dimanche 22 octobre 2017

40 balais!

Et oui, c'est aujourd'hui que j'atteins la quarantaine, comme un coup de fouet en pleine gueule! Cela fait un bail que je la vois venir de loin, cette dizaine qui m'effraie.

Il y en a pour qui c'est un chiffre comme un autre. Moi, non! Quand je pense à quadragénaire, je pense à la moitié de ma vie passée. Là-dessus, il m'en reste peut-être 15 ou 20 à être assez active pour faire des voyages et vivre en santé. Après quoi, tu tombes sur le décan et tu t'alignes vers le relâchement des sphincters.



En lisant ceci tu te dis : ''ok elle est folle!''

Non! Juste réaliste.

''Oui, mais tu es jeune dans ton coeur Karine!''

Ok, oui, pis!? Je ne vois pas ce qu'il y a de trippant à vieillir. Il faudrait qu'on m'explique.
Oublier de plus en plus ses affaires, avoir de plus en plus de bobos, prendre de plus en plus de pilules, vivre de moins en moins de Noël, devenir de plus en plus sénile, chercher son dentier partout et se rendre compte que le chien est partie avec...

''Ouais, mais il y a des gens en super santé à 80 ans.''

Ah ouais, quoi 1 sur 10. Et tu fais quoi à 80 ans à part regarder par la fenêtre pis manger du mou en pyjama?

Réglons certaines choses...

Quarante printemps et quelques pattes d'oies en sus, une séparation, deux pêches molles dans le tricot, pas de maison, pas de chien, pas de compte en banque mirobolant, où m'en vais-je?

Fille, mère, amie... exigeante, Hitlérienne, contrôlante, intense, mais drôle! Bon!

Amante... pleine de qualités hahaha!

Est-ce que je me sens plus sereine? Pentoute.

Plus sexy? No way!

Est-ce que je fais de la gymnastique du visage comme le propose tous les magazines féminin? Qossé ça!



Je portes-tu des spanx? Ben oui parfois bon!!




Est-ce que j'ai la même motivation que JLO qui travaille fort pour avoir un popotin d'enfer? Aucunement


Ai-je le même sourire heureux que Julia Roberts? Hummm non!



Ces choses-là sont réglées.

Va péter Ferland!

''C'est à trente ans que les femmes sont belles.
Avant elles sont jolies
Après ça dépend d'elles.''

Après ça dépend d'elles...???? Aie chose, tu voulais juste trouver une rimette à ''belles''. Ça juste pas de sens cette chanson-là finalement.

Un nouveau chapitre, mais toujours la même!

Changes-t'on vraiment au cours des années, j'en doute. S'améliorer, certainement. S'endurcir, oui. S'en câlisser, un peu plus.

Je me revois à 25 ans, avec mon amie Carole, nous étions déterminée à aller nous acheter une crème anti-rides. On commençait à se trouver vieilles hahaha. Aujourd'hui, 15 ans plus tard, je ne porte pas de crème antirides, mais Carole est toujours dans ma vie. Je suis restée la même, avec la même capacité d'émerveillement, de folie, de taquinerie. J'ai le même humour, le même talent de comédienne et je suis furieusement heureuse d'être en vie. Je fréquente les ténèbres de temps à autres, souvent en passant par les problèmes de l'autre, mais j'aspire toujours faire du hiking sur un arc-en-ciel, soit entre la pluie et le soleil.

J'ai pas souvent la trouille. Quand je l'ai, c'est que j'ai peur de moi-même. De mon angoisse. Je me mets souvent dans la peau de GI Jane ou de Wonder Woman pour affronter mon quotidien, c'est ce qui me fait garder le pied dans la barque. Je me revois souvent au primaire, au secondaire, même caractère fonceuse, rough, franche, directe. Au cours des années, je n'ai jamais changée d'attitude ou de personnalité, mon mot d'ordre : authenticité.



J'imagine que sur le chemin de la vie, entre deux rides et taches brunes, je resterai la même.

Et si c'était un nouveau tournant...

Je ne sais pas. Peut-être que c'est ce que je souhaite. À 40 ans, c'est la remise en questions. Je n'ai plus envie que personne s'accroche à mes basques ou qu'on me suce le sang. Les couples se séparent, les célibataires s'endurcissent, Tinder fait des ravages. On baise, on fourre, on exulte les démons intérieurs.

Moi j'ai envie de vivre. Tranquillement. Je recherche la paix. Oui la paix. Je suis une automate chaque matin de ma vie en me rendant au travail, certes, mais pas une automate comme les autres. Parce que je suis moi. Que j'ai cette force qui me caractérise et une résilience hors du commun (il paraît). Je vais continuer de marcher la rage entre les dents, mais avec une écharpe légère autour du cou. Douce. Parfumée de mes cheveux longs naturels qui sentent le miel. J'avancerai avec du baume sur mes lèvres comme je le porte depuis le secondaire. Gênée.

Je vais essayer de me préparer davantage au bonheur qu'au chagrin.

Je n'ai jamais cru aux princesses et au château. Encore moins au mariage. J'y croirai pas davantage après 40 ans.

Je ne refuserai plus l'aide des autres.

Je vais continuer de faire rire mes amies.

À 40 ans, je n'accepterai plus l'inacceptable.

Que les ''médisseux'' et les connards qui m'entourent se carrent un cornichon dans le cul.

Je prendrai soin de mon fils, du père de mon fils, de ma famille et de mes amis (es) chaque jour et à jamais.

Je ne volerai plus de sac de crottes de fromage à l'épicerie (hahahaha, ben non c'est arrivé 2 x par inadvertance).

J'ai été écorché vive plusieurs fois, mais y'a personne ni rien qui va me coucher par terre.

À 40 ans, je ne cesserai pas de m'acheter des robes et je garderai ma tignasse longue. C'est pas pour toute suite le look de matante.

Je continuerai de peindre mon quotidien à ma façon, avec de petites touches originales, parce que j'aime sortir du lot.

Je resterai l'amie de la nature et je me promet de m'y rapprocher un peu plus chaque jour.

Je fais la promesse de ne jamais sortir avec un chasseur qui se fait prendre en photo avec la bête morte. Putain non!

À 40 ans, j'apprécierai un peu plus chaque jour mon corps. Je l'aimerai. J'en prendrai soin et je me trouverai belle.

Bref, à 40 balais, la Karine que vous connaissez restera la même, coûte que coûte. Je suis la seule responsable de ma vie. J'ai pas envie de devenir prisonnière de mon quotidien. Je serai l'artisane de mon bonheur. Je me redresserai quand ça sera le temps. Avec votre aide, au besoin. Je serai là pour vous. Parce que je vous aime. Je vais inventer de belles folies et créer de belles joies autour de moi et... si je meurs, chantez-moi Ave Maria.

Je me souhaite une quarantaine heureuse. Douce. Sans trop de ravages au corps et à l'âme. Et j'espère que vous ferai partie des autres printemps de ma vie qui suivront.

Entrer dans la valse

''Entrer dans sa valse, dans ses tourbillons, parfois elle te fait boire la tasse et tu crois que tu vas mourir et puis elle t'attrape par les cheveux et te dépose plus loin. Parfois elle t'écrase les pieds, parfois elle te fait valser. Il faut entrer dans la vie comme on entre dans une danse. Ne pas arrêter le mouvement en pleurant sur soi, en accusant les autres, en buvant, en prenant des petites pilules pour amortir le choc. Valser, valser, valser. Franchir les épreuves qu'elle t'envoie pour te rendre plus forte, plus déterminée.''

40 balais putain!
















jeudi 7 septembre 2017

Ma solitude


Moustaki la chante cette solitude...

Quand elle est au creux de mon lit 
Elle prend toute la place 
Et nous passons de longues nuits 
Tous les deux face à face 


Je me demande si comme lui, je m'en ferai presqu'une amie.

Depuis quelques semaines déjà, j'ai rencontré cette épouvante solitude. L'invivable parfois. Vous savez, celle qui nous serre le coeur et nous transperce les poumons. Je ne sais pas si vous l'avez déjà rencontrée.

Je suis devenue l'héritière d'une solitude que j'ai parfois tant espérée par le passé, mais qui, quand elle surgit, peut être angoissante et ténébreuse. Je ne l'avais jamais rencontrée de cette façon. Je ne la connaissais pas. Celle qui me fait passer de grandes journées seule et des nuits bien silencieuses. Sans ronflement. Sans petit être qui court pour venir dormir à mes côtés. Sans ébats. Sans bruit. Cette solitude qui n'a que ma respiration comme conjointe. 

J'apprends à l'apprivoiser. Doucement. Dès qu'elle se pointe parce que la porte se ferme et qu'il n'y a que moi qui se retrouve derrière, j'ai parfois peur d'elle. Elle m'angoisse. Je cherche autour de moi s'il ne reste pas le souffle de quelqu'un d'autre. J'entends des bruits. Je me lève la nuit voir si je suis bien seule. Je fais trop de nourriture, c'est l'habitude. Je ne réprimande plus personne, sauf moi-même. Je m'obstine qu'avec de l'air. Ne reste plus qu'elle, puis quelques céréales laissées par mon fils sur le plancher, et moi.

Le programme de ma soirée m'effraie. Assise sur le sofa avec ma solitude, je pense qu'elle aussi a la trouille de me rencontrer. On est pas encore devenues des potes. On se regarde bizarrement. On plisse les yeux comme les cow-boys dans Il était une fois dans l'Ouest. Je la traite de salope par moments et elle rétorque : va te faire foutre la grande!

Puis, parfois elle me prend par la main. M'amène à la rencontre de moi-même. Me tend un livre. Me pète un show de boucane. Me tire la pipe. Me prend dans ses bras. À cet instant, c'est la rivière qui coule dans mes yeux. Parce que ce gros colleux d'elle me fait le plus grand bien. Elle me rassure, me dit que la traversée des gouffres m'apportera de l'émerveillement. 

Y'a des matins, elle m'asphyxie. J'ai envie de l'abattre et de revenir sur certaines décisions. Pis, j'empoigne le baluchon et je décrisse vers ma routine quotidienne. Y'a des soirs elle devient angine. Elle veut me faire mourir... ou bien renaître. Je ne le sais pas encore. J'ose croire en la 2e option.

J'ai beau essayer de maintenir la distance avec elle, elle se rapproche subtilement pour m'amadouer. Deviendra-t-elle paisible vous croyez?

En attendant, je l'écoute respirer. Je lui fais la grimace. Je lui tend un chocolat pour qu'on mange nos émotions.

Elle est débarquée après la tourmente. En me suppliant qu'elle était nécessaire pour que je me reconstruise. 

Je ne la déteste pas totalement. Elle me fait juste beaucoup pleurer par instant.  

Vais-je m'y perdre ou me trouver?

Non, je ne suis jamais seul
Avec ma solitude

dimanche 19 février 2017

Le temps d'errer à l'épicerie

La vie de couple, la vie de famille c'est vraiment pas toujours rose. Je serais curieuse de voir ce qui se passe derrière la porte des couples et familles qui postent d'innombrables photos de bonheur sur Facebook.

Je sais, je sais, je poste moi-même des photos de mon fils qui se roule dans la neige, qui court après un papillon, qui joue au lego et qui grimace à la caméra. C'est le bonheur que j'expose. Grand dam de ceux qui me trouve fatigante avec ça. Et puis chacun à le droit d'exposer sa vie, ses rêves, ses désirs, son amour. Chacun a le droit de s'enlever les boutons, les taches de rousseur et les cicatrices avec photo Lab. Se cacher les cuisses, se montrer la craque, sourire même quand ça nous tente pas. Fausse jeunesse éternelle. Fausse émotion. Se faire accroire. Quel drame, mais bon!

Toutes ces photos...

Voyage dans le Sud tout sourire, mais finalement l'étincelle est déjà éteinte depuis longtemps. Afficher qu'on planifie REER et économies, mais plus personne ne baise dans la maison. Cliché de la famille partie un weekend en ski, mais l'homme trompe sa blonde chaque jeudi soir. Deux belles faces sur une photo de profil, mais l'esprit du gars est en train de s'imaginer comment dire à sa blonde qu'il est gai. Deux beaux gros chars parkés devant la porte d'entrée sur la photo de couverture, mais rien à manger dans le frigo pour le voisin d'en face. L'alcoolisme caché d'une mère qui étrenne sa nouvelle veste sur FB. Couple heureux, mais l'un a le cancer. "21 ans ensemble, on va dormir à l'Auberge ce soir", écrit l'une qui ne parle plus à son chum mis à part pour jaser de la forme du caca de leur petit.

L'herbe n'est pas plus verte ailleurs et c'est vrai. Il y a tellement de chagrin autour de moi. De tristesse, de secrets, de durs constats, d'intolérance, de tricherie, de patience, d'injustice, d'incertitude, de grandes tristesses. Loin de moi l'idée de croire que tout est noir, mais il faut parfois enlever nos lunettes roses pour réaliser que c'est pas toujours clinquant comme on l'imagine ou comme on l'expose sur les médias sociaux.

Et pis j'ai sacré le camp à l'épicerie. Un trop plein de tout! Le monde souffre et ça me déchire le coeur.

Wake-up café. En face du Métro, un nouveau petit café Algérien, où se croisent petits gâteaux du pays, beignets aux patates et latte qui goûte le ciel. Le meilleur que j'ai bu depuis des semaines. Je suis tombé en amour avec le propriétaire, son sourire, son accueil et la délicatesse avec laquelle il a mis le lait fouetté dans mon café. Dès lors, j'ai esquissé sur mon visage un large ravissement. Je lui ai promis de revenir déguster une pâtisserie bientôt.

J'ai enjambé la slush grise de la rue pour ensuite me retrouver aux premières loges devant les clémentines transgéniques chez Métro Plus. Fou rire avec l'étudiant-charmeur qui les plaçaient en montagne dans le rack et avec qui j'ai échangé quelques blagues. "Criss ça pas de sens des clémentines grosses de même!"

- Oui ça se peut avoir du fun devant un rack de clémentines!!!

J'ai perdu mon temps dans les allées, à snifer les pamplemousses, à voler une datte et la déguster, à choisir mes légumes et à hésiter entre la mâche et le mélange printanier.

J'errais entre terre et mer, un steak dans une main et un filet de saumon dans l'autre quand une petite poulette haute comme trois pommes est venue mettre dans mon panier un citron. Boum Boum dans mon petit coeur!

Le temps d'enjamber une motte de feuilles de radis, je me retrouve bouche-bée - choc émotionnel -devant le prix des Babybel.

Collision de paniers dans la rangée des mouchoirs. Il en faut des kleenex lorsque les larmes tombent à torrent ou que le rhume est déluge.

Perte de contrôle devant les yogourts. J'adore!

Oublier la farine de blé, les oeufs et les graines de lin moulues. Fuck la recette de galettes Labriski.

Alarme devant l'allée des biscuits. Manger ses émotions!

Entendu le gars qui demande à sa blonde, quelle sorte de chips tu veux? Et elle de répondre, je te laisse le champs libre. Peu importe, m'en fou.

Et pis je suis repartie chez moi, la valise du char chargée de petits repas que je concocterai toute la semaine pour les miens. En y mettant mon coeur et parfois à contre-coeur. Fatiguée et parfois écoeurée, mais toujours avec l'intention de faire plaisir.

Les semaines défilent et ne se ressemblent pas. Se poser des questions chaque jour sans trouver les réponses. Dodeliner de la tête.

S'accrocher au printemps. Faire l'ange dans la neige. Rêver. Aimer raconter des histoires à son enfant. Mowgli est mon ami. Faire une grimace à Sherkan. Envier la peau de pêche à Véronique Cloutier. Petit dimanche qui se termine.

Les matins se suivent et se ressemblent. Demain, j'allumerai mon fer plat à la même heure que mardi, mercredi, jeudi, vendredi!

Mon yogourt est bon!


dimanche 27 novembre 2016

J'ai découché criss!

Chers amis, amies, lecteurs et lectrices,

Le dernier écrit remonte à quelques semaines, mon billet "Mon gros ventre et moi" a été lu près de 300 fois. Je vous remercie pour vos partages. C'est toujours ben juste un blogue de salon, mais c'est une grande fierté pour moi d'être lue. Vous me direz que vous en régurgitez des blogues, que vous êtes écoeurés de lire du monde qui se plaignent, chialent, gueulent, donnent leur opinion sur tout, ben moi aussi hahaha! Fecke je ne les lis pas ou je ne lis que ceux qui me rejoignent. Par contre, ça ne m'empêche pas d'écrire. Ça fait sortir le méchant!

Dernièrement, j'ai eu xx ans. Disons quelques printemps de plus que ma lointaine vingtaine. Et j'ai eu un véritable choc mental et physique. Je ne m'y attendais pas du tout. Du jour au lendemain PAF, l'âge m'a rentré dedans et je me suis mise à boiter mentalement!

Quelques semaines avant mon anniversaire, je me sentais tout croche, je feelais bizarre, je me disais putain je ne vais pas avoir cet âge là, c'est pas possible, mon cerveau est encore accroché à mes baskets du secondaire, à mes stingers au Cégep. Je trouvais ça bizarre aussi que mes pensées flânaient entre hier et aujourd'hui. Je ressassais des histoires d'antan avec nostalgie, je reluquais mes nouvelles ridules dans le miroir l'air estomaqué comme si je ne comprenais pas qu'est-ce que ça faisait là,  je me revoyais au secondaire en train de lancer des effaces par la tête de certains profs, de me faire sortir de classe un jour sur trois :) Quels souvenirs. J'étais tellement joueuse de tours. J'en ai fait des frasques, y'a pas à dire je pourrais écrire un livre là-dessus.

J'ai revécu mon bal des finissants, quelques slows, je me suis enfargé dans l'époque où mon coeur battait pour deux gars en même temps, j'ai repensé à mes meilleures amies avec qui j'ai fait les 100 coups, à nos soirées bien arrosées, à un gars que j'aurais voulu épouser... à mes années folles en appartement, à mes tounes pref de l'époque, à des soirées à rire aux larmes avec ma gang!... St'e temps-là où tout n'était que rire et délire.

Bref, mon anniversaire approchait et je CAPOTAIS. Quoi??? Je ne suis plus une adolescente, ni même une jeune femme?!! Je suis femme, une mère aux seins en bananes! Quoi??! J'ai complètement perdu le fil du temps. Il s'est passé quoi là?!
Accrochée à la vitesse du son, je n'ai pas vu les années passer.

La veille de mon anniversaire, j'ai découché! Ben oui! J'ai pris ma valise et je me suis offert une nuit à l'hôtel. Besoin de dormir, besoin de me lever plus tard que 5 h, besoin de ne rien entendre, pas même le vol d'une mouche. Besoin de prendre mon déjeuner sans courir comme une poule sans tête autour de la cuisinière. De boire mon café, chaud, tranquillement, sans le faire réchauffer 4 fois au micro-ondes. J'avais envie d'être seule au monde, comme Tom Hanks. J'avais envie de décrocher. De tout crisser ça là. Envie de voler les petites bouteilles de shampooing de l'hôtel. De caller à la réception juste pour demander une niaiserie.

- "Oui bonjour, jusqu'à qu'elle heure le déjeuner demain?!" PAF! J'suis HOT! J'viens d'appeler à la réception. LIBERTAD!

Comble de bonheur, la chambre pour moi seule venait avec 2 lits Queen. Avoir eu ben des amants, on aurait eu de la place en masse pour d'interminables envolées LOL. Non, mais sans blague, ce fut l'apothéose de la quiétude. Je me sentais revivre. Une nuit de moi à moi. Dans le silence. Quel bonheur!

Par contre, le lendemain, jour de ma fête, le choc était toujours là. Où en suis-je? J'ai fait une introspection intense. Je suis qui, je m'en avis où, quossé que je fais là, c'est qui Karine, pourquoi je fais ça, je veux quoi, telle chose n'a pas de sens, fuck the World, pourquoi quoi??????!!!!!!! J'avais tellement de questionnements en tête que j'ai failli virer folle.

Quelques semaines plus tard. J'ai tjrs les mêmes questions en tête. J'attends après quoi pour m'aimer davantage et pour prendre la vie plus relaxe. J'attends après quoi pour prendre telle ou telle décision? Une chose est sûre, c'est que je suis épuisée de courir comme une folle. Nos vies sont tellement effrénées. Je me suis rendue compte que je ne pouvais jamais dormir plus de 3-4 heures par nuit, que je suis toujours sur la piste d'un marathon. Je ne prends pas soin de moi ou enfin pas assez. Chaque jour de ma vie, mes amies se disent les mêmes choses. Métro-boulot-dodo. De la belle merde si on y pense bien, parce qu'on se tue à petits feux.

Ce matin, après une autre nuitée trop courte, je m'analysais la face dans le miroir! J'aurais aimé me dire : té belle criss pis arrête de te trouver des défauts! Mais j'ai vu de la fatigue autour de mes petits yeux. Où est-ce qu'on achète ça du repos? J'avais ça et ça et ça à faire pendant mon weekend, pas une minute de repos là-dedans. Ça n'a juste pas de sens. Je ne tougherai pas la game. Je regarde ailleurs pis c'est pas guère mieux : séparation, mensonge, maladie, perte d'emploi, insomnie, anxiété, burn-out, dettes d'argent, perte d'un être cher, vie folle au travail, excès, alcoolisme, la fuite, fausses croyances...

Tout ça pour dire que ça va vite, trop vite. La langue à terre, on se la pile dessus dès que le cadran sonne pour aller travailler. De retour, on s'enferme alors dans nos coquerons pour se reposer, à l'abri de ce qui se passe ailleurs dans le monde. Le soleil se lève, enwoye dans le char pour un gros deux heures de déplacement ou dans les transports en commun pour sniffer autrui. Ça pue, ça déprime, ça marche comme des automates.

On barre la porte chaque soir, pis on la redébarre le matin. Go Go Go on saute dans la robe qui nous donnera le plus d'éclat... pour ne pas que nos cernes ne paraissent trop.

- Wow t'es belle ce matin, ça te va bien!

- Hein ben merci!

- Ça va?

- Oui oui!
Dans ma tête (je suis épuisée criss, je veux vivre en nature, m'entraîner, dormir, faire de la relaxation sous le soleil, laisser choir mes pieds dans de l'eau turquoise, je veux me bercer, lire un livre, RESPIRER, boire un bon café doucement, manger tranquillement, j'veux pas être ici, je veux être dans mon lit. Pis j'ai envie de crier!)
______

Bref, le matin de mon anniversaire, emballée comme un cadeau dans la douillette douce et confortable, mon téléphone sonne... je réponds. Mon fils me "FaceTime" pour me souhaiter Joyeux anniversaire avec son papa.

- Tu es dans quel lit maman? Viens vite c'est ton anniversaire!!

- ... (pleurs)

- Maman, viens regarde j'ai mis le chapeau de fête.

- Ok, je m'en viens bientôt mon amour! On va manger du gâteau de fête! Je t'aime!

C'est comme ça que la réalité m'a frappé en pleine face, pas comme un coup de poing, mais comme une belle frappe d'amour! J'peux pas abandonner même si parfois c'est tough. Parce que c'est dur pour la plupart d'entre nous. Oui, ça va trop vite. Faut que je travaille là-dessus. La courroie de transmission va péter si je ne ralentie pas le rythme. Ça, c'est mon problème. Je dois régler ça.

Cette petite escapade de même pas 24 heures m'avait fait du bien malgré tout. Un cadeau de moi à moi. J'avais besoin d'investir dans une nuit complète. D'être en présence d'une seule personne : moi.

J'avais juste besoin d'un peu de silence...

A m'a coûtée cher st'e putain de nuit LOL, mais la prochaine fois, j'vais m'en payer deux ;)

















mardi 27 septembre 2016

Mon gros ventre et moi

Je vous annonce aujourd'hui que je viens d'usurper l'identité d'Aretha Franklin, mon sosie de body y paraît...


BEN QUOI?! No joke.


Quand ça fait au moins 10 fois dans les derniers mois que tu te fais dire que tu as pris du poids, que tu es bien en chair, que tu as l'air enceinte pis que t'as un gros ventre, ben tu te dis que c'est ça qui est ça.


Hier, j'ai pogné de quoi quand la responsable de la garderie à mon fils m'a dit :


- Vous avez pris du poids Karine!!


Une affirmation lancée de même en plein visage après 8 heures passées à la job, 2 heures dans les transport en commun et une nuit su'a corde à linge.


Moi : Hummm non!


Elle : Si, si vous avez un gros ventre!






Moi en live : Hummm non!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! c'est mon ventre que j'ai depuis que j'ai eu Milàn.


Moi dans ma tête : Pis il n'est pas si gros bon!


Elle au large sourire qui ne s'excuse pas : Ah bon, ben ça vous va bien!


Moi dans ma tête : Grand temps que j'aille m'acheter une gaine!


Non mais c'est quoi la folie de se permettre de dire ça. D'une femme à une autre en plus. On peut-tu se la fermer parfois et se tourner la langue 7 fois avant de parler. Ces temps-ci, que ce soit dans le bus, à l'épicerie, au boulot, entre amis, peu importe, j'ai l'impression de cotoyer de plus en plus de Donald Trump. Des colons, des condescendants, des je-sais-tout, des grandes gueules, des ignares, des péteux de broue!


La madame s'interroge. On voudrait qu'une femme qui approche la quarantaine ressemble à quoi? Une grande filliforme sapée de la tête aux pieds 24 heures sur 24? Non, entoucas je ne ressemble pas à ça. Je fais attention à moi, certes, mais je suis pour la plupart du temps en jogging et les cheveux en pagaille. Je ne pèse pas 110 livres, loin de ça, très loin de ça. J'ai du vécu et une peau d'orange qui vaut la peine d'être connue.


On s'attend à quoi de la femme fin trentaine? Je suis essouflée de lire tous les magazines féminins trop exigeants envers nous : mere fatale, femme fatale, amante fatale, blonde fatale, sportive fatale, marraine fatale, amie fatale, fille de bois fatale, top-model en suit d'hiver fatale... Putainggggggggggg on peut-tu nous lâcher les baskets.


J'en reviens à mon ventrou de maman. J'ai donné la vie et j'en suis fière. Je n'ai plus mon six packs compact (hummm j'en ai jamais eu). Well, j'avoue que je ne rentre plus dans un string SMALL, mais attention mes bobettes beiges larges me vont à merveille. Ce petit ventre-là, qui ressemble à un muffin en sortant du haut de mon bikini et bien je dois l'accepter pis c'est dur en (*?$%@#@?* parce que ben y'en a plein qui en ont pas et pis oui je les envie. Par contre, j'ai ben du muscle en dessous et ça, c'est mon secret bien gardé :)


Mine de rien, s'approcher de la quarantaine pour une femme n'est pas chose facile. Tout comme j'ai trouvé rough le passage à la trentaine. Tellement de questionnements, d'objectifs, de défis, d'envies...  Je sais que pour les hommes ce n'est pas chose facile non plus, mais je suis persuadée qu'une bedaine de bière se fait moins dire qu'il a pris du poids qu'une femme qui a une brioche qui paraît dans sa robe.


Fecke je fais quoi? J'ai aussi entendu dire dernièrement qu'il faille se couper les cheveux quand on vieillit. Bon, encore une autre affaire. Je porte une longue crinière depuis toujours. J'aime mes cheveux. Ils me représentent. Ils sont fourchus à la pointe, mais je les trouve beaux. Derrière eux, j'y cache un semblant de seduction, mais aussi un peu de gêne. Quand je déciderai d'un réel changement capillaire ça viendra de moi et non pas du diktat beauté qu'on nous impose.
PS : Stay tuned, je vais bel et bien faire couper mes cheveux pour vrai dans quelques jours..., mais parce que JE l'ai décidé. Oui JE le veux!


Pause British
Bon voilà que le prince William et Kate sont au Canada. Bizarre que l'on parle que de comment est attriquée Kate et non pas de la calvitie de William. Un faux-pas et elle serait envoyée au cachot. Ahhh Sainte! Pauvre fille. Je me demande si Kate se permet un vieux kit mou parfois en regardant la tivi? Sûrement pas. Qu'en penserait la très, très, très fière mamie de William. Un jogging mou : affront à la monarchie! Kate au bûcher!




Bref, je vais en finir là pour aujourd'hui. J'aurais dû rire à gorge déployée hier du fait de me faire dire que j'avais pris du poids pis que j'ai un gros ventre, mais ça ne m'a pas fait rigoler cette fois-ci. Du moins, entre nanas, peut-on user d'un peu plus de délicatesse et de diplomatie.


Je me vois tellement mal dire à une autre femme : aie t'a pris du poids toi, t'a ben un gros ventre! Ou encore, ouf tu devrais te faire couper les cheveux, t'as plus 20 ans! Woin, t'as pris du poids la grande (en poignant le dessous de bras mou à l'autre)...


Prochaine fois, je réponds du tac au tac. Je peux être fameuse dans le clouage de becs :)


Alors mon gros ventre, mes bras mous, ma longue crinière pis mes cuisses d'haltérophile vous disent au revoir. Je m'en retourne gaiement sur mon sentier de la vie armée de mon sourire dents de bonheur à la Vanessa Paradis et mes cernes mauves. Prête pour l'Halloween!

Sans blague, rien de mieux que de tourner les pieds sèchement aux remarques désobligeantes (et je ne parle pas juste des remarques sur l'apparence, mais dans toutes les sphères de notre vie) et à flanquer une gifle imaginaire à tout être dépourvu de savoir-vivre/savoir-faire/savoir-être.





dimanche 11 septembre 2016

Všechno nejlepší k narozeninám moje zlato!

Il y a eu Havel, Kafka. Il y a Lendl, Čech, Jagr, Plekanec, ... et un certain monsieur Sedlak...

Je me rappelle tellement qu'au Cégep j'espérais un jour "sortir" avec un Tchèque. Aucune idée d'où ce désir émanait. Puis, lorsque j'ai commencé mes cours en relations internationales à l'Université, je choisissais toujours de faire mes travaux sur la République Tchèque. Le printemps de Prague me fascinait. Je me répétais, telle une princesse rêveuse, que mon nom aurait dû être Karina Poriskova... J'aimais espérer qu'un jour j'allais rencontrer le plus beau tchèque qui soit. 

Et la vie m'a portée vers un stage à Aix-en-Provence. Et d'aventure en aventure, de train en train, de port en port, je me suis retrouvée par un beau soir de juin provençal à un party-piscine-paella chez de purs inconnus. Fallait bien que je m'intègre un peu à la culture de Cézanne. Alors j'ai accepté une invitation et j'ai passé là une soirée extraordinaire avec des gens encore plus fantastiques.

Puis, c'est ce soir là qu'un beau châtain s'est approché tout sourire pour me saluer, se présenter et m'offrir un drink. Dès lors, je suis restée subjuguée par la verdure de ses yeux. Son sourire immaculé, sa vive intelligence et sa gentillesse m'ont tout de suite charmée.  

"Karine, voici Jakub. Il habite au village. C'est notre Tchèque préféré. C'est l'artiste de la gang.''


" Salut Jakub, enchantée!"

Un Tchèque...OMG. Beau comme un coeur en plus. 

Je le savais. Au premier regard, j'ai vu le slave en lui. Le dessin de son visage, la forme amande de ses yeux, la ligne de son nez. Je m'étais déjà imaginé ce beau garçon jadis. Et la cerise sur le sundae fut lorsqu'il m'a sorti quelques mots dans sa langue, ah là je me rappelle avoir perdu les pédales hahaha!

De fil en aiguille, l'une des plus belles histoires d'amour a commencée et elle perdure jusqu'à maintenant.

Aujourd'hui, c'est l'anniversaire d'un certain monsieur Sedlak et à lui seul il répond à plusieurs de mes critères de l'homme beau, bon et cultivé que je voulais dans ma vie. Je ne le savais pas aussi chiant par contre, mais il paraît qu'il y a parfois quelques défauts de fabrication :)

À travers vents et marées, un océan qui nous sépare et des montagnes immenses à traverser, je suis accompagnée quotidiennement d'un être exceptionnel. C'est loin d'être un type parfait. Qui peut se vanter de l'être à part quelques trous de cul qu'on rencontre sur la route? Ce qui définit le plus le père de mon fils, c'est sa culture générale incommensurable et sa bonté exceptionnelle. Y'a pas une semaine où je ne me tords pas de rire en sa compagnie. Assez fantastique après plusieurs années de vie commune. Il est de plus en plus beau, serviable, aimant et on fait vraiment une belle paire. 

Je ne sais pas si cet amour tiendra toujours. La vie à deux ce n'est pas chose facile. Elle est truffée d'embûches et tenir bon tient parfois du miracle. Je sais par contre que ce fameux Tchèque vaut la peine d'être côtoyé. C'est un ami fidèle. Un papa émérite. Un chum adorable. Bref, un être magnifique.

C'est tout de même spécial la vie. S'éprendre de quelqu'un qui est né à des kilomètres de soi. L'imaginer et un jour le rencontrer dans un pays qui n'est pas le nôtre. Et que file les années. Le ramener avec soi. Se perdre encore dans son regard émeraude et être devenu parent avec lui. À une époque où ses parents fuyaient le communisme avec lui dans une Volha Russe et que je sautais à la corde à danser près des aulnes du Bas Saint-Laurent, qui aurait cru que nous nous attachâmes l'un à l'autre un jour. 

Milan (comme notre fils) Kundera pourrait écrire notre histoire...

Joyeux anniversaire monsieur Sedlak, je vous serre très fort sur mon coeur de québécoise xx






jeudi 4 août 2016

Chérie, j'ai arraché la tête de lit!!!!!

En route!

Direction séjour de quelques heures en amoureux. Ils ne se rappellent plus la fois où ils ont été seuls plus d'une heure tous les deux. Déjà plus de trois ans sans sortie couchette ailleurs que chez eux. C'est parti. Kate et Jay embarquent dans leur vieille minoune, dépose le petit chez grand-papa et filent vers du grand bonheur-repos bien mérité.

Les mots ne franchissent plus les lèvres de Kate tellement elle est euphorique de partir avec son Adonis pour 2 nuitées estivales. Elle est juste muette de ravissement. 

Jay est fou fou aussi. Il n'arrive pas à croire qu'il va pouvoir se lever plus tard que 5 h 30 am. Dormir à l'hôtel sans réveil abrupte, sans nuit mouvementée... y'a pas à dire, il ne sait plus à quoi ça ressemble.

La radio joue Girl from the North Country, il fait soleil, le ciel est bleu, le vent est chaud. VACANCES!



Arrivés à l'hôtel, c'est l'entrée au paradis du bien-être. Tout est merveilleusement beau. Le regard de Kate voltige du spa à la piscine, du fleuve à la terrasse, du piano à queue à la verrière... Tout est parfait...

Dans la chambre, les tourtereaux s'enlacent, l'amour les happant de plein fouet. Seuls pour deux jours. EXTASE. 

...ou presque...

Leur baiser s'arrêta brusquement quand la valise à roulettes dévala le plancher jusqu'à l'autre extrémité de la chambre. Le plancher ayant un dénivelé comme dans le décor penché de Ce soir tout est permis. Kate a peine à avancer dans la chambre. Son équilibre gravitationnel est subitement rompu. Il y a un truc qui cloche. Le lit plus ou moins confortable, le dénivellement est palpable. Couchés là-dedans le mal de coeur leur pogne, Kate a la face collée dans la commode tandis que Jay est surmonté sur le bout du matelas quasiment la tête dans le plafond. 

Kate : On ne pourra jamais dormir là-dedans! Faut déplacer le lit, essayer de le mettre à niveau! 

C'est à ce moment que Jay s'affaire, de toutes ses forces, à tasser le lit et lui donner un semblant de symétrie.

Jay : Chérieeeeee!!!!!!!!, tabarnak je viens d'arracher la tête de lit et ça a déclouée toute la moulure bord en bord du mur. 

What?!!, de s'écrier Kate en voyant le gâchis. Ostie tout est arraché, on va dire quoi à la réception? Ça va nous coûter combien? Attend, on va essayer de reclouer ça, passe moi un soulier à talon!!!!

Rien à faire, le placoplâtre s'émiettait plus ils tentaient de réparer - ni vu ni connu - les dégâts. 

Le voyage d'amoureux commençait bien. Le mur arraché, le plancher en pente de ski...



Après avoir confié au maître d'hôtel-gérant-directeur qu'ils venaient d'arracher une partie du mur et d'être passés pour un couple dévergondé et brutal au lit (même si cela n'avait rien à voir) Jay et Kate décidâmes d'aller casser la croûte-gastronomique à la verrière. Gênés, ils ont fait bien attention de ne pas trop se faire remarquer à la réception où siège le fameux gérant d'hôtel. 

Pinot Grigio à la main manucurée au shellac, Kate respire sa liberté. Jay crève la dalle. Elle plantait son regard dans la verdure de ses yeux, le trouvant plus beau encore qu'à leur première rencontre. Lui, la complimentait sans relâche, s'attendant probablement à une nuit endiablée. 

Kate : Je vais prendre en entrée la chaudrée de moules de Matane svp. 

Pas de problème Madame, lui répondit Simon leur serveur attitré. Beau jeune homme de 22 ans, franc, sympa, amusant, diplômé en enseignement du français. 

Kate dans sa tête : Seigneur, il pourrait être mon fils...

Arrivée sous ses yeux embrumés de vino, la chaudrée de Kate semblait dénuée de moules. Inquiète, Kate partie à la conquête des moules Matanaises avec sa cuillère. "Ma foi y'as-tu dl'a moules là-dedans?!''

Constat : Après avoir touillé la chaudrée, aucune moule à l'horizon. Une chaudrée de moules pas de moules, mais plutôt une chaudrée à la monticule de légumes. 

Kate : Simon, excuse-moi. Cette chaudrée ne contient aucune moule et tu comprends, j'aime les moules et c'est supposé être une chaudrée de moules!

Simon l'air constipé : Je sais madame, mais il n'y en a plus. 

Réaction de Kate : 



Kate : Même plus dans le fond du baril?

Simon : Non, même au fond du chaudron, aucune.

Kate : Donc vous annoncez une chaudrée de moules, mais y'a plus de moules dedans?

Simon : Effectivement, nous devons l'admettre, il faut se dire les vraies affaires, il n'y a plus de moules dans la chaudrée.

Kate : C'est quoi la joke???!!! Ok Simon, je vais prendre la crème verdurette, merci!

Simon : Parfait. Elle est super bonne. Bon choix. 

Regard de Kate : vide!

Quelques verres derrière le coup de soleil, Kate eut de la misère à monter l'escalier pour joindre la chambre. Jay dû l'aider en la poussant dans l'arrière-train question qu'elle ne se casse rien. Les ébats prévus furent changés rapidement en ronflements de bedaines trop pleines. 

Bonne nuit... sous une tête de lit arrachée. 

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Pendant la nuit, Kate-pisse-minute-endormie a dévalé malencontreusement la chambre aussi vite que la valise en début de journée. Atterrie carrément dans le mur, elle s'est pété la face sur un cadre. Rien de cassé heureusement. La JOIE.

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Le lendemain matin, un petit dej s'ajouta sur leurs estomacs encore pleins de la veille. Et une virée sur la terrasse s'en suivie, ils sont prêts à profiter de cette journée entière merveilleuse qui s'offre à eux. 

Plongeon plané dans la piscine, Kate ressort la tête de l'eau, haletante (elle n'a pas fait de sport depuis des mois), et tombe nez à nez avec un de ses comédiens télé préférés dont elle taira le nom. 

Kate dans sa tête : OMG OMG OMG OMG je suis grosse dans mon bikini. Me suis-je épilé le dessous de bras? Je suis cernée. Vois-t'on mes pepperonis à travers mon top? Aie-je des graines de toasts entre les dents? Selfie de piscine? NON!

Au tour de Jay d'y aller pour un plongeon qui se terminera en flat intense. 

Kate, toujours dans sa tête : Ok non, je dois faire semblant de ne pas le connaître. J'ai honte. Et si le comédien veut me draguer. Ok non, je vais faire comme si Jay était mon frère. 

Jay arrive face à Kate, le ventre au vif, les yeux lui roulants dans l'eau à cause du flat...

Et Kate de s'écrier : Pis l'frérot t'a manqué ton plongeon mouhamouhamouha hahahaha! 

Jay l'air interrogateur et perdu, la larme à l'oeil : El frérot? C'est quoi l'affaire?

Kate : Ah laisse faire, sortons d'ici. 

Et c'est à cet instant que Kate remarqua, sous sa lunette fumée, que son adoré comédien avait quelque chose qui ressemble à une tétine sur l'épaule, ce qui la décontenança un brin. 

Well... la journée se poursuivit. 

Après quelques push-up sul bord de la piscine pour essayer de feindre une forme physique remarquable, Kate en arriva à la conclusion qu'elle avait l'air vraiment folle et se résigna à aller dans le spa. Jay la suivit aussitôt, la brioche écarlate.

Jay dans sa tête : Fini les plongeons...pu jamais!

Relaxes dans le spa, avec une vue splendide sur le Saint-Lawrence River, Kate et Jay sirotaient un drink langoureusement. C'est ça le bonheur, être ensemble après moult péripéties, après des nuits multiples sans dormir... se reposer au soleil ardent, en amoureux, et en santé.

S'amène dans le spa, question de briser le rêve éveillé des jeunes passionnés, un mastodonte aux environs de 250 lbs, les pieds longs comme des bateaux, poilu comme un singe. On aurait dit que le type portait un gilet noir, mais NON, du poil couleur charbon lui recouvrait le torse et le dos en entier.



Kate le visage dégoûté : Ok on sort d'icitte, ça m'écoeure! 

Jay : J'pense que mon déjeuner ne passe pas!

Kate : NOW!!!!!!!!

Jay : J'ai mal au coeur, les oeufs tu crois? C'est peut-être la mousse aux fraises. 

Affichant de larges sourires courtois, le couple décide alors de rejoindre leur chambrette dénivellée et détruite pour faire la sieste. De passage sur la passerelle extérieure, Kate remarqua :

''Y'a beaucoup de vieux couples ici, des personnes plus âgées hein? C'est beau de les voir encore si amoureux, regarde Jay le couple de petits vieux devant nous comme ils sont cutes. Finalement, c'est beau vieillir...''

Et c'est là que...

La vieille dame marchant main dans le main avec son tendre époux lâcha une flatulence bruyante en plein visage des tourtereaux. Un gaz d'échappement qui leur laissa l'air pantois. 


La dame âgée s'est retournée pour s'excuser de son prout inopiné comme si de rien n'était.

Kate : Rien de plus normal, un pet sul fly de même!!!!!

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FOU RIRE

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La sieste fut reposante jusqu'à ce qu'une famille de 25 arrive dans la chambre au-dessus de leurs têtes. Vingt-cinq ou quatre, bref le bruit était incessant. 

Tout le long de leur séjour, Kate et Jay remarquèrent que tous les employés de l'hôtel leur faisait des clin d'oeil et les saluaient gaiement à tous moments. Même que le beau jeune homme qui est venu réparer la tête de lit leur glissa quelques blagues sur leurs soi-disant ébats torrides... 

Le couple : Hummm non c'est pas ce que vous pensez. On a juste voulu tasser le lit et tout est parti avec. 

L'homme à la perçeuse : Oui ils disent tous ça. Ne vous inquiétez pas, ça arrive super souvent.

Le couple : Hummm oui peut-être, mais nous ce n'était pas ça là là.

L'homme, une vis entre les dents : Ben oui mouhamouhamouhaaaaa ahahahaha ahahahahaha!

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Soupir

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Bon, et la fin du séjour arriva. 

L'escale fut mémorable. Entre une joute de ping-pong échevelée, des fous rires marquants, des couchers de soleil radieux, ben du poil dans le spa et des pets de vieilles, il y eut aussi des moments d'apaisement. L'instant de fermer les yeux et se dire : Wow, on ne serait pas plus heureux ailleurs. 

Parce qu'il n'y a rien de parfait, nulle part. 

Pas besoin d'aller au bout du monde puiser le GRAND bonheur dans les eaux turquoises quand on a quelqu'un avec qui rire aux éclats et s'enlacer tendrement dans un lit... tout croche! 




Kate et Jay 2016