mardi 1 janvier 2019

Sortir ses vidanges


Ça c'est moi! Fabuleuse (haha) femme à la pony tail jamais parfaite et au look semi-sportif/semi-fashion victim qui sort ses poubelles de 2018. Vous me direz qu'en un an, le ''truck'' à vidanges est passé plus d'une fois, certes, mais faut croire qu'il y avait certaines choses que je n'osais pas jeter. 

Il y a à peine quelques jours de cela, je l'avoue, j'ai perdu pied. C'est pas facile avouer qu'on s'est brisé et le partager aux siens tel un crieur public du Moyen Âge : Oyé Oyé, braves gens, je viens de m'effondrer. PAF après quelques doubles doubles piqués, je me suis cassé la gueule sur la glace.

J'ai regardé autour de moi et... pratiquement personne dans l'arena. À part quelques-uns qui ont toujours été et sauront toujours là pour me voir gagner des médailles, tomber et me relever. Parents, amis précieux, mentors, ... J'ai regardé partout dans les estrades, les yeux mouillés plissés - parce qu'il y a des gens que j'aurais aimé voir - mais ils n'y étaient pas. Leur en vouloir? Non! Parce que les gens ont leur propre vie à vivre, leurs propres défis, leurs propres peines et problèmes et qu'ils en ont rien à foutre parfois de s'attarder aux chutes des autres. Et ça, c'est ben correct! 

Et je me suis dit fuck, quand bien même il y aurait juste une personne qui pense à moi avec affection dans ce putain de monde et bien je serais fortunée (parole de Mö). J'ai tellement pleuré depuis des jours que je ne sais plus s'il reste le 80 % d'eau qui compose mon corps. Comme si, à l'arrivée de la Babička de mon fils au Québec pour deux semaines, je me suis dit ok Karine, tu peux lâcher les rennes, effondre-toi et tu peux enfin souffler. 

Mon année a été en grande partie composée de marde! D'une grosse montagne de fumier puant. Et je me suis mise à réfléchir pourquoi, cette merde venait de qui, d'où, de comment? En fait, après mûre réflexion, elle venait principalement de mes pensées. De moi-même! Incroyable, mais vrai. 


Évidemment, pour les gens plus proches de mon entourage, certains diront ouais mais putain Karine, tu l'as pas eu facile depuis un méchant bout de temps. Vous n'avez pas tord. Je ne rentrerai pas dans les détails, mais après m'être assise avec moi-même au milieu de mon lit KING à pleurer comme une Madeleine ma fatigue, ma peine, mon incompréhension, mes souffrances, j'ai compris que mon état était principalement créé par moi. 

Les vidanges ne sont pas nécessairement les débris d'autrui que je dois sortir, mais mes propres ordures. Une métaphore du ménage que je dois faire dans ma tête, dans mon coeur et dans ma tête. Faire le vide pour faire le plein. C'est-à-dire ne plus être à la recherche de tout et de rien. Apprécier ce que j'ai. Arrêter de vouloir être mieux, parfaite, plus belle, plus gentille, d'être aimée pour qui je suis, de faire plaisir, de donner au-delà de mes capacités, de surconsommer, d'accepter l'inacceptable en me laissant chavirer par mes émotions. Nous avons la capacité de nous autodétruire tellement facilement. C'est fou comme on a la capacité de se faire du mal en pensant trop. 

Je me suis également rendue compte que j'étais beaucoup dans l'attente. Dans l'attente d'avoir le job rêvé, d'être mieux roulé, d'être plus en forme, de rencontrer la grande passion, d'être envoûtée, dans l'attente d'avoir plus de ci et plus de ça et puis encore bien des choses. Et le désir d'être parfaite dans tout ce que je fais, d'être ailleurs trop souvent, et de voyager partout, le désir de m'acheter ci et ça, de plaire à outrance, de donner plus que je peux, d'être la Strong Woman qui ne fléchit pas...

Je ne suis pas gênée aujourd'hui de dire que j'ai mis un genou à terre, que celui-ci tremblotait même, mais que là, je viens de me relever un peu tout croche, mais je suis debout. C'est dérangeant aujourd'hui d'exposer sa douceur et sa tendresse, sa fragilité, dans un monde violent, égoïste, nombriliste et fasciné par le superficiel. Dans un monde où les gens recherchent les plaisirs du corps à outrance et la gratification psychologique parce qu'ils croient que ça les rendra plus heureux ou libérés. J'en fais partie aussi. Dans ce monde de technologie rendu trop froid, je n'ai pas peur de vous dire que ça arrive parfois de s'avachir et d'avoir envie de rester en boule et de vomir sa peine et son angoisse. 

Je connais mon pouvoir. Le pouvoir de la gratitude et le pouvoir des mots. J'ai envie de choisir qui va m'entourer en 2019. ''I'm not too old and it's not too late!'' Il faut avoir le courage de changer ce qui ne va pas dans sa vie, c'est vraiment pas facile changer ses habitudes et mettre un X sur certaines choses. 

Alors aujourd'hui, premier jour de l'An 2019, j'ai été écouter le vent au parc et il m'a parlé. 



Il m'a dit : Sors tes vidanges Karine et criss ça au chemin! Je me souhaite une année douce, de prendre les choses tranquillement, d'accepter que je ne peux pas contrôler autrui, ni les rescaper... D'être douce avec moi-même, de cultiver ma belle énergie... Je me souhaite du vent dans les cheveux, des fleurs sur mon balcon, des éclats de rire avec les gens que j'aime, de bons rhums arrosés de lime, des guiliguilis de mon fils, des baisers langoureux, des jouissances exaltantes, du soleil dans mon coeur, des voyages dans d'autres pays oui, mais aussi des voyages au bout de moi-même...

Qui m'aime me suive haha!

Merci aux ''êtres qui m'entourent, qui me touchent plus que d'autres, sans doute parce que, sans que nous le sachions nous-mêmes, ils portent en eux une partie de ce qui nous manque!''


BONNE ET HEUREUSE ANNÉE à tous ceux que j'aime!
Ma famille, mes amis, mes collègues
À mon fils Milàn, mon petit amour, mon acolyte, ma raison de me relever, à mon partenaire de boxe, mon clown, mon petit rêveur...
Ma petite (grande) soeur
À mon coach et ami
À ceux qui sont arrivés dans ma vie en 2018 et que j'adore!
À ceux qui en sont sortis... merci quand même d'être passé!

SANTÉ et PAIX
Karine xx








mardi 27 novembre 2018

Pars Novembre


Triste mois où les coquelicots vermeils ressuscitent des cendres.

Mois où règnent les premiers frissons, les derniers essoufflements de l’année.

Les jours baissent, inéluctablement.
Le bagage de courage presque vide.

Onzième mois, le plus haletant.

De tous les matins qui soient, les plus incertains, les plus sombres, les plus mélancoliques.

Novembre empoigne les bronches, fait tousser les cœurs, réveille les alcooliques.
On se manque, en novembre.

On s’isole, sans boussole.

On pleure, en silence.
Les marchands de déprime vendent de la mélancolie, de la nostalgie, et des larmes glacées.
Le mois des brumes, de l’amertume, qui déplume.

Novembre des rhumatismes, qui décoiffe, qui cerne et qui gèle.

Où sont passés les « Je t’aime »?

Qui s’épouse en novembre?
L’imagination emprisonnée entre deux eaux chaudes citronnées.

Et que les petits nez reniflent, pendant que les oiseaux ne sifflent. Plus.

Tu nous démembres, Novembre!
Pars novembre, à la course.

Get out!

lundi 10 septembre 2018

Bonne journée mon coeur, à tout à l'heure!

Il n'y a pas si longtemps, il me semble, je déposais mon petit chou à la garderie pour sa première journée dans les bras d'une dame qui m'était totalement inconnue. En fermant la porte derrière moi, mes yeux devinrent des rivières. Je marchais sur le trottoir et j'entendais mon enfant pleurer, je me demandais s'il allait me pardonner un jour de l'avoir abandonné si tôt aux mains d'une dame étrangère. 

Et puis les jours filèrent à la vitesse d'une météorite. Les pleurs avaient fait place aux larges sourires, mon coeur devint plus léger au fil du temps et mes yeux lumineux. Je savais mon fils en protection, que lorsque je le déposais à la garderie le matin, il se sentait comme chez lui. Là-bas, il est passé des gazouillis aux premiers balbutiements. Et il y a eu le baragouinage des premières syllabes et la jasette des premiers mots. Puis les petits petons ont marché, couru et finalement tu as tourné les talons à la garderie. 

Tu es parti en souriant, sans pleurer cette fois-ci. En remerciant ton éducatrice pour tout, en lui offrant le plus beau des câlins. 

Une page se tournait. Une autre.

Désormais, j'allais devoir dire au revoir encore une fois à mon petit bonhomme, qui s'adonnera à l'univers de l'école. Mon fils quittera le monde des bébés pour de bon. Je veux pas que ça se termine moi, la période des câlins-bisous, je veux pas te voir grandir et devenir plus grand que moi, je ne veux pas que tes petites mains frêles deviennent fortes et robustes. J'aimerais que tu restes éternellement mon petit coeur adoré et que je sois toujours au premier rang dans ta vie. 

Mais c'est comme ça. Il y aura tout plein de premières fois, oui comme cette première journée du primaire où tu m'as tenu la main si fort. Tes yeux ne pleuraient pas, mais j'y voyais beaucoup d'angoisse. Je décelais en toi cette peur qui m'habitait aussi. L'inconnu. Au fond de moi, j'avais une putain de trouille que je ne voulais pas laisser transparaître. Ce jour-là, de première maternelle, j'étais ton roc et je sais que je le serai encore pour plein d'autres étapes de ta vie. 


Je t'ai souhaité une bonne journée mon coeur. Tes petites mains agrippées au grillage, ne voulant pas que je te quitte encore une fois, m'ont refait vivre ton premier jour à la garderie. Je ravalais mes larmes. J'ai dû partir pour te laisser affronter cette nouvelle route. Plus tard, tu comprendras qu'il fallait que j'agisse ainsi. 

Le fait que tu me demandes une bonne dizaine de fois si j'allais revenir te chercher dénotait que toi aussi, dans ta jeune tête, tu te posais mille et une questions. Je te confiais à un autre monde, celui des enfants naifs, sensibles, méchants, allumés, dégourdis, particuliers, intelligents. Je te livrais au monde de l'enseignement qui je l'espère saura t'enseigner l'honnêteté, la droiture, le respect, l'authenticité...

Tu sais parce que oui, tu es authentique Milàn. Du haut de tes quelques pommes, avec tes yeux verts en amandes vifs et intelligents, je sais que tu sauras faire ton petit bonhomme de chemin. Tu es ma plus grande fierté et celle de ton père aussi. Quand on te voit nous envoyer la main, debout dans le rang, à nous sourire à la fois inquiet et confiant, je reste craintive, mais assurée que tout ira bien. Parce que je vais te donner tout l'amour possible qui puisse t'aider à grandir magnifiquement, parce que je vais te border encore tous les soirs jusqu'à temps que tu en aies marre, parce que je vais te tenir la main tant et aussi longtemps que tu le voudras. Parce que Milan, je serai là pour toi à chaque instant de ta vie et ce, même lorsque tu feras dans les 6 pieds et que tu seras à ton tour papa. Parce que mon fils, je connais ta valeur et que je connais la mienne et qu'ensemble, on franchira une à une les étapes la tête bien haute et le corps bien droit. Et parce que je t'aime mon enfant... tout simplement. 

Bonne journée mon petit coeur, je viendrai te chercher tout à l'heure xx





mercredi 13 décembre 2017

L'accro

J'ai consommé pour être heureux et je suis devenu malheureux
J'ai consommé pour être joyeux et je suis devenu misérable
J'ai consommé pour être sociable et je suis devenu chicaneur
J'ai consommé pour avoir l'air sophistiqué et je suis devenu insupportable

J'ai consommé pour me faire des amis et je me suis fait des ennemis
J'ai consommé pour dormir et je me suis réveillé fatigué
J'ai consommé pour être fort et je me suis senti faible
J'ai consommé pour relaxer et j'ai eu la tremblote

J'ai consommé pour être courageux et je suis devenu peureux
J'ai consommé pour avoir confiance en moi et je me suis mis à douter de moi-même
J'ai consommé pour avoir plus de conversation et je me suis mis à bafouiller

J'ai consommé pour me sentir au paradis et j'ai fini en enfer

Auteur inconnu

dimanche 22 octobre 2017

40 balais!

Et oui, c'est aujourd'hui que j'atteins la quarantaine, comme un coup de fouet en pleine gueule! Cela fait un bail que je la vois venir de loin, cette dizaine qui m'effraie.

Il y en a pour qui c'est un chiffre comme un autre. Moi, non! Quand je pense à quadragénaire, je pense à la moitié de ma vie passée. Là-dessus, il m'en reste peut-être 15 ou 20 à être assez active pour faire des voyages et vivre en santé. Après quoi, tu tombes sur le décan et tu t'alignes vers le relâchement des sphincters.



En lisant ceci tu te dis : ''ok elle est folle!''

Non! Juste réaliste.

''Oui, mais tu es jeune dans ton coeur Karine!''

Ok, oui, pis!? Je ne vois pas ce qu'il y a de trippant à vieillir. Il faudrait qu'on m'explique.
Oublier de plus en plus ses affaires, avoir de plus en plus de bobos, prendre de plus en plus de pilules, vivre de moins en moins de Noël, devenir de plus en plus sénile, chercher son dentier partout et se rendre compte que le chien est partie avec...

''Ouais, mais il y a des gens en super santé à 80 ans.''

Ah ouais, quoi 1 sur 10. Et tu fais quoi à 80 ans à part regarder par la fenêtre pis manger du mou en pyjama?

Réglons certaines choses...

Quarante printemps et quelques pattes d'oies en sus, une séparation, deux pêches molles dans le tricot, pas de maison, pas de chien, pas de compte en banque mirobolant, où m'en vais-je?

Fille, mère, amie... exigeante, Hitlérienne, contrôlante, intense, mais drôle! Bon!

Amante... pleine de qualités hahaha!

Est-ce que je me sens plus sereine? Pentoute.

Plus sexy? No way!

Est-ce que je fais de la gymnastique du visage comme le propose tous les magazines féminin? Qossé ça!



Je portes-tu des spanx? Ben oui parfois bon!!




Est-ce que j'ai la même motivation que JLO qui travaille fort pour avoir un popotin d'enfer? Aucunement


Ai-je le même sourire heureux que Julia Roberts? Hummm non!



Ces choses-là sont réglées.

Va péter Ferland!

''C'est à trente ans que les femmes sont belles.
Avant elles sont jolies
Après ça dépend d'elles.''

Après ça dépend d'elles...???? Aie chose, tu voulais juste trouver une rimette à ''belles''. Ça juste pas de sens cette chanson-là finalement.

Un nouveau chapitre, mais toujours la même!

Changes-t'on vraiment au cours des années, j'en doute. S'améliorer, certainement. S'endurcir, oui. S'en câlisser, un peu plus.

Je me revois à 25 ans, avec mon amie Carole, nous étions déterminée à aller nous acheter une crème anti-rides. On commençait à se trouver vieilles hahaha. Aujourd'hui, 15 ans plus tard, je ne porte pas de crème antirides, mais Carole est toujours dans ma vie. Je suis restée la même, avec la même capacité d'émerveillement, de folie, de taquinerie. J'ai le même humour, le même talent de comédienne et je suis furieusement heureuse d'être en vie. Je fréquente les ténèbres de temps à autres, souvent en passant par les problèmes de l'autre, mais j'aspire toujours faire du hiking sur un arc-en-ciel, soit entre la pluie et le soleil.

J'ai pas souvent la trouille. Quand je l'ai, c'est que j'ai peur de moi-même. De mon angoisse. Je me mets souvent dans la peau de GI Jane ou de Wonder Woman pour affronter mon quotidien, c'est ce qui me fait garder le pied dans la barque. Je me revois souvent au primaire, au secondaire, même caractère fonceuse, rough, franche, directe. Au cours des années, je n'ai jamais changée d'attitude ou de personnalité, mon mot d'ordre : authenticité.



J'imagine que sur le chemin de la vie, entre deux rides et taches brunes, je resterai la même.

Et si c'était un nouveau tournant...

Je ne sais pas. Peut-être que c'est ce que je souhaite. À 40 ans, c'est la remise en questions. Je n'ai plus envie que personne s'accroche à mes basques ou qu'on me suce le sang. Les couples se séparent, les célibataires s'endurcissent, Tinder fait des ravages. On baise, on fourre, on exulte les démons intérieurs.

Moi j'ai envie de vivre. Tranquillement. Je recherche la paix. Oui la paix. Je suis une automate chaque matin de ma vie en me rendant au travail, certes, mais pas une automate comme les autres. Parce que je suis moi. Que j'ai cette force qui me caractérise et une résilience hors du commun (il paraît). Je vais continuer de marcher la rage entre les dents, mais avec une écharpe légère autour du cou. Douce. Parfumée de mes cheveux longs naturels qui sentent le miel. J'avancerai avec du baume sur mes lèvres comme je le porte depuis le secondaire. Gênée.

Je vais essayer de me préparer davantage au bonheur qu'au chagrin.

Je n'ai jamais cru aux princesses et au château. Encore moins au mariage. J'y croirai pas davantage après 40 ans.

Je ne refuserai plus l'aide des autres.

Je vais continuer de faire rire mes amies.

À 40 ans, je n'accepterai plus l'inacceptable.

Que les ''médisseux'' et les connards qui m'entourent se carrent un cornichon dans le cul.

Je prendrai soin de mon fils, du père de mon fils, de ma famille et de mes amis (es) chaque jour et à jamais.

Je ne volerai plus de sac de crottes de fromage à l'épicerie (hahahaha, ben non c'est arrivé 2 x par inadvertance).

J'ai été écorché vive plusieurs fois, mais y'a personne ni rien qui va me coucher par terre.

À 40 ans, je ne cesserai pas de m'acheter des robes et je garderai ma tignasse longue. C'est pas pour toute suite le look de matante.

Je continuerai de peindre mon quotidien à ma façon, avec de petites touches originales, parce que j'aime sortir du lot.

Je resterai l'amie de la nature et je me promet de m'y rapprocher un peu plus chaque jour.

Je fais la promesse de ne jamais sortir avec un chasseur qui se fait prendre en photo avec la bête morte. Putain non!

À 40 ans, j'apprécierai un peu plus chaque jour mon corps. Je l'aimerai. J'en prendrai soin et je me trouverai belle.

Bref, à 40 balais, la Karine que vous connaissez restera la même, coûte que coûte. Je suis la seule responsable de ma vie. J'ai pas envie de devenir prisonnière de mon quotidien. Je serai l'artisane de mon bonheur. Je me redresserai quand ça sera le temps. Avec votre aide, au besoin. Je serai là pour vous. Parce que je vous aime. Je vais inventer de belles folies et créer de belles joies autour de moi et... si je meurs, chantez-moi Ave Maria.

Je me souhaite une quarantaine heureuse. Douce. Sans trop de ravages au corps et à l'âme. Et j'espère que vous ferai partie des autres printemps de ma vie qui suivront.

Entrer dans la valse

''Entrer dans sa valse, dans ses tourbillons, parfois elle te fait boire la tasse et tu crois que tu vas mourir et puis elle t'attrape par les cheveux et te dépose plus loin. Parfois elle t'écrase les pieds, parfois elle te fait valser. Il faut entrer dans la vie comme on entre dans une danse. Ne pas arrêter le mouvement en pleurant sur soi, en accusant les autres, en buvant, en prenant des petites pilules pour amortir le choc. Valser, valser, valser. Franchir les épreuves qu'elle t'envoie pour te rendre plus forte, plus déterminée.''

40 balais putain!
















jeudi 7 septembre 2017

Ma solitude


Moustaki la chante cette solitude...

Quand elle est au creux de mon lit 
Elle prend toute la place 
Et nous passons de longues nuits 
Tous les deux face à face 


Je me demande si comme lui, je m'en ferai presqu'une amie.

Depuis quelques semaines déjà, j'ai rencontré cette épouvante solitude. L'invivable parfois. Vous savez, celle qui nous serre le coeur et nous transperce les poumons. Je ne sais pas si vous l'avez déjà rencontrée.

Je suis devenue l'héritière d'une solitude que j'ai parfois tant espérée par le passé, mais qui, quand elle surgit, peut être angoissante et ténébreuse. Je ne l'avais jamais rencontrée de cette façon. Je ne la connaissais pas. Celle qui me fait passer de grandes journées seule et des nuits bien silencieuses. Sans ronflement. Sans petit être qui court pour venir dormir à mes côtés. Sans ébats. Sans bruit. Cette solitude qui n'a que ma respiration comme conjointe. 

J'apprends à l'apprivoiser. Doucement. Dès qu'elle se pointe parce que la porte se ferme et qu'il n'y a que moi qui se retrouve derrière, j'ai parfois peur d'elle. Elle m'angoisse. Je cherche autour de moi s'il ne reste pas le souffle de quelqu'un d'autre. J'entends des bruits. Je me lève la nuit voir si je suis bien seule. Je fais trop de nourriture, c'est l'habitude. Je ne réprimande plus personne, sauf moi-même. Je m'obstine qu'avec de l'air. Ne reste plus qu'elle, puis quelques céréales laissées par mon fils sur le plancher, et moi.

Le programme de ma soirée m'effraie. Assise sur le sofa avec ma solitude, je pense qu'elle aussi a la trouille de me rencontrer. On est pas encore devenues des potes. On se regarde bizarrement. On plisse les yeux comme les cow-boys dans Il était une fois dans l'Ouest. Je la traite de salope par moments et elle rétorque : va te faire foutre la grande!

Puis, parfois elle me prend par la main. M'amène à la rencontre de moi-même. Me tend un livre. Me pète un show de boucane. Me tire la pipe. Me prend dans ses bras. À cet instant, c'est la rivière qui coule dans mes yeux. Parce que ce gros colleux d'elle me fait le plus grand bien. Elle me rassure, me dit que la traversée des gouffres m'apportera de l'émerveillement. 

Y'a des matins, elle m'asphyxie. J'ai envie de l'abattre et de revenir sur certaines décisions. Pis, j'empoigne le baluchon et je décrisse vers ma routine quotidienne. Y'a des soirs elle devient angine. Elle veut me faire mourir... ou bien renaître. Je ne le sais pas encore. J'ose croire en la 2e option.

J'ai beau essayer de maintenir la distance avec elle, elle se rapproche subtilement pour m'amadouer. Deviendra-t-elle paisible vous croyez?

En attendant, je l'écoute respirer. Je lui fais la grimace. Je lui tend un chocolat pour qu'on mange nos émotions.

Elle est débarquée après la tourmente. En me suppliant qu'elle était nécessaire pour que je me reconstruise. 

Je ne la déteste pas totalement. Elle me fait juste beaucoup pleurer par instant.  

Vais-je m'y perdre ou me trouver?

Non, je ne suis jamais seul
Avec ma solitude

dimanche 19 février 2017

Le temps d'errer à l'épicerie

La vie de couple, la vie de famille c'est vraiment pas toujours rose. Je serais curieuse de voir ce qui se passe derrière la porte des couples et familles qui postent d'innombrables photos de bonheur sur Facebook.

Je sais, je sais, je poste moi-même des photos de mon fils qui se roule dans la neige, qui court après un papillon, qui joue au lego et qui grimace à la caméra. C'est le bonheur que j'expose. Grand dam de ceux qui me trouve fatigante avec ça. Et puis chacun à le droit d'exposer sa vie, ses rêves, ses désirs, son amour. Chacun a le droit de s'enlever les boutons, les taches de rousseur et les cicatrices avec photo Lab. Se cacher les cuisses, se montrer la craque, sourire même quand ça nous tente pas. Fausse jeunesse éternelle. Fausse émotion. Se faire accroire. Quel drame, mais bon!

Toutes ces photos...

Voyage dans le Sud tout sourire, mais finalement l'étincelle est déjà éteinte depuis longtemps. Afficher qu'on planifie REER et économies, mais plus personne ne baise dans la maison. Cliché de la famille partie un weekend en ski, mais l'homme trompe sa blonde chaque jeudi soir. Deux belles faces sur une photo de profil, mais l'esprit du gars est en train de s'imaginer comment dire à sa blonde qu'il est gai. Deux beaux gros chars parkés devant la porte d'entrée sur la photo de couverture, mais rien à manger dans le frigo pour le voisin d'en face. L'alcoolisme caché d'une mère qui étrenne sa nouvelle veste sur FB. Couple heureux, mais l'un a le cancer. "21 ans ensemble, on va dormir à l'Auberge ce soir", écrit l'une qui ne parle plus à son chum mis à part pour jaser de la forme du caca de leur petit.

L'herbe n'est pas plus verte ailleurs et c'est vrai. Il y a tellement de chagrin autour de moi. De tristesse, de secrets, de durs constats, d'intolérance, de tricherie, de patience, d'injustice, d'incertitude, de grandes tristesses. Loin de moi l'idée de croire que tout est noir, mais il faut parfois enlever nos lunettes roses pour réaliser que c'est pas toujours clinquant comme on l'imagine ou comme on l'expose sur les médias sociaux.

Et pis j'ai sacré le camp à l'épicerie. Un trop plein de tout! Le monde souffre et ça me déchire le coeur.

Wake-up café. En face du Métro, un nouveau petit café Algérien, où se croisent petits gâteaux du pays, beignets aux patates et latte qui goûte le ciel. Le meilleur que j'ai bu depuis des semaines. Je suis tombé en amour avec le propriétaire, son sourire, son accueil et la délicatesse avec laquelle il a mis le lait fouetté dans mon café. Dès lors, j'ai esquissé sur mon visage un large ravissement. Je lui ai promis de revenir déguster une pâtisserie bientôt.

J'ai enjambé la slush grise de la rue pour ensuite me retrouver aux premières loges devant les clémentines transgéniques chez Métro Plus. Fou rire avec l'étudiant-charmeur qui les plaçaient en montagne dans le rack et avec qui j'ai échangé quelques blagues. "Criss ça pas de sens des clémentines grosses de même!"

- Oui ça se peut avoir du fun devant un rack de clémentines!!!

J'ai perdu mon temps dans les allées, à snifer les pamplemousses, à voler une datte et la déguster, à choisir mes légumes et à hésiter entre la mâche et le mélange printanier.

J'errais entre terre et mer, un steak dans une main et un filet de saumon dans l'autre quand une petite poulette haute comme trois pommes est venue mettre dans mon panier un citron. Boum Boum dans mon petit coeur!

Le temps d'enjamber une motte de feuilles de radis, je me retrouve bouche-bée - choc émotionnel -devant le prix des Babybel.

Collision de paniers dans la rangée des mouchoirs. Il en faut des kleenex lorsque les larmes tombent à torrent ou que le rhume est déluge.

Perte de contrôle devant les yogourts. J'adore!

Oublier la farine de blé, les oeufs et les graines de lin moulues. Fuck la recette de galettes Labriski.

Alarme devant l'allée des biscuits. Manger ses émotions!

Entendu le gars qui demande à sa blonde, quelle sorte de chips tu veux? Et elle de répondre, je te laisse le champs libre. Peu importe, m'en fou.

Et pis je suis repartie chez moi, la valise du char chargée de petits repas que je concocterai toute la semaine pour les miens. En y mettant mon coeur et parfois à contre-coeur. Fatiguée et parfois écoeurée, mais toujours avec l'intention de faire plaisir.

Les semaines défilent et ne se ressemblent pas. Se poser des questions chaque jour sans trouver les réponses. Dodeliner de la tête.

S'accrocher au printemps. Faire l'ange dans la neige. Rêver. Aimer raconter des histoires à son enfant. Mowgli est mon ami. Faire une grimace à Sherkan. Envier la peau de pêche à Véronique Cloutier. Petit dimanche qui se termine.

Les matins se suivent et se ressemblent. Demain, j'allumerai mon fer plat à la même heure que mardi, mercredi, jeudi, vendredi!

Mon yogourt est bon!