mardi 16 février 2016

Jamais sans amour





C’était la Saint-Valentin dimanche. Je ne voulais pas rédiger mon billet cette journée-là, de peur de me faire traiter de quétaine du crayon. Il y a tellement d’articles qui s’écrivent ce jour-là sur le comment on doit s’aimer et sur quoi s’offrir. Chaque année, on tente de nous enfoncer dans la gorge le nouveau bidule qui pourrait rendre fou d’amour notre dulcinée : la nouvelle mijoteuse à Richardo, le dernier chick-list au top des ventes chez Renaud-Bray, la splendide nuisette satinée de chez Victoria Secret (achetée trop petite ou trop grande) pour revigorer les sens, l’incontournable bouquet de roses qui donne chaque année l’air pantois à votre femme. Pour les plus colons, une bobette mangeable ou encore, pour les plus écolos, l’inégalable bougie bio Namasté qui rendra votre douce plus zen et légère.

Et pour notre prince charmant rendu bedonnant (je blague là) : une paire de boxer neuf pour mettre en évidence ses attributs, sans trous ni élastique pété, les derniers hameçons qui feront mouche dans les rivières québécoises, l’unique boîte de chocolat achetée chez Uniprix, la sortie Spa (parce que la fille, par le fait même, doit bien se faire plaisir en offrant un cadeau à son chum) ou encore, pour les plus olé olé des coquines, la dernière danse lascive pole fitness à même la balustrade du salon. Mise en garde : attention pour ne pas vous péter la fiole avec vos stilettos.

Ahhhhhhhhhhhh le jour de l’amour. Qu’on devrait célébrer tous les jours, toutes les semaines, toute l’année, quoiqu’à trop bouffer de chocolat on en aurait des haut-le-cœur. Quand j’entends dire que « Pfffffffffffffffffffff le jour de la Saint-Valentin c’est dépassé et quétaine », ça me fait sursauter chaque fois. Baptême, excuse-moi le blasphème, y’aurait-il moyen d’arrêter de chialer sur ce qu’il nous reste de beau dans ce bas monde? On continue de regarder les putains d’infos le soir, même si on nous présente juste de la grande noirceur, pourquoi on ne pourrait pas enlacer un peu de rose une fois par année.

Pour célébrer « la fête de l’amour » comme le dit mon fils, on n’est pas obligé de sortir les trompettes et le tapis rouge. Je ne pense pas qu’il y ait nécessairement un cadeau parfait pour faire savoir à l’être aimé que nous l’aimons et qu’on se sent bien en sa présence ou qu’on le remercie d’être là, beau temps, mauvais temps. Cette année, il va s’en dire que j’ai failli faire une indigestion de toutes les suggestions que me proposaient les magazines, les émissions télé et les pubs sur la Saint-Valentin. J’ai l’impression qu’on ne donne plus de place à notre imagination. Ne pensez plus, on pense pour vous. Pigez ici, vous gagnerez cela. Portez cela, vous brillerez de mille feux. Nannnnnnhh c’est que du faux. Et si on pensait par nous-mêmes juste un peu plus. Et si on sortait nos ciseaux Omer de Serres pour bricoler notre propre carte, qu’on découpait nos petits cœurs en carton pour les éparpiller candidement sur la table…

Dans le fond, si notre cœur bondit lorsqu’on voit l’être aimé ou s’il nous manque lorsqu’il n’est pas là, forcément, juste se le dire c’est un cadeau en soi. Il y a tellement d’amour dans les petites choses simples, il faut juste y être attentif. Pas besoin de payer nécessairement une fortune pour dire à l’autre qu’on est bien à ses côtés.

Suffit juste de répondre à un texto qu’on nous a envoyé dans la journée. Suffit d’une main qui rassure la vôtre lors d’une émotion forte ou encore faire une platée de biscuits ou des croissants Pittsburry pour savourer à deux du bon sucre raffiné. Hey, pourquoi ne pas poster une photo de couple sur Instagram ou Facebook au lieu de cacher son amour pour se garder une chance d’être encore en demande ou cruiser sur le side (ben oui ça ferait plaisir à votre partenaire), se raser les jambes mesdames peut vivement raviver votre couple LOL, soigner son apparence, investir dans la bonne humeur et non dans un air grincheux constant, s’adonner à un bouche que veux-tu pour alimenter le désir, partager un plat de pâtes concocté à deux à s’en délecter les babines. J’en passe.

Je suis peut-être une éternelle romantique, une romantique originale. J’aime quand les choses sortent de l’ordinaire et qu’on soit capable de transformer le prévisible en inattendu. Est-ce si difficile que ça, étreindre votre blonde sous les flocons de neige en lui disant seulement : merci d’être là. Cet instant-éternité ne vous coûtera rien messieurs. Pas un cent. Et pas besoin de décrocher la lune, on la laisse là où elle est, pour aller la regarder une autre fois, couchés dans la neige ou… dans l’herbe.

La cerise sur le gâteau : un petit mot. Une carte. Un merci sur un bout de papier déchiré. Un cœur dessiné avec le crayon feutre du petit. Un graffiti sur le mur du salon (bon j’exagère). Lui ou elle en perdra son latin. Un message n’est jamais banal. JA-MAIS. Un je t’aime, tout court.

Bref, pas besoin de jeter de la poudre aux yeux à la Saint-Valentin…

Réchauffez-vous sous le duvet. Savourons un chocolat chaud rempli de guimauves. Parce que sans amour, sans famille, sans amis, la vie serait tellement moche et triste. C’est croustillant vivre un amour sincère avec ceux qui partagent notre vie. Moi je dis qu’il faut le dire et le faire savoir, une fois de temps à autre. À notre façon. Pas juste essayer de le faire deviner sans rien faire voir. « Ben oui jt’aime, ben oui té belle, ben oui chu ben, c’est juste que ce n’est pas mon truc le dire ou le faire voir, bon ». Hmmmm t’es poche en criss, bon!

Et si on faisait perdurer le plaisir, la passion, les étincelles… même si, il faut se le dire, les moments de cette vida loca ne sont pas toujours rose comme un cupcake aux fraises.

jeudi 28 janvier 2016

Des hyènes dans la tête!


Jade est trentenaire. Elle fait des crises d’angoisse depuis l’adolescence et même, à bien y réfléchir, elle pense qu’elle en faisait aussi toute jeune. Enfant, elle a dû rapidement agir en adulte. Certains événements croisés sur sa route l’ont presque obligée à grandir ainsi. Les nuits d’insomnie existaient déjà. La peur au ventre et le cerveau qui virevoltait déjà tel un cerf-volant coincé dans un vent de 100 km/h.

Les années ont passé…

Jadis, entre deux fourchées de foin, les gens souffraient dans leur tête, leur corps, leur âme, mais ne connaissaient pas nécessairement l’ampleur des maladies mentales comme l’anxiété généralisée, la dépression, les crises de panique, etc.

Des spasmes les envahissaient, sans savoir pourquoi. La fatigue… une journée difficile à labourer les champs, 15 enfants à s’occuper, trop d’arbres à bûcher. On imagine que c’était ça les raisons. On s’accrochait à une soupe chaude le temps de diminuer les symptômes et on retournait angoisser dans le noir ou vivre sa dépression en silence dans la grange.



Jade a des hyènes dans la tête depuis toute petite. Elle est souvent en déroute. Perdue dans la Savane où les hyènes se trouvent. Prise d’anxiété, Jade les entend rire dans sa caboche. De leur rire démoniaque. Les hyènes la dominent, lui gruge toute son énergie.

C’est comme ça qu’elle exprime ses crises d’anxiété : des charognardes.

Dans la tête de Jade, c’est souvent comme un remaniement ministériel qui n’a pas de sens. Ça va de tous les côtés. À force d’être toujours là présente pour les autres, elle s’est souvent oubliée. Elle a mené et mène encore parfois de front et à bout de souffle tous les dossiers chauds de sa vie. Sa vie de couple, de mère, sa vie professionnelle, les problèmes des autres, leurs dépendances, leurs souffrances. Jamais d’accalmie ou presque parce que l’insomnie la gruge aussi à petit feu. Ses endormissements sont atroces.

Jade aime la vie. Elle ne se sent pas déprimée même si elle se lève le matin en serrant les dents, se couche le soir en grinçant des dents. Cet essoufflement perpétuel aux poumons, elle le vit constamment. Ça demande beaucoup de courage se propulser sur ses deux guibolles le matin pour aller travailler. Le souffle court. La fatigue constante.

MAIS…

Jade se connaît de mieux en mieux. S’écoute de plus en plus. Son introspection chemine. Elle se gâte de temps en temps avec une journée de congé juste pour elle. Du temps de qualité avec elle-même. Du repos, de la douceur, du calme, de la relaxation. Du temps où, non pas par égoïsme, mais par survie, elle ne pense qu’à elle.

Et la nature l’accompagne. Les oiseaux lui chantent la bienvenue au parc, la neige qui vient se déposer sur son nez est un instant de bonheur. Ses poumons souffrent moins d’asphyxie. Son cœur se précipite de moins en moins, parce qu’elle assiste davantage au concert du moment présent. Sa dose de moments présents est devenue plus forte et les bienfaits sont magiques. Une panacée à ses angoisses odieuses.

Quand ses orteils touchent le bout de la couette ou encore qu’elle savoure du granola dans un yogourt nature nappé de sirop d’érable, c’est là qu’elle doit être et pas ailleurs. Quand son fils se colle sur son cœur et qu’il lui dit qu’elle est belle, quand elle tourbillonne sur elle-même les patins aux pieds, c’est aussi là qu’elle doit être. Que l’ego aille au Diable!

Jade est déjà morte plusieurs fois, mais a toujours renait de ses cendres. Elle a décidé d’écouter son intérieur même si c’est particulièrement difficile. Avoir de l’empathie, oui, mais ne pas couler avec ceux qui trainent leurs boulets aux pieds.

Les hyènes sont encore là, toujours affamées, à la regarder et lui susurrer à l’oreille qu’elles reviendront tôt ou tard, à un moment où elle s’y attendra le moins. Jade apprend à les faire taire, mais elles sont féroces et tenaces en temps de fatigue.

C’est par la confidence, la confiance, la lecture, le sport, la nature, l’amour, l’amitié, l’acceptation et l’abandon que les hyènes finiront un jour, à se taire à jamais.

 

mardi 12 janvier 2016

Les CONS


Entre Noël et le 1er de l’an je me trouve à l’épicerie, à la caisse pour payer. J’envisage faire un bon potage pour le souper : avocats, ti-pois verts et épinards.

La caissière quinquagénaire est tout sourire, probablement qu’elle pense à sa dinde farcie ou à son cipaille du Jour de l’An. Elle a hâte aux vacances, on la comprend. Elle doit en rencontrer des cons dans une journée.

Bref, deux bonnes femmes qui sentent la cigarette sont devant moi et paient leurs emplettes. La gentille caissière leur lance un « Bonne Année mesdames » en leur rendant leur change… Quand gratuitement, de front, une des cendriers à tête ébouriffée lui répond : Bonne année grand nez!!! En s’esclaffant de rire.

Ok. À cet instant, j’avais envie de prendre dans mes bras la caissière, devenue rouge comme les tomates dans mon panier. Faut-il être assez « con » pour répondre ça à une dame que tu ne connais pas. J’étais peut-être une tueuse à gages dans une autre vie, mais dans ces cas-là j’ai rapidement envie de sortir de mes gonds et de répondre aux deux couillonnes : hey les édentés aux doigts jaunes, ça ne vous tenterait pas de répondre poliment! Suivi, de ce signe qui veut tout dire  (Viggo Mortensen dans Eastern Promises)

Qui n’en a pas ras le pompon d’entendre hurler la fille dans le bus, vous savez celle qui parle à son téléphone comme si elle était seule sur la planète : « Ouais ben tsé le mec y’était là et je lui ai dis fuck you man, pourquoi tu n’es pas allé voir ta pote, ouais ben pourquoi han que je lui ai dit, tu comprends… »

Premièrement, ta boîte, deuxièmement, apprend à parler comme du monde. Respecte les autres!

Disons que j’en ai aussi contre les cracheux du complexe où je travaille. Je ne nommerai pas leur nationalité pour ne pas me faire descendre, mais ça se promène en ne se levant pas le pied pis en crachant partout. C’est dégueulasse de les voir aller. Y’a du cracha au pied carré.

Parlant de ça, il y en a qui s’en permette pas mal dans la file pour prendre l’autobus. Ça crache quasiment sur tes bottes en te fumant une smoke derrière la tuque. Les poumons noirs comme d’la semelle de botte, ça s’étouffe à tout rompre, mais ça ose tout de même te polluer la vie. La tienne. Ces cons empoisonnent l’air des autres dans le cortège. Faut pas se gêner pour leur dire. Mais quand ils sont vraiment cons, ils ont du répondant et ils ripostent avec un gros bagage d’intelligence : va chier câlisse, je fume pis cé toutttte. Bravo le grand! Heureusement, la plupart se met à l’écart des non-fumeurs.

Pis y’a ceux et/ou celles qui te poussent en embarquant ou en sortant du métro. Ils veulent une place à tout prix. Des imbéciles-bulldozers. T’as juste envie de leur faire la jambette du siècle ou « de leur varger dans la gorge » comme dirait un ami.

Les cons sont partout. Assied sur le sofa, les jambes croisées, à demander à leur femme de leur faire à manger et leur amener une beer. C’est aussi la femme qui, dans le métro le soir, te beugle à la tête parce que tu n’as pas fait exprès d’accrocher son sac.

Name it.

Les cons, ça ose tout. Pourquoi, j’sais pas. Ils ont de l’audace pour 10, pas de gêne, ils sont nombrilistes et déplacés. Et ça réussi pourtant à se faire une place en société.  Les cons rient de leurs propres jokes en se flattant la bedaine, ça épie leur voisin pour les emmerder, ça rote en parlant, ça pue l’immodestie.  Les cons, ça vapote des sottises, ça rit plus fort que tout le monde et ça se vante à outrance. Ça se pète les bretelles et ça se fait aller les plumets.

Ce sont eux les figures de proue de l’idiotie.

On en croise tous les jours et on les soupire souvent, malheureusement. Ils sont là, au travail, dans le métro, dans le bus, dans ta famille, dans une soirée, sur la rue… tu ne comprends juste pas comment ces gens-là peuvent s’abreuver d’autant de conneries. Ce n’est pas indigeste la crétinerie? On dit que le ridicule ne tue pas, pour certains ça rend plus fort faut croire. Les cons sont indestructibles, jusqu’à temps que tu leur dises. Parfois, ça les rend juste un peu moins cons.

J’ai connu un roteux de médailles dans le cadre de mes fonctions jadis. Un méchant moineau. Ça ne volait pas haut dans la cagette, mais je n’embarque pas là-dedans.

Quoi qu’il en soit, on n’est presque obligé de les côtoyer tous les jours ces cons et même de les accepter. Ils sont éparpillés un peu partout, comme de la mauvaise herbe. Faut pas trop s’en approcher.

« Il y a de plus en plus de cons chaque année. Eh ben cette année, j’ai l’impression que les cons de l’année prochaine sont déjà là. » - Coluche.

mercredi 30 décembre 2015

Va-t’en 2015 et ne reviens pas!




Assise devant mon écran au travail, à bâiller aux corneilles parce que trop peu dormi dans les derniers jours et trop mangé de cipaille, je repense à l’année 2015 qui nous quittera dans quelques heures.

Il filera en douce, tout comme il est arrivé, sur la pointe des pieds le 31 décembre dernier. 2016 se pointera le bout du nez, et s’installera lentement dans les prochains jours pour prendre la place qui lui revient. Furtivement, il prendra confiance et confort pour bien botter 2015 hors de sa vue. Parce qu’au mois de janvier, il n’est pas rare qu’on écrive encore 2015 partout. On l’a d’imprégné dans la peau, il s’accroche à notre esprit. J’imagine qu’il aurait aimé rester, mais il a fait son temps.

Je ne suis pas fâchée de le laisser partir. Disons qu’il m’en a fait baver pas mal, mais je ne lui en veux pas, à quoi bon?! Ce n’est pas vraiment sa faute à lui, c’est juste que plusieurs choses sont arrivées pendant les douze mois de sa durée de vie.

Alors va-t’en 2015 et ne reviens pas!

10 h 36.

Ce n’est pas comme si je croulais sous le travail, un 30 décembre à la job, on est souvent confronté à un lieu désertique où seule avec le bruit de la ventilation, tu te demandes ce que tu fais là si ce n’est que de gagner ta paye.

Hier, la neige est venue s’installer sur Montréal, j’avais hâte qu’elle arrive, juste pour la voir se poser sur le décor gris mortel qui prenait place depuis novembre. Je n’arrive pas à la haïr cette neige, je trouve que parfois elle s’éternise, mais quand elle tombe en petite ouate, mes yeux se mouillent. Je la trouve poétique et sereine. Elle ressemble à de la crème fouettée, à un gros coussin moelleux. Je ne suis pas friande de sports d’hiver, mais l’air est tellement revigorant, il apporte réconfort à mon esprit lors des journées plus moroses.

J’ai vécu un Noël des plus chaleureux, particulièrement parce que mon fils était à mes côtés, heureux avec ses yeux pétillants. Parce qu’il m’a aidé à faire le sapin cette année, parce qu’il cherchait partout Papa Noël et qu’il regardait la neige tombée avec cette magie dans le regard. Parce que de croquer les chocolats du calendrier de l’Avent était une joie incroyable.

Dommage que la plupart d’entre nous aient perdu cette naïveté qui habite les enfants. J’aimais le temps des fêtes, mais je l’aime encore plus depuis que j’ai un petit monstre. Pour lui, ça doit être tellement fort comme sentiment intérieur que d’aller voir ses grands-parents, que de manger du gâteau sans relâche, que d’ouvrir un cadeau, que de chanter Vive le Vent à tout rompre… Je vous jure, le bonheur que ça m’apporte est incommensurable. Il vient panser toutes les blessures que j’ai pu vivre pendant l’année, les maux poches, les inquiétudes, les tracas, et combler mon manque de sommeil flagrant.

J’attends 2016 avec une brique pis un fanal, au sens positif, bienveillant (Selon des sources canadiennes, l’expression a un sens mélioratif. En effet, elle aurait eu le sens d’attendre quelqu'un avec bienveillance. C’est qu’elle daterait de l’époque des carrioles, où on chauffait des briques pour garder les pieds au chaud en hiver, et le fanal parce qu’il n’y avait pas de lampadaires!) Je l’attends de pied ferme, hâtive de reprendre soin de moi, enfin. On oublie souvent de prendre soin de soi et je pense que l’on doit en faire une priorité. J’ai des choses à améliorer dans mon quotidien et j’ai envie de m’y mettre. J’ai aussi envie de voir ma Bucket List se raturer un peu. Pas obligé d’être à la vitesse du roulement de pieds du batteur de Deicide, mais à tout le moins rayer une ligne de temps en temps. Ça permet de respirer un peu mieux.

Je pensais à ça lors de mes dernières nuits à cogiter au lieu de dormir, j’ai envie de quoi en 2016? Vraiment là.

Et j’ai trouvé… de la douceur, à l’esprit et au cœur. Doucement. Douceur. Doux. Des énergies douces. Doudoulidou pow! J

Et vous, vous avez envie de quoi pour 2016?

Je souhaiterais ardemment un peu plus de paix dans le monde et moins de sots, plus d’entraide et de partage, mais je me demande bien souvent si ce n’est pas rêver en couleur. L’idiotie est palpable tout autour de nous, on a tellement entendu des choses atroces sur l’arrivée des réfugiés Syriens par exemple. L’altruisme n’est pas donné à tout le monde faut croire. Ceuzécelles qui s’en donnent à cœur joie dans la bêtise, je leur souhaite vraiment de ne jamais tout perdre en temps de guerre.

Il y en a qu’à chaque Noël = même mal de crâne. Ça vomit les atacas de la dinde avant même que la soirée se termine. Quand y’a trop d’excès, il n’y a plus de plaisir. Cette année fut un Noël paisible dans ma famille où malgré certains problèmes – parce qu’il y en a dans chaque famille – la paix régnait. La joie d’être tous ensemble était tangible.

Mais la paix ne régnait pas partout et les rires à gorge déployée n’étaient pas présents dans toutes les maisonnées. Chez l’un la guerre, chez l’autre un suicide, chez le voisin une maladie, chez l’oncle une dépendance qui s’est mal terminée, chez une amie un enfant TDAH, chez l’ami du cousin une perte d’emploi, chez une collègue une rupture…

J’ai d’autant plus apprécié mon Noël semi-blanc parce que j’ai eu la chance de le passer avec des gens que j’aime même si je n’ai pas reçu 150 cadeaux griffés comme la très naturelle Kim Kardashian (pffffffffffffarkcacapouetsuperficialitéhorreurgrostotonsduckface)

Alors si on se faisait la promesse de se voir plus souvent en 2016, de lâcher les excuses, de se texter un petit mot, de s’écrire un courriel ou une missive tiens. Si on se lâchait un coup de fil un de ses 4, si on allait boire un verre au lieu de remettre ça ad vitam aeternam et si on se lançait un je t’aime plus souvent ou un « je t’apprécie mon ami » hein?! Et si on saluait l’itinérant pis qu’on lui payait un spagh? Si on donnait un vieux coat pour réchauffer les entrailles de l’autre ou un de nos jouets pour égayer une autre petite famille? On peut faire grand avec peu, car c’est ce peu-là qui est grand.

Entoucas, je ne regarderai pas Piment Fort en 2016. No way! Ni ce satané Star Wars (oui certains me jugeront pis JE M’EN FOU). J’enfilerai mes nouvelles raquettes et prendrai le bord d’la nature. J’irai prendre un pinot grigio avec qui veut bien venir avec moi, je regarderai neiger par la porte patio avec la même candeur que lorsque j’étais enfant. J’attendrai les saisons doucement. Je soufflerai encore sur mon eau chaude citronnée bien qu’elle soit rendue froide, parce que j’aime juste ça souffler sur mon-eau-chaude-bon, et que ça me donne un look d’enfer avec mon linge mou confortable et mes cheveux en broussaille.

Je vous souhaite d’la SANTÉ pour 2016 et d’être heureux.

Je vous aime. Et sur cet élan d’amour, je vais me chercher un latte.


jeudi 17 décembre 2015

Surconsommation du temps des fêtes




Ce n’est pas mêlant, y’en a qui sont prêts à se faire vomir dans la toilette de chez grand-mère grand pour se resservir une troisième assiettée de cipaille. Tu les vois, ces mêmes-là, se fouler quasiment le poignet à force que la cuillérée de patates pilées est lourde.

« Hey mon oncle, on en manque jamais de ça de patates pilées!!!! »

Pis le mon oncle se met à roter de rire tellement y trouve ça drôle de s’empiffrer. Ne faudrait pas qu’il en manque. Heille non, regardant du coin de l’œil les 12 desserts qui l’attendent sur la table du fond.

En connaissez-vous du monde de même, des membres de votre entourage ou de votre propre famille, qui deviennent comme fous à l’arrivée du temps des fêtes? Ces mêmes cibles de pubs de Noël qui s’accrochent au rêve que le matériel peut rendre vraiment heureux, vraiment vraiment là. Pas juste un peu, car ils auront acheté un plus beau revêtement que le voisin. Ça, ça n’a pas de prix pour ce grandiose bonheur.

Ceux-là même qui font valser leur carte de crédit à qui mieux-mieux. Enwoye une nouvelle tivi à 90 pouces – parce qu’on y voit en plus gros/grands les candidats à OD -, pis pourquoi pas la nouvelle cafetière de l’heure qui fait le meilleur café du monde (hum hum ben oui). Ajoutons à ça la super méga hot hot mijoteuse à Ricardo, si grande que le bœuf entier peut rentrer dedans. Ben quoi, vous en aviez déjà une mijoteuse, pourquoi celle-là en plus? Ah ok, elle mijote plus plus plus. Ok.

Moi à votre place j’irais aussi pour la vaisselle de Noël, celle qui j’imagine se graisse moins sous le ragoût de boulettes qu’un set de vaisselle normal. Et n’oubliez pas d’acheter le gâteau aux fruits pas mangeable au cas où quelqu’un en voudrait (impossible), le nouveau jeu de société à 45 $ que personne ne comprendra les règles, la bouteille de vin rouge à 70 $ pour péter plus haut que le trou, les bas de Noël accrochés au foyer aux fausses bûches pleins à craquer de gadgets inutiles. La seule chose utile dans un bas de Noël : une brosse à dents. Ça suffit.

Je me lancerais aussi peut-être dans l’achat de la plus grosse dinde qui soit, tsé pour faire tomber la mâchoire des invités.

« Est grosse notre dinde nous autres! 86 piasses seulement »

« Ben oui est grosse, wow! Va quand même juste t’en prendre 2 petites tranches »

Des cadeaux, y’en aura une cinquantaine sous le sapin et des certificats cadeaux accrochés partout autour des nouvelles boules – parce que celles de l’an passé sont désuètes. Oui ça passe date des boules en verre ou en plastique - . Du papier emballage partout, qui roulent sur le plancher comme une motte de foin au Texas, ça aura coûté une grosse fortune et on sera coincé pour le reste de l’année.

« Ben quoi, vous aviez besoin de tout ça?! »

Pour vous, chers hommes, il faudra absolument trouver le gros bijou ou Ze big gift pour épater votre dulcinée han parce que elle, elle voudra épater ses copines.

« Mon chum il est telllllllllllllement fin, il est tellement cute, il est tellement généreux, il m’a acheté un super bracelet (mais le reste de l’année c’est un gros tata) ».

Bon j’exagère là. On a tous le droit de triper à Noël et de s’acheter des napkins avec papa Noël dessus, mais dire qu’une petite voiture à 2-3 $ ferait plaisir à n’importe quel enfant du monde, qu’une lettre d’amour suffirait à faire pleurer votre belle, qu’une boîte de biscuits faits maison toucherait le cœur de vos grands-parents…

LA SIMPLICITÉ c’est tellement beau et ça ne coûte presque rien.

Ces jours-ci, dans les centres d’achats, les gens ont carrément l’air fada. Un mélange de détraqués, débiles, excessifs, un vrai cocktail Molotov.

« J’ai acheté une nouvelle râpe à fromage en forme de triangle! Hourra »

« Ok, pourquoi? On en a une juste normale qui râpe correct »

« Ben là, elle était en spécial à 50 % »

Les enfants, eux, on n’arrive pas à rien leur acheter. C’est normal, c’est la fête des enfants après tout. Alors à Noël, le bas du sapin déborde. C’est quand on réalise qu’ils jouent plus avec la boîte qu’avec les jouets qu’on devrait allumer que les enfants n’ont pas besoin de 22 cadeaux sous l’arbre. Ils ont besoin d’amour, de jouer à cache-cache comme je le faisais avec mes cousines et mon cousin chez ma grand-maman Gagnon (sous les manteaux) quand j’étais jeune, c’est de se pitcher un ballon par la tête et de rire aux larmes pendant que tante Cécile nous engueule parce que nous sommes en train de détruire le sapin enguirlandé :)

On se pètera le plat de bines le 25 au soir parce que notre estomac n’est plus capable d’en prendre, on descendra une 24 au lieu de boire raisonnablement pour avoir du fun, juste du fun. La surconsommation est dans l’excès de la bouffe, des achats, mais aussi dans la connerie.

Et si on s’offrait juste un petit cadeau ou encore juste une carte avec des vœux sincères, parce qu’en 2016 bientôt, plus personne ne s’écrit de cartes manuscrites, les mots ne nous touchent plus comme avant. On préfère s’envoyer un jte love par texto accompagné d’un clin d’œil d’émoticône fatigué.

Ça peut être amusant les excès parfois. Ça peut toujours être génial de se trouver preneur du nouveau tuyau d’arrosage haut de gamme qui fera déferler l’eau à vitesse grand V l’été prochain sur notre pelouse, mais à bien y penser, la simplicité à bien meilleur goût. A-t ’on vraiment, vraiment besoin du nouvel exerciseur du Canadian Tire, parce que lui acheté y’a deux ans n’est pas assez performant? En fait, c’est peut-être vous qui n’avez pas la motivation nécessaire pour perdre vos kilos en trop. Avez-vous vraiment besoin des nouvelles lumières DEL ultra pétantes, quand pourtant les anciennes – mêmes que dans le film le Sapin a des boules – fonctionnent encore très bien?

J’aime tellement ça le temps des fêtes, la musique me rend intensément joyeuse et l’odeur des sapins, des clémentines et des beignets me font perdre la boule, mais de grâce, avant de faire péter votre compte en banque, demandons-nous vraiment si tous ces achats sont utiles à notre bonheur…

Parce que le bonheur ça ne s’achète pas vraiment… Quoiqu’un voyage en Polynésie française serait un beau cadeau à m’offrir. Merci J

Je vous souhaite à toutes et tous un Joyeux temps des fêtes, des bisous sous le gui, des canneberges dans vos plats, des sourires à profusion et le plus important, une santé qui vous portera jusqu’à Noël prochain.

Becs en pincette de matante qui pue du dessous de bras.

Karine

mercredi 9 décembre 2015

Pendant que le réseau informatique se meurt...


Pendant que notre connexion au réseau Internet/intranet ne fonctionne pas à la job…

  • Turcotte en prison, bon débarras. Tu ne peux pas te promener en liberté sur la rue quand tu as tué tes deux enfants à coups de couteau. Sauvagement. Tu ne peux juste pas. Il aurait certainement préféré continuer à prendre sa douche chez lui par contre, parce qu’en prison… les douches…
     
  • Les trois gentlemen Voisine, Garou et Corneille viennent de sortir un album, prendre note que je ne veux pas voir ça sous le sapin.
     
  • J’ai pensé à ça, si Manon Massé se faisait pousser la barbe, elle pourrait faire le père Noël.
     
  • Pourquoi s’acharner à vendre du gâteau aux fruits dans le temps des fêtes? À part nos grands-parents, qui mange ça?
     
  • Choisir l’emploi payant et les bonnes conditions pour un sourire d’émoticône triste ou choisir un petit salaire et sourire chaque matin de sa vie? Ça semble tellement facile à prendre comme décision.
     
  • Chantal Fontaine est ménopausée dans Yamaska, ça intéresse quelqu’un?
     
  • À quand un retour sur scène pour Janot Bergeron et Belgazou, elles nous manquent, non?
     
  • Une femme en pyjama avec des imprimés d’animaux dessus, me semble que c’est turn-off. Imaginez un homme asteure.
     
  • Retour de Piment fort avec Bradwaith à la télé, me semble qu’on s’en serait passé.
     
  • Êtes-vous capable d’ouvrir une porte barrée de char avec un cintre vous autres?
     
  • Mon prochain voyage sera à la Nouvelle-Orléans. C’est décidé. J’ai envie de toucher leur culture.
     
  • Pas certaine des odeurs de thé de Noël chez David’s tea. Elles donnent le tournis. Pourtant, ça se vend comme de petits pains chauds. Ahhhhhhh ce que le marketing peut faire.
     
  • « 1-4-6, pas 2, pas 3, pas 5 maman! » Dixit mon fils.
     
  • J’assume complètement le fait que je sois non coiffée aujourd’hui, mais aussi plusieurs jours durant l’année. Fuck le brushing après seulement 4 heures de sommeil.  
  •  
  • J’ai déjà volé de la Vache qui rit chez Métro et du fromage en grains. Passez-moi les menottes, j’assume pleinement ma déviance laitière.
     
  • Je ne m’ennuie pas de Claude Dubois, moi! Vous autres?
     
  • Les poils longs qui dépassaient du nez à Daniel Pinard sur le plateau de Tout le monde en parle dimanche dernier m’a carrément coupé la faim pendant 2 jours.
     
  • J’aimerais un Noël blanc. Ça me donne des ailes le temps des fêtes. J’aime sa beauté, sa magie. Je ferme à mi-clos mes yeux pour voir les lumières se faire toutes petites, ça me réchauffe l’intérieur.
     
  • Les nouvelles lionnes : Chloé Sainte-Marie, Carole Laure, Diane Dufresne et Ginette Reno. Hummmm non!
     
  • Je me bercerais bien cet après-midi avec ma grand-maman mimi. Je lui jaserais de tout et de rien. Je regarderais ses petites mains frêles trembler et je poserais la mienne sur les siennes pour les rassurer. Tu me manques.
     
  • J’ouvrirais ma porte à une famille syrienne n’importe quand pour venir chez moi souper, jaser de leur vie, dormir… Pourquoi certains d’entre vous ne le feraient pas? Je ne comprends pas.
     
  • J’ai de la misère à comprendre quand quelqu’un me dit : Oh je suis en couple, mais je ne suis pas vraiment en amour??!!! Ok, pourquoi tu es en couple alors, qu’est-ce qui fait battre ton coeur? Dis plutôt que c’est ton pote ou ta pote du moment et que vous vous entendez comme larrons en foire.
     
  • Pourquoi les fausses blondes se disent être de vraies blondes quand pourtant elles ont une repousse de 3 pouces ben noire sur le dessus de la tête?
     
  • J’admire les vidangeurs, surtout ceux du centre-ville. Je vomirais toutes les 5 secondes à faire ce job. On ne les remercie pas assez. Et il reste encore des cons qui disent : Ben là sont payés vingt et quelques de l’heure, sont assez cher payé! - Soupir
     
  • Je me tais. Bise aux rice crispies de Noël!

samedi 14 novembre 2015

Ode aux familles monoparentales ou à moi-même présentement :)

J'écris ce billet la langue à terre, tellement les nerfs à vif que de voir mon fils renverser son yop à la banane me donne envie de pleurer.

Depuis quelques semaines, je suis seule avec mon petit caractériel de fils Bam-Bam. Bam-Bam en déplace de l'air, bientôt 2 ans et demi, blondinet charmeur, yeux verts, joues joufflues, petites mains si douces... mais à l'infernale personnalité. Je le qualifierais de petit monstre (d'amour).

J'ai réalisé au cours des derniers temps à quel point s'occuper d'un enfant seule est exigeant quand on doit, par dessus le marché, continuer notre train de vie quotidien comme si de rien y était : boulot-métro-courses-tâches multiples-dodo. J'ai envie de dire à toutes ces mères et pères qui vivent tout ça : chapeau! Je vous lève ma tuque en l'occurrence. Vous m'impressionnez.

Il faut être particulièrement organisée pour ne pas virer fou, j'en sais quelque chose. Parce qu'avec un travail à temps plein en sus, tu perds plusieurs heures dans la journée pour faire autre chose, c'est à dire l'essentiel. Le boulot n'étant pas pour moi un essentiel à vie si ce n'est que je dois travailler pour payer tous les comptes et les extras. Ce qui devient essentiel lorsque l'on a des enfants, c'est de leur procurer beaucoup d'amour, leur offrir de petits repas et les enlacer avant un dodo au chaud. Le reste devient presque futile, quoiqu'il ne l'est pas pour certaines choses.

À deux, tout est plus facile, les tâches ménagères, les repas, les courses, les temps libres, les heures du bain, des câlins, des jeux, ...
À deux, c'est toujours mieux. La vie est plus simple, elle n'est pas toujours facile, certes, mais allège la To do list.

Je me rappellle...

Quand tu n'as que toi à t'occuper, Dieu que la vie est douce. Se lever à l'heure qu'on veut, se promener candidement une tasse de café à la main, humant allègrement l'odeur de notre lessive douce fraîcheur printanière. Hop on va travailler, hop on va faire nos besoins (seul), hop on se balade en voiture ici et là au gré de nos envies, hop faire l'épicerie est une pure sortie de bonheur, hop on se loue le film que l'on veut (et non KungFu panda à répétition depuis 2 mois), hop on dort sur nos deux oreilles jusqu'au lendemain matin. Hop personne ne pige dans notre assiette. Chaque jour, rebelote de petites attentions que pour soi.

Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh souvenir souvenir.

Et puis là, un petit être arrive dans ta vie et tu l'aimes à en mourir. Il vient te tordre les tripes, l'estomac, la cervelle, le mental, les entrailles. Tu donnerais ta vie pour le protéger et pour qu'il ne manque de rien, mais ta vie change complètement. Les pubs télé qui te montre seulement les beaux et bons côtés c'est de la vraie merde. C'est dur s'occuper d'un petit Bam-Bam ou d'une petite démonne. Seul ou pas.

Lever 4 h 30 ou 5 h ou 5 h 30, max 6 h (rarement). Bisou maman, câlin maman, belle maman, fini dodo? Oui mon amour fini dodo, il faut se préparer. Viens on va changer la couche. Non. Oui. Non. Oui parce qu'il y a plein de pipi dedans. Pipi caca maman? Oui. Maman veut garder pyjama. Non il faut s'habiller. Non. Oui parce qu'on va aller voir les amis tantôt à la garderie. Oui maman. Maman veut yogourt. Ok. Non maman veut pain dans une assiette. Hummm non veut banane. Une banane? Hummm non pain. Non rrrrrérrréales. Ok céréales. Non veut pain. Ok pain et ça sera ça.

Ahhhh non maman yogourt par terre. Ah tabarnak, on va ramasser. Viens on va changer le gilet. Non. Oui. Non. Oui parce qu'il est sale. Veut gilet avec lion maman. Non il est à manches courtes et il fait trop froid. Ouiiiiiiiiiiiii ouinnnn ouinnnnn ouinnnnnnn. NON. On change le gilet. As-tu fait caca? Non. Ça sent le caca et tu n'as pas encore été sur le petit pot? Non maman. Viens on va changer la couche. Non. Oui. Non. Oui, il faut changer la couche avant d'aller voir les amis.

Bon là maman va se préparer, se maquiller et vider le lave-vaisselle. Maman veut maquiller aussi. Non. Ouinnnnnnnnn Ouinnnnnnnnnnnnnnnn moi veut maquiller. NON. Maman vaisselle. Oui vient on va vider le lave-vaisselle. Ok. PAF. Ostie un autre verre de péter. Il faut ramasser le verre, ôtes-toi mon chéri pour ne pas te blesser, maman va passer l'aspirateur. Non moi maman. Non, il y a du verre partout. VEUT PASSER ASPIRATEUR BON! NONNNNNNNNNNNNNNNN ôtes-toi on le passera une autre fois ensemble, là il faut faire attention.

Viens on va mettre les bottes. Non maman veut chaussures. Non les bottes car il fait froid. Nonnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn ouinnnnnnnn ouinnnnnnnnn. Vite là on va être en retard. Maman veut zip manteau. Ok vas-y. Pas capable maman. Oui tu es capable, doucement. Maman veut maman zip. Ok je vais le zipper, regarde comment on fait. Viens on va partir à la garderie. Maman veut jouet. Non il y en a là-bas. Ouiiiiiiiiii. Non il y a déjà des jouets à la garderie. Ok maman.

.... Ceci est un matin parmi tous les autres, que de surprises exaltantes comme un caca chiasse, une otite, un pipi par terre, un verre cassé, une toast au beurre de peanuts sur une robe de travail :) Vous connaissez aussi n'est-ce pas? De beaux doigts sales de yogourt sur un pantalon noir. JOIE.

Et là, je prends les transports en commun pour une bonne heure de route. Ensuite 7 h 30 de travail. Mon heure du midi est désormais consacrée à faire les courses pour le soir, l'épicerie, les couches, l'achat de papier cul, de dentifrice, ne pas oublier de manger, travailler, penser à ci et ça. Les familles monoparentales doivent voir, penser à tout.

Et ça continue jusqu'au soir, l'heure où mon fils devrait aller dormir, mais qu'il ne veut pas. Ça peut durer des heures. Je me couche exténuée et dormirai un oeil ouvert, parce que... un petit Bam-Bam me réclamera bientôt.

J'apprends l'art de la négociation. Je me fais pourtant souvent battre par mon fils. Il est fort à ce jeu. :)

Tout ça pour dire que lorsque les familles pour aider sont loin et que les familles monoparentales doivent s'arranger seules ce n'est pas toujours rose et hop la vie. Il y a des moments difficiles et ça arrive que les larmes coulent quand tu sors le criss de sac de poubelles pis la récupération dehors. Ça arrive quand te regardant dans le miroir tu aies peur et que tu trouves que ta peau à la même couleur que le céleri passé date dans le frigo. Ça se peut qu'un matin où tu dois changer le char de bord de rue que tu recules dans la voiture d'un de tes voisins et qu'il t'engueule. Et que tu partes à pleurer sur le trottoir en te rendant travailler. Le moton finira par passer à midi, l'heure où tu dois aller chercher du zincofax pour les fesses irritées de ton petit chou. Ta journée déborde de réunions, ne rien laisser paraître pour l'ostie de bien paraître qui pollue nos vies.

Mais heureusement tu reçois un texto, un appel, un courriel qui te réconforte qui te dit je suis là si tu as besoin, n'hésite pas. Appelle quand tu veux. Une blague d'une amie qui te fait rire aux larmes. Un petit présent, une batch de muffins ou de sauce à spagh. Une soeur qui te cuisine un tartare. Une voisine qui s'offre pour t'aider n'importe quand. Ça fait tellement plaisir. Merci!

Les petits mousses c'est demandant, mais ça te procure tellement d'amour. Ta vivacité d'esprit reprend du coffre, tu deviens bionique. Veut veut pas, c'est la plus belle chose qui soit être parent.

Et que dire des moments de tendresse qui viennent se faufiler entre un temps de réflexion, une brassée de linge, un potage vite fait, un casse-tête de cheval ou une séance de mouche-nez. Ces moments appréciés, doux et revigorants, il ne faut pas les oublier, car ce sont eux qui nous tiennent debout, droit et fort.

Je partage avec vous l'un de ces moments inoubliables ici-bas. Ceux qui nous rappellent à quel point la vie est belle, fragile et trop courte bien souvent. Je pense à Paris présentement, où tant d'innocents viennent de perdre la vie. Où de petits Bam-Bam se retrouveront sans parents... C'est dur parfois le quotidien, ça demande beaucoup de patience et de recul, mais les moments que je vis j'essaie vraiment d'en profiter.

À tous les parents, monoparentaux ou pas, bons et tendres, merci à vous. Vous m'inspirez.

Je dois vous laisser. Deux brassées de linge à plier, une soupe à l'orge sur le feu..., mais Bam-Bam me demande "des pâtes maman! VEUT-DES-PÂTES!"

Ah pis, je flanche, on dormira collés pour la sieste tantôt.

Reviens vite papa!