! Un
ne va pas sans l’autre quant à moi. Je n’ai plus envie d’un féminisme de
remontrances. J’ai envie d’avancer, dans la même direction que nos prédécesseures
engagées, mais aussi à côté de femmes et d’hommes ouverts d’esprit et
respectueux. Je souhaite ardemment que les trous du cul femmes et hommes qui
font reculer nos droits se prennent un croc-en-jambe pour qu’ils en mordent le
sable et plus encore (c’est innommable ce que je pourrais écrire J) Oui, parce qu’il n’y
pas que des salopards ignares et méchants, des enculés profonds, mais il y a
aussi encore beaucoup de femmes mesquines, manipulatrices aux cous
longitudinaux qui crachent sur leurs pairs. Sur leurs employées, sur leurs collègues.
Celles qui diminuent la femme et la fait passer pour sotte, petite, qui lui
coupe les ailes. Elles existent aussi, ces fouteuses de troubles, ces visages à
deux faces, ces « mal baisées ». Il n’en est pas d’une question de
genre, mais une question de grandeur d’esprit, d’intelligence, de cœur. Point.
En ce 8 mars 2016, je ne serais pas la femme que je suis si
mes grands-mères n’avaient pas été ce qu’elles ont été. Elles se sont tenues debout.
Une devant le prêtre qui est venu demander de faire un autre enfant, elle l’a
envoyé paître. L’autre, à s’occuper d’une famille quand son homme était parti
bûcher des mois durant, faire de ses petites mains frêles de magnifiques
vêtements et pétrir le meilleur pain du monde. La mère de mon père passait la
tondeuse à plus de 85 ans… droite comme une barre. Vaillante comme pas une. Elles
ont été au front, à leur façon. Ce sont pour moi, d’illustres femmes particulièrement
fortes. Merci!
Je ne serais pas celle que je suis sans l’incommensurable
courage de ma petite maman, pour ses qualités pures, son authenticité géante,
sa générosité tel un puits sans fond, de sa tendresse aussi grande que le
rayonnement du soleil. Ma mère, celle qui a commencé à travailler à 15 ans,
durement, pour ne jamais s’arrêter jusqu’à tant que sa santé soit perturbée. Celle
qui fait toujours passer les autres avant elle. Je suis fière de cette grande
femme qu’est ma mère, parce qu’elle m’a inculquée comment donner de l’amour sans
compter. Une femme qui n’a jamais eu peur de dire les vraies affaires. Sur son
chemin, ne vous y aventurez pas pour faire du trouble aux siens, vous allez
certainement virer de bord.
Je ne serais pas celle que je suis sans les amies de ma
mère, mes tantes aussi. Mes professeures. Merci pour votre franc-parler, votre
savoir, votre élégance, votre travail manuel et intellectuel, vos batailles.
Votre force intérieure indéniable.
Je ne serais pas celle que je suis sans mes précieuses
collègues d’école et de travail, rencontrées au fil des ans. Merci à toutes
celles que j’ai croisées ici et là sur mon sentier de la vie. Je suis fière de
votre parcours, de vos couleurs, de votre beauté.
Je ne serais pas celle que je suis sans mes amies. Mes
vraies de vraies potes. Quel que soit l’endroit où vous êtes sur la planète, je
vous aime. Vous me faites rire. On s’est tenu debout, on a affronté quelques
monstres. On s’est serré dans nos bras, on a levé notre verre, on a fumé le
calumet, on a maudit les imbéciles, on a crié notre mécontentement, on a dansé
sur la piste, parcouru des km, on a refait le monde, mis au monde, crié à l’injustice,
saisi certaines chances, atteint le fil d’arrivée, etc. Main dans la main,
continuons notre chemin.
Je ne serais pas celle que je suis sans ma sœur. Ma petite
(grande) sœur. Inspirante. Courageuse. Discrète, mais qui déplace des
montagnes. Belle dans tous les sens du terme. À l’écoute. Drôle. Personne ne
lui ressemble. Elle est une perle rare. Elle berce les nouveau-nés comme aucune
autre infirmière. Elle brille de mille feux.
Je vous aime.