samedi 9 mai 2015
Les boudins parfaits de Kate
Kate la magnifique a accouché. Les médias sociaux se sont enflammés, le Royal baby numéro 2 est né il y a quelques jours, une petite fille au sang royal qui sera certainement belle, populaire et... riche.
Kate la magnifique est sortie de la maternité 10 heures après y être rentrée. Quoi, pardon? Seulement après 10 heures? L'air frais, à côté de son Prince qui ressemble à un vieux mon oncle de 60 ans, Kate a accouché dans le temps de le dire de la petite Charlotte et elle repart sur ses deux pieds prête à aller courir le marathon.
Y'a pas à dire Kate est une extraterrestre. Sa mine radieuse à la sortie de l'hôpital a de quoi faire envier : port altier, petite robe jaune estivale qui vaut plusieurs bidous, sourire lumineux, brushing parfait. Comme on dit, y'a pas un accouchement de pareille hein?! J'ai passé trois jours à la maternité, après 24 heures d'efforts et je peux vous dire que ma tignasse ressemblait plutôt à une botte de foin grasse. J'avais des cernes noirs sous les yeux, le corps démantibulé et les seins comme deux ballons de foot au vif.
Kate, elle, salue la foule avec grâce (et non grasse), elle n'a même pas eu l'air d'avoir souffert. Quand on est duchesse, a-t-on droit à 3 épidurales?
Nonnnnnnnn, Kate est une héroine des temps modernes, elle l'a l'affaire. Elle est Noble, aux toilettes, ses boudins sont parfaits. Et imaginez si elle avait du sang royal, elle aurait peut-être accouchée en moins de 5 heures. Je suis un peu sarcastique, je l'avoue. Jalouse? Non. La pauvre, obligée de faire des bye bye à tout le monde après avoir contractionnée et dilatée, une Always dans les bobettes. Il faut de la classe et beaucoup de patience pour marcher au côté d'un Prince. Tout sourire. Être généreux de sa vie privé.
Un prince au sang royal, au sang bleu en plus. Parce que vous et moi, je vous l'apprend, il est rouge, il ne vaut rien, il ne vient pas de la haute. Un sang par excellence qui détrône tous les nôtres. Un mythe qui perdure et qui me fait bien rire, car pour autant que je le sache, on chie tous des bronzes.
Les chanceux, ils sont supérieurs biologiquement. Ahlala!
J'en reviens à la belle Kate à qui, soit dit en passant, je volerais la garde-robe mais en prenant 8 tailles au dessus. Kate est forte, il faut de la prestance faire ce qu'elle fait. Bon, elle n'aura rien à glander en rentrant au Palais, à part se reposer et aller au petit coin, mais il faut être véritablement fait fort pour faire tous ces sparages. BRAVO!
Entoucas. Kate a accouché. Son bid est déjà plus petit que le mien qui a accouché depuis 2 ans. Elle est belle, elle est douce, gentille, attentionnée, elle accouche le champignon dans le tapis, elle a un teint de pêche. Il paraît qu'elle cuisine comme un Chef et qu'elle est une maîtresse d'intérieur hors pair, tout ça oui accompagnée de tout le personnel du Buckingham Palace. Une femme ordinaire et simple, comme nous les filles.
Sans aucun sarcasme ici, je lui souhaite que du bonheur. Pour vrai. Je ne sais pas si ça me fait rêver tout ça ou si seulement ça me désappointe, me rend triste, m'interroge. Kate est une bonne maman et une femme extra j'en suis certaine. Elle a ce petit je-ne-sais-quoi dans l'oeil qui me fait croire qu'elle est vraiment au top comme fille.
Mais Bachar El Assad tue son monde, la mer Méditérannée regorge de morts, Harper déteste Omar Khadr, Raif Badawi se fait fouetter, quiconque va en Afghanistan a le coeur brisé, ça manifeste au Burundi, rapprochement historique entre Cuba et les États-Unis, le groupe Boko Haram regorge de chiens sales diaboliques,...
Et le monde a les yeux écarquillés pour voir la petite Charlotte Élizabeth Diana et le brushing parfait de Kate. Et moi-même sur ces robes, parfois.
Quel désarroi.
mercredi 29 avril 2015
Renouveau
Ahhhhhhhhh qu'il est bienvenu ce temps de renouveau, on n'y croyait presque plus. Quelques bourgeons qui naissent ici et là et qui n'attendent qu'un peu plus de chaleur pour éclore. À chaque année, mes premières marches printanières me poussent à réfléchir sur ma vie, sur mon intérieur, sur mes sens, mes sentiments, mes états d'âme. J'ai toujours les mêmes interrogations, est-ce à dire que je n'évolue pas, que je fais du surplace, que je ne m'améliore pas? Quoiqu'il en soit, la nature est toujours là pour nous rappeler qu'on est si petit à côté d'elle et si fragile aussi.
J'écoute ce que les gens me disent, je regarde ce qu'ils deviennent, je ressens leurs angoisses, leurs peines, leurs joies. Je reste attentive aux autres et ça, ça ne change pas. Parfois j'ai l'impression de me faire dépasser par tout le monde, justement parce que j'analyse trop, je me pose trop de questions, trop attentionnée peut-être que je me perds dangereusement. Est-ce un signe d'intelligence, de l'envie, de la lassitude, de la critique gratuite, de la bonté, de la lâcheté?
Chaque été, je pense laisser mon emploi pour devenir crémière dans un petit stand à crèmes glacées. Je serais tellement heureuse là, à rendre heureux les enfants, les adultes qui se délectent l'espace d'un moment. Leur faire les meilleures glaces en ville, prendre le temps de partager, de rire, de voir les gens se réconforter à travers leur saveur favorite. Puis, je reviens sur terre, la terre des condamnés.
Il faut faire des choix. Est-ce que ce serait si pire que ça, gagner quelques pécules, mais être plus calme et plus encrée?
Enfant, je me voyais autrement. Je n'étais pas où je suis, c'est dire que la vie nous mène là où on ne s'y attend pas. Pourquoi pour l'un c'est vrai, pour l'autre c'est faux?! "Moi j'ai toujours voulu devenir avocate et j'ai réussi, je n'ai pas laissé tomber!!!" Ces phrases-là me rendent dedans, ça m'aspire vers le creux, est-ce que j'ai été si maladroite que ça pour ne pas avoir l'emploi rêvé? Et c'est quoi mon emploi rêvé? Est-ce que je l'ai déjà? Est-ce que j'y goûterai un jour? Est-ce que je suis la seule à ne jamais être satisfaite? J'ai pas de chance, je ne suis pas là au bon moment, je n'ai pas assez d'audace?
Au parc, les écureuils sont fous de joie. J'entends les oiseaux quand je ferme les yeux et je me trouve chanceuse d'avoir encore assez de profondeur pour apprécier ces moments. J'arrive encore, plutôt rarement, à garder le focus sur ces moments de pureté absolue. L'eau de la rivière a repris sa course, elle ne s'arrêtera pas de sitôt. Elle attend le retour des canards et bernaches. Je serai encore là pour les admirer cet été. J'irai parler aux rochers, je saluerai les poissons, j'irai courir à travers les sentiers, je m'assoirai dans l'herbe pour pleurer et je sourirai à grande bouche en chauffant mon vélo.
Armé de mon torticolis, un bras ballant au rythme du pas cadencé militaire et l'autre, qui bouge à peine parce qu'il a mal, j'avance, j'avance, j'avance. Les yeux cernés comme jamais, le corps éreinté, la fatigue jusqu'à la moelle, je résiste. J'ai pas le choix. J'ai la chance d'être sur mes deux jambes et de voir tout ça, de pointer les lapins moelleux dans le ciel à côté de mon fils. D'apprivoiser une coccinelle, de regarder danser les arbres, de nommer tous les animaux de la terre cent fois par jour ;) J'aime ça, j'aime ces moments-là. Comment faire pour qu'ils perdurent plus de 2 heures par jour?
Cette année, je vais tenter de trouver d'autres petits bonheurs qui me remplissent les veines de cette drogue dure qu'est l'amour et de réfléchir comme il le faut à ce que j'aimerais...
VRAIMENT!
J'écoute ce que les gens me disent, je regarde ce qu'ils deviennent, je ressens leurs angoisses, leurs peines, leurs joies. Je reste attentive aux autres et ça, ça ne change pas. Parfois j'ai l'impression de me faire dépasser par tout le monde, justement parce que j'analyse trop, je me pose trop de questions, trop attentionnée peut-être que je me perds dangereusement. Est-ce un signe d'intelligence, de l'envie, de la lassitude, de la critique gratuite, de la bonté, de la lâcheté?
Chaque été, je pense laisser mon emploi pour devenir crémière dans un petit stand à crèmes glacées. Je serais tellement heureuse là, à rendre heureux les enfants, les adultes qui se délectent l'espace d'un moment. Leur faire les meilleures glaces en ville, prendre le temps de partager, de rire, de voir les gens se réconforter à travers leur saveur favorite. Puis, je reviens sur terre, la terre des condamnés.
Il faut faire des choix. Est-ce que ce serait si pire que ça, gagner quelques pécules, mais être plus calme et plus encrée?
Enfant, je me voyais autrement. Je n'étais pas où je suis, c'est dire que la vie nous mène là où on ne s'y attend pas. Pourquoi pour l'un c'est vrai, pour l'autre c'est faux?! "Moi j'ai toujours voulu devenir avocate et j'ai réussi, je n'ai pas laissé tomber!!!" Ces phrases-là me rendent dedans, ça m'aspire vers le creux, est-ce que j'ai été si maladroite que ça pour ne pas avoir l'emploi rêvé? Et c'est quoi mon emploi rêvé? Est-ce que je l'ai déjà? Est-ce que j'y goûterai un jour? Est-ce que je suis la seule à ne jamais être satisfaite? J'ai pas de chance, je ne suis pas là au bon moment, je n'ai pas assez d'audace?
Au parc, les écureuils sont fous de joie. J'entends les oiseaux quand je ferme les yeux et je me trouve chanceuse d'avoir encore assez de profondeur pour apprécier ces moments. J'arrive encore, plutôt rarement, à garder le focus sur ces moments de pureté absolue. L'eau de la rivière a repris sa course, elle ne s'arrêtera pas de sitôt. Elle attend le retour des canards et bernaches. Je serai encore là pour les admirer cet été. J'irai parler aux rochers, je saluerai les poissons, j'irai courir à travers les sentiers, je m'assoirai dans l'herbe pour pleurer et je sourirai à grande bouche en chauffant mon vélo.
Armé de mon torticolis, un bras ballant au rythme du pas cadencé militaire et l'autre, qui bouge à peine parce qu'il a mal, j'avance, j'avance, j'avance. Les yeux cernés comme jamais, le corps éreinté, la fatigue jusqu'à la moelle, je résiste. J'ai pas le choix. J'ai la chance d'être sur mes deux jambes et de voir tout ça, de pointer les lapins moelleux dans le ciel à côté de mon fils. D'apprivoiser une coccinelle, de regarder danser les arbres, de nommer tous les animaux de la terre cent fois par jour ;) J'aime ça, j'aime ces moments-là. Comment faire pour qu'ils perdurent plus de 2 heures par jour?
Cette année, je vais tenter de trouver d'autres petits bonheurs qui me remplissent les veines de cette drogue dure qu'est l'amour et de réfléchir comme il le faut à ce que j'aimerais...
VRAIMENT!
lundi 6 avril 2015
"Le plus fort c'est mon père"!
Je te suivais partout lorsque j'étais petite, y'avait pas un endroit où je n'aimais pas aller avec toi, même là où tu allais travailler. J'embarquais dans les gros trucks avec toi direction un "trouble électrique" quelque part. Je ne m'en rappelle plus tellement, mais les photos le démontrent, je dormais souvent dans tes bras pour ma sieste. Aujourd'hui, c'est mon fils qui dort au creux de mes branches. Je te suivais pas à pas, je te mettais des plats de la cuisine sur la tête et ça me faisait tellement rire.
Aujourd'hui, me voilà à mon tour parent. Je ressens probablement le même amour envers mon enfant que toi tu ressentais et ressens encore pour ma soeur et moi. Les années ont passées, celles où j'étais toute petite, enfant. Parfois, j'ai encore l'impression d'être ta petite fille tellement tu t'en fais pour nous. Papa, tu vieillis, mais nous aussi ;)
C'est ton anniversaire aujourd'hui, et plusieurs printemps ont passés depuis... Pour toi, c'est la route qui s'allonge, où il y a eu des obstacles, mais Oh combien de beaux moments. Quelques rides en sus autour des yeux, c'est normal. L'âge ne vient pas sans marques, mais il vient aussi avec un peu plus de sérénité et c'est magnifique. Suffit de vieillir jeune, de continuer à apprendre, à lire, à voyage, à rêver...
"Le plus fort c'est mon père" parce que tu es toujours là, bien droit, le dos fort comme le tronc d'un chêne. Mon tout petit papa, tout frêle, mais aussi fort que les briques d'une maison que nous n'avons peut-être pas, mais aussi puissant que l'amour que l'on te porte.
Je suis fière de l'amour que tu donnes à la nature et aux animaux, ils te le rendent bien. Quelle grande délicatesse que de rester des heures à les observer, pour les aimer, les photographier, les nourrir. Tu as trouvé le plus beau des passe-temps, celui de respirer le grand air et d'aider ce qui nous entoure. Je suis fière des photographies qui représentent ta vie, tes alentours, tes émotions. Ta patience donne belle allure à tes épreuves. Et je suis tellement fière de te voir t'entraîner, de boxer, d'entraîner des gens chez-toi, de faire 100 abdos sans te fatiguer, de te voir sauter à la corde moins essoufflé que la plupart de mes potes hahaha. Tu es pour moi une motivation et une grande fierté. Je parle toujours de toi avec admiration.
Mon papa, météorologue dans une autre vie, celui qui déteste les hivers et adore les étés. Je tairai ton âge, mais de toute façon tu ne les fais pas. C'est pas parce qu'on a X balais qu'on a l'esprit éteint. Au contraire. Je sens en toi le vouloir de t'améliorer de jour en jour, de laisser aller peu à peu le passé pour te concentrer sur le présent - il n'est jamais trop tard. Moi, j'ai les yeux rivés sur tes actions et c'est de ça que les enfants apprennent, de ça qu'ils sont fiers. Alors quoi que tu fasses, quoi que tu entreprends, tes filles, ton petit-fils Milan et ta petite puce Anaïs te regarde pour marcher dans tes pas. Que tu sois à pied, en raquette, en skidoo, en skis, en voiture, en vélo, n'abandonne pas et avance avec tout ce que ça implique. Un jour à la fois.
Quoi te souhaiter de plus que de préserver ta santé. Ne pas trop t'en faire quand la neige tombe ou que la pluie est diluvienne, regarde tout ça avec un oeil chanceux. Tu es encore jeune pour réaliser un petit voyage, je te souhaite ardemment de gagner à la loterie $$$$$$! Quoi de plus revigorant que de passer du temps avec les tiens, surtout avec ton petit-fils alors je te souhaite plusieurs allées et venues à Montréal. Au fil du temps, je te souhaite la sérénité, la tranquillité et des nuits sans angoisse. Bonheur, amour et fous rires (ça je m'en charge)!
À mon petit papa, à la fois fragile et fort, JOYEUX ANNIVERSAIRE! Tu n'es pas seul sur ta banquise à Saint-Roch-des-Aulnaies...
Et Alexandre Jardin a dit : "Quand on n'a pas de père, on n'a pas de parapluie". Et bien moi j'ai le mien, car même sous le déluge, je sais que tu es là pour moi. Bonne fête mon papa! Je t'aime xx
jeudi 19 février 2015
Les phoques en Alaska
On a quasiment l’air de ça depuis des semaines : de phoques en Alaska, de pingouins du Grand Nord, d’ours blancs de l’Arctique.
La complainte est étendue. Le réveil est brutal à chaque matin, les yeux collés rivés sur le thermostat. « Ostie qui fait frette! » Le temps gris, les arbres démunis, le ciel qui se prend pour un vieux motard à la barbe blanche, les trottoirs salés gelés. On s’arme d’une tuque doublée, d’un bon gros foulard et d’un manteau pour aller à la guerre hivernale. Dès le retour à la maison le soir, on s’emmitoufle dans une couette ou un vieux jogging réconfortant. Y’a pas à dire :
« Mon pays ce n’est pas un pays, c’est l’hiver »!
Les sourires sont refroidis. Les yeux réfrigérés. Ça sent la mijoteuse dans les maisonnées. On n’aura jamais mangé autant de viande pour s’engraisser la chair. Enwwwoye les patates, en frites, en purée, en cubes, en gratin dauphinois pis au four, on se revigore les sens dans l’assiette.
Coincés dans les bas-fonds de l’hiver, on essaie de se sortir de là du mieux que l’on peut. Même les amoureux du Général hiver en ont un peu marre de ce temps imperturbable. C’est bien beau se dire qu’il faut se coller pour se réchauffer, quand t’a qu’une peluche ou ton chat pour le faire, c’est moins brûlant.
Il y a pourtant un côté poétique à ce désert immaculé blanc. Les paysages glacés qui nous font plisser des yeux quand reluisants au soleil. Cet air pur qui, quand il entre dans nos poumons, nous donne envie de parcourir le monde. Ce n’est pas l’air humide de nos 40 degrés montréalais qui nous donne cette convoitise. Et puis sans cet air figé, on oublierait à quel point ça sent bon le bois qui brûle dans le foyer, on ne saurait plus à quoi ça goûte une soupe à l’oignon gratinée, on ne savourerait plus le plaisir de faire l’ange dans la neige, de se prendre pour une patineuse artistique sur la patinoire ou pour Crosby les patins aux pieds, de boire tisane après tisane pour se réchauffer l’intérieur. Ce n’est pas l’été qu’on peut s’enrouler dans une douillette pour lire un livre la tête perdue dans une infusion à lavande et Tulsi. Ahhhhhh et y’ont l’air de quoi les ti-cailles sans tuque quand il fait – 30? C’est pour ça que c’est si beau voir juste le bout du nez d’une personne emballée dans une parka. J’avoue que les jupes estivales ont probablement plus la cote auprès des hommes qu’une grosse doudoune d’hiver, mais bon à chaque saison ses beautés.
« Putain faut que j’aille déblayer le char pis la cour! » Rien d’emballant. À moins de se dire que ça nous tient en forme et que ça nous fait prendre l’air. J’en entends déjà me crier par la tête : « Come on Karine, slaque un peu stie, rien de l’fun à se les geler! » Woin ok, mais le chocolat chaud aux guimauves est meilleur après du gros pelletage. On n’allume pas de chandelles l’été, à moins d’une panne due aux orages, mais l’hiver y’a des bougies d’allumées un peu partout dans les foyers et elles apaisent le moral. Heureusement me direz-vous.
J’avoue qu’il est atrocement dur notre hiver. Aller jouer dehors n’est pratiquement pas possible tellement il fait froid. Même bien habillés. La face séchée par le vent glacial, les rides qui se creusent, les cernes qui virent au violet, les mains gercées, les cuisses qui piquent, le mascara qui coule, le teint verdâtre (pour ceux qui n’ont pas la chance d’aller roucouler dans le Sud), etc. Ce n’est pas jojo j’en conviens. Sans hiver, le printemps serait moins charmant. J’essaie d’être positive là.
Il ne faut pas lâcher. Accrochons-nous à un bonhomme de neige. N’essayer surtout pas de frencher un poteau de téléphone, ça risquerait de vous traumatiser. « Heureux d’un hiver qui me gèle la couenne », ça pourrait devenir un hit. J’ai essayé de porter du rouge hier pour me réchauffer, nan ça n’a pas fonctionné. On m’a même dit que j’avais l’air fatigué : Merci!
Je vous laisse sur ce coup d’œil par la fenêtre qui illustre un ciel qui pleure des flocons. Je vous laisse sacrer en paix. Je vous laisse vous réconforter comme vous le pouvez en attendant le pollen. Je vous laisse déprimer devant les téléromans, mais je ne vous laisse pas vous engloutir. Je vous réchauffe avec un bec.
Bonne fin d’hiver.
jeudi 29 janvier 2015
Descente en enfer
Depuis plusieurs années déjà, par moments, elle souffre énormément. Si intensément que ses tripes se crispent, que son coeur se déchaîne, que tout son corps s'engourdit. Son esprit frôle la folie. Ce même esprit n'est plus dans le même monde que les gens autour d'elle, il est parti très très très loin, dans les bas fonds les plus sombres. Ses yeux perdent le Nord, ils fixent les murs, car ils ont besoin d'un repaire. En fait, ses yeux fixent son mental, c'est comme ça qu'elle l'explique. Son regard se perd, mais à la fois il s'accroche. Dans ce même regard : l'immense angoisse. Il paraît même quand la regardant, on réussi à voir cette peur fulgurante.
Cette femme, c'est moi.
Je cause pour la cause (Bell causait pour la cause aujourd'hui 30 janvier 2019)
J'ai beau vouloir mettre des mots sur ce mal qui me gruge, je n'arrive pas à exprimer toute la douleur ressentie quand je suis atteinte d'une foudroyante crise d'angoisse. Elles sont arrivées dans ma vie lorsque j'étais très jeune, elles feront partie de moi à jamais, même si aujourd'hui je connais les signes avant-coureurs.
Lui, elle, vous et moi. Je ne suis pas la seule, mais je suis la seule à connaître ce qui m'arrive vraiment et ce mal irréductible qui me dépouille l'intérieur. Le souffle court, l'horrible pensée répétitive que la mort s'en vient en courant. Le cœur qui veut te sortir du ventre, tu veux l'aider à se calmer, mais ton esprit est déjà dans un état coffré et prisonnier. Tes membres sont tellement engourdis que tu as la peur au ventre de mourir. Tu as beau respirer et t'accrocher à une image qui te réconforte, ça ne fonctionne pas si facilement. Parfois même, ça ne marche pas.
Tellement souffrant que tu perds tous tes moyens. Tu entres dans un jeu infernal, ça tourne, ça va trop vite, c'est extrêmement épuisant. Ça équivaut à des coups de fouet qui te creuse la chair, mais c'est dans ton for intérieur que ça se passe. Ta respiration est tellement saccadée que tu es sûre d'une seule chose, tu vas mourir ou virer fou. Il n'y a pas d'autres cases comme au Monopoly. La mort ou la folie. Dans ta tête, ce sont tes deux plus grandes peurs. Quand ça arrive, ça dure des heures, des jours, parfois des semaines. Les miennes sont terribles, elles me jettent au tapis et me mettent chaos.
L'angoisse telle que je la connais (crises d'angoisse ou d'anxiété), me paralyse. Mes membres ne fonctionnent plus. Je peux à peine marcher. Mes jambes peuvent trembler pendant des heures. Je deviens prisonnière de mon corps. Mes dents claquent ensemble, je fais peur, je me fais peur. La souffrance qui m'habite est indescriptible et je ne veux pas que personne la rencontre un jour. C'est EFFROYABLE.
Ta tête est partie ailleurs, dans les ténèbres. Rien à voir avec la dépression ou une attitude négative envers la vie. RIEN À VOIR. Ceux qui disent ça, n'y connaisse rien.
"Arrête de t'en faire pour tout, respire doucement, calme-toi, c'est pas la fin du monde!"
Oui!!!! Oui c'est la fin du monde pour moi. Il n'y a plus de porte de sortie. Tu as tellement peur que même les larmes ont la frousse de sortir. Tu dois rester en vie, alors il faut s'accrocher, respirer, essayer de contrôler (même s'il ne le faut pas finalement), boire de l'eau en tremblant de tout ton être, fermer les yeux - non les ouvrir - non les fermer - non les ouvrir.
En période normale, je sais que l'angoisse ne tue pas. En pleine crise, tu ne le sais plus. J'ai peur, ça ne va pas, mon cœur crie à l'aide et toute ma tête aussi. Aidez-moi, je ne veux pas mourir ou me faire kidnapper par la folie!!!!! SOS!
Ça passe toujours. Ça peut prendre des heures ou des jours. Ça passe, mais ça revient toujours aussi. Un monstre sous le lit.
Moi, je n'ai pas mal au genou, mais j'ai mal en-dedans parfois. Ça fait tellement mal que je n'arrive pas à l'expliquer comme il faut. J'ai longtemps eu peur des remarques désobligeantes, des regards tordus, des phrases du genre : "Arrêtes de stresser voyons, tu t'en fais pour rien, moi je ne comprends pas ça les gens qui font des crises d'anxiété, ça doit pas être si pire que ça, faut relativiser dans la vie, etc."
TA GUEULE!!!!!!!! Tu ne sais pas ce que je vis et ne souhaite pas le savoir non plus. Et chacun vit ses propres crises, elles sont tellement mesquines, qu'elles sont toutes différentes.
La santé mentale c'est encore un sujet tabou. Ça fait tellement mal pour ceux qui en souffrent et pour ceux qui vivent avec les personnes avec ces troubles anxieux. J'ai décidé de parler aujourd'hui. Je m'en fou de ce que les autres peuvent penser, car moi je m'accroche aux discours réconfortants de ceux qui souffrent aussi comme moi de cette maladie et qui osent en parler. Voyez-vous, dans le temps, j'étais contente que Stefie Shock en parle, même si nos angoisses sont différentes. Je m'accrochais à l'idée qu'un chanteur que j'aime puisse fonctionner normalement même avec une telle souffrance qui va et vient dans nos vies.
Au jour le jour, je prends tous les moyens possibles pour me sortir de ce sable mouvant. Aujourd'hui, j'y arrive de plus en plus, mais ça fait partie de moi et ça me définit aussi telle que je suis : authentique. Autour de moi, différemment, d'autres souffrent aussi.
Je cause pour la cause et prends par la main ceux qui tout comme moi vivent avec ce mal incommensurable.
N'oubliez jamais ça : ça finit toujours par passer...
Cette femme, c'est moi.
Je cause pour la cause (Bell causait pour la cause aujourd'hui 30 janvier 2019)
J'ai beau vouloir mettre des mots sur ce mal qui me gruge, je n'arrive pas à exprimer toute la douleur ressentie quand je suis atteinte d'une foudroyante crise d'angoisse. Elles sont arrivées dans ma vie lorsque j'étais très jeune, elles feront partie de moi à jamais, même si aujourd'hui je connais les signes avant-coureurs.
Lui, elle, vous et moi. Je ne suis pas la seule, mais je suis la seule à connaître ce qui m'arrive vraiment et ce mal irréductible qui me dépouille l'intérieur. Le souffle court, l'horrible pensée répétitive que la mort s'en vient en courant. Le cœur qui veut te sortir du ventre, tu veux l'aider à se calmer, mais ton esprit est déjà dans un état coffré et prisonnier. Tes membres sont tellement engourdis que tu as la peur au ventre de mourir. Tu as beau respirer et t'accrocher à une image qui te réconforte, ça ne fonctionne pas si facilement. Parfois même, ça ne marche pas.
Tellement souffrant que tu perds tous tes moyens. Tu entres dans un jeu infernal, ça tourne, ça va trop vite, c'est extrêmement épuisant. Ça équivaut à des coups de fouet qui te creuse la chair, mais c'est dans ton for intérieur que ça se passe. Ta respiration est tellement saccadée que tu es sûre d'une seule chose, tu vas mourir ou virer fou. Il n'y a pas d'autres cases comme au Monopoly. La mort ou la folie. Dans ta tête, ce sont tes deux plus grandes peurs. Quand ça arrive, ça dure des heures, des jours, parfois des semaines. Les miennes sont terribles, elles me jettent au tapis et me mettent chaos.
L'angoisse telle que je la connais (crises d'angoisse ou d'anxiété), me paralyse. Mes membres ne fonctionnent plus. Je peux à peine marcher. Mes jambes peuvent trembler pendant des heures. Je deviens prisonnière de mon corps. Mes dents claquent ensemble, je fais peur, je me fais peur. La souffrance qui m'habite est indescriptible et je ne veux pas que personne la rencontre un jour. C'est EFFROYABLE.
Ta tête est partie ailleurs, dans les ténèbres. Rien à voir avec la dépression ou une attitude négative envers la vie. RIEN À VOIR. Ceux qui disent ça, n'y connaisse rien.
"Arrête de t'en faire pour tout, respire doucement, calme-toi, c'est pas la fin du monde!"
Oui!!!! Oui c'est la fin du monde pour moi. Il n'y a plus de porte de sortie. Tu as tellement peur que même les larmes ont la frousse de sortir. Tu dois rester en vie, alors il faut s'accrocher, respirer, essayer de contrôler (même s'il ne le faut pas finalement), boire de l'eau en tremblant de tout ton être, fermer les yeux - non les ouvrir - non les fermer - non les ouvrir.
En période normale, je sais que l'angoisse ne tue pas. En pleine crise, tu ne le sais plus. J'ai peur, ça ne va pas, mon cœur crie à l'aide et toute ma tête aussi. Aidez-moi, je ne veux pas mourir ou me faire kidnapper par la folie!!!!! SOS!
Ça passe toujours. Ça peut prendre des heures ou des jours. Ça passe, mais ça revient toujours aussi. Un monstre sous le lit.
Moi, je n'ai pas mal au genou, mais j'ai mal en-dedans parfois. Ça fait tellement mal que je n'arrive pas à l'expliquer comme il faut. J'ai longtemps eu peur des remarques désobligeantes, des regards tordus, des phrases du genre : "Arrêtes de stresser voyons, tu t'en fais pour rien, moi je ne comprends pas ça les gens qui font des crises d'anxiété, ça doit pas être si pire que ça, faut relativiser dans la vie, etc."
TA GUEULE!!!!!!!! Tu ne sais pas ce que je vis et ne souhaite pas le savoir non plus. Et chacun vit ses propres crises, elles sont tellement mesquines, qu'elles sont toutes différentes.
La santé mentale c'est encore un sujet tabou. Ça fait tellement mal pour ceux qui en souffrent et pour ceux qui vivent avec les personnes avec ces troubles anxieux. J'ai décidé de parler aujourd'hui. Je m'en fou de ce que les autres peuvent penser, car moi je m'accroche aux discours réconfortants de ceux qui souffrent aussi comme moi de cette maladie et qui osent en parler. Voyez-vous, dans le temps, j'étais contente que Stefie Shock en parle, même si nos angoisses sont différentes. Je m'accrochais à l'idée qu'un chanteur que j'aime puisse fonctionner normalement même avec une telle souffrance qui va et vient dans nos vies.
Au jour le jour, je prends tous les moyens possibles pour me sortir de ce sable mouvant. Aujourd'hui, j'y arrive de plus en plus, mais ça fait partie de moi et ça me définit aussi telle que je suis : authentique. Autour de moi, différemment, d'autres souffrent aussi.
Je cause pour la cause et prends par la main ceux qui tout comme moi vivent avec ce mal incommensurable.
N'oubliez jamais ça : ça finit toujours par passer...
dimanche 4 janvier 2015
Le grand retour
Ça n'a pas de sens comme ça a passé vite. 1 an et demi que je suis en congé de maternité, je n'ai pas vu le temps filé... ah oui, je l'ai bien vu sur le cadran les nuits sans dormir :)
Et demain, c'est le grand retour au travail. Ne me demandez pas si j'en ai envie...
Entre 4 murs beiges en tissu, un tapis gris humide qui pue et une ambiance de boudin passé date, disons que j'aurais bien choisi de rester emmitouflée avec mon petit chou et découvrir les beautés de la nature. Dessiner. Prendre le thé.
Malheureusement, l'argent ne pousse pas dans les arbres du parc. Vous savez, ce papier imprimé qui mène le monde? Avec ce bel argent, nous pourrons joyeusement nous payer une belle semaine de camping ou 1 semaine dans le Sud, une voiture, un condo trop petit, un sapin artificiel, un téléphone dit intelligent, du scintillant vernis, une pelle à neige (ou un souffleur), de la bouffe pour manger nos émotions et de beaux vêtements pour bien PARAÎTRE au travail, etc.
Ahhhhhh que de sarcasme. J'exagère, un tantinet. Je me sens l'âme aussi noire que du charbon quand je pense au fait que je verrai seulement mon enfant un gros 2-3 heures par jour. Le reste de la journée, il sera chez une dame que je connais à peine et qui s'en occupera plus que moi. Certains se sentent offusqués par mes lignes en lisant ça : voyons c'est la vie Karine. Arrête de te lamenter. Il va se faire des amis à la garderie. Faut ben travailler dans vie pour te jouir de la vie (???????). N'est-ce pas là les putains de mots qu'on nous sort pour nous faire sentir moins coupable de faire des milles pour aller travailler chaque jour qui se lève?
"Ben si t'es pas contente, reste chez-vous la grande!!!!", justement on n'a pas toutes le choix. Déjà, je me félicite et je m'accorde une ovation d'avoir mis des sous de côté pour avoir pris 6 mois en plus avec mon enfant. Le voir rire avec moi devant les bernaches l'été dernier, marcher au parc à travers les feuilles colorées de l'automne, le voir se délecter d'une bonne crème glacée à la crémerie du coin... J'ai passée de si beaux moments avec lui, au gré des saisons. J'ai vu ses premiers pas live.
Ce choix m'a coûté la peau du cul, mais si peu coûteuse finalement comparativement à la richesse que j'en ai retiré au coeur. J'en suis fière et très heureuse, mais je dois désormais retourner travailler pour amasser d'autres beaux dollars qui me permettront de me payer les vacances de l'été prochain avec ma famille. Deux semaines qui passeront vite comme l'éclair, où j'aurai de beaux bidous pour acheter de la crème à glace, mettre du gaz dans le char et me payer 2-3 restos.
Vu de même c'est déprimant en cibole. Pourtant, je suis tout dans la vie sauf une fille déprimée, j'avance avec tout ce que ça implique, mais j'ai un beau grand défaut, je m'interroge trop, je me pose trop de questions. Je décortique et ma tête tourne sans relâche. J'ai beau me demander comment je pourrais faire pour passer plus de temps de qualité en famille avec le si peu de temps qui me reste en revenant du travail éreinté, je ne trouve pas encore le secret. C'est peut-être le même que la Caramilk.
Voler une banque? Devenir tueuse à gages? Vendre de la drogue? Me marier avec un homme riche? Gagner à la loterie?
Il n'y en a pas de solution. J'aurais beau chercher de midi à quatorze heure, je vais devoir accepter candidement que les 2-3 heures par jour que j'aurai avec mon fils, je vais devoir respirer par le nez - malgré la fatigue et toutes les tâches ménagères - pour les passer en qualité à défaut d'avoir la quantité.
Entre deux rondelles de carottes et d'oignons, je vais essayer de danser une petite valse avec Milàn dans la cuisine, ou un rap pourquoi pas. Entre deux brassées, jouer à cache-cache, entre deux bisous avec mon chum, le prendre dans mes bras pour le consoler, entre deux lunchs, lui dire que je l'aime et que je suis là pour lui. On partagera la tâche du bain, pour avoir le temps de schtroumfer dans l'eau et de rire, on se fera un hot-dog sur son BBQ reçu à Noël, on se racontera des histoires et on essaiera le plus possible de rire à gorgée déployée comme nous l'avons fait les derniers mois. On se mangera de petits bout de melon d'eau ensemble et on s'échangera de magnifiques sourires en jouant au lego.
Zen comme une séance de tai chi, je vais m'asseoir dans le bus et métro demain matin. Je vais respirer lentement, doucement jusqu'à ce que mes poumons soient bien remplis de pollution (ben non je blague là). Je vais lire, pour m'évader. Fermer mes yeux pour sourire à Milàn qui sera entrain de jouer avec ses petits amis. J'arriverai au boulot en avalant le moton, en me disant qu'il y a bien pire. Je pourrais être couturière en Chine pour 2 $ par mois. J'accepterai de qui EST. J'ai un travail, j'ai dû bosser fort pour l'avoir et je suis fière de mon parcours, parce que j'ai été MOI.
Je viserai le courage, celui de changer les choses que je peux. Je ferai mon possible, sans plus. Ce que les autres penseront et diront de moi, je m'en câlisserai, parce que je sais ce que je vaux. Mon seul but dans ma petite vie d'automates sera d'être une automate particulière, charmante et naturelle. Je mettrai ma propre couleur à ces murs beiges, je marcherai droit devant sur le tapis gris qui pue. Je sourirai à l'ennemi qui nous rabaisse. Et je rentrerai chez-moi le soir en étant la meilleure femme, mère et amoureuse que je pourrai.
Merci à la vie de m'avoir permis de prendre 6 mois de plus avec mon fils. D'avoir pu profiter de moments indescriptibles avec lui, accompagnée d'une santé parfois chancelante, mais présente. Finalement, il y a du rose dans notre noir charbon, celui d'être avec ceux qu'on aime.
Et demain, c'est le grand retour au travail. Ne me demandez pas si j'en ai envie...
Entre 4 murs beiges en tissu, un tapis gris humide qui pue et une ambiance de boudin passé date, disons que j'aurais bien choisi de rester emmitouflée avec mon petit chou et découvrir les beautés de la nature. Dessiner. Prendre le thé.
Malheureusement, l'argent ne pousse pas dans les arbres du parc. Vous savez, ce papier imprimé qui mène le monde? Avec ce bel argent, nous pourrons joyeusement nous payer une belle semaine de camping ou 1 semaine dans le Sud, une voiture, un condo trop petit, un sapin artificiel, un téléphone dit intelligent, du scintillant vernis, une pelle à neige (ou un souffleur), de la bouffe pour manger nos émotions et de beaux vêtements pour bien PARAÎTRE au travail, etc.
Ahhhhhh que de sarcasme. J'exagère, un tantinet. Je me sens l'âme aussi noire que du charbon quand je pense au fait que je verrai seulement mon enfant un gros 2-3 heures par jour. Le reste de la journée, il sera chez une dame que je connais à peine et qui s'en occupera plus que moi. Certains se sentent offusqués par mes lignes en lisant ça : voyons c'est la vie Karine. Arrête de te lamenter. Il va se faire des amis à la garderie. Faut ben travailler dans vie pour te jouir de la vie (???????). N'est-ce pas là les putains de mots qu'on nous sort pour nous faire sentir moins coupable de faire des milles pour aller travailler chaque jour qui se lève?
"Ben si t'es pas contente, reste chez-vous la grande!!!!", justement on n'a pas toutes le choix. Déjà, je me félicite et je m'accorde une ovation d'avoir mis des sous de côté pour avoir pris 6 mois en plus avec mon enfant. Le voir rire avec moi devant les bernaches l'été dernier, marcher au parc à travers les feuilles colorées de l'automne, le voir se délecter d'une bonne crème glacée à la crémerie du coin... J'ai passée de si beaux moments avec lui, au gré des saisons. J'ai vu ses premiers pas live.
Ce choix m'a coûté la peau du cul, mais si peu coûteuse finalement comparativement à la richesse que j'en ai retiré au coeur. J'en suis fière et très heureuse, mais je dois désormais retourner travailler pour amasser d'autres beaux dollars qui me permettront de me payer les vacances de l'été prochain avec ma famille. Deux semaines qui passeront vite comme l'éclair, où j'aurai de beaux bidous pour acheter de la crème à glace, mettre du gaz dans le char et me payer 2-3 restos.
Vu de même c'est déprimant en cibole. Pourtant, je suis tout dans la vie sauf une fille déprimée, j'avance avec tout ce que ça implique, mais j'ai un beau grand défaut, je m'interroge trop, je me pose trop de questions. Je décortique et ma tête tourne sans relâche. J'ai beau me demander comment je pourrais faire pour passer plus de temps de qualité en famille avec le si peu de temps qui me reste en revenant du travail éreinté, je ne trouve pas encore le secret. C'est peut-être le même que la Caramilk.
Voler une banque? Devenir tueuse à gages? Vendre de la drogue? Me marier avec un homme riche? Gagner à la loterie?
Il n'y en a pas de solution. J'aurais beau chercher de midi à quatorze heure, je vais devoir accepter candidement que les 2-3 heures par jour que j'aurai avec mon fils, je vais devoir respirer par le nez - malgré la fatigue et toutes les tâches ménagères - pour les passer en qualité à défaut d'avoir la quantité.
Entre deux rondelles de carottes et d'oignons, je vais essayer de danser une petite valse avec Milàn dans la cuisine, ou un rap pourquoi pas. Entre deux brassées, jouer à cache-cache, entre deux bisous avec mon chum, le prendre dans mes bras pour le consoler, entre deux lunchs, lui dire que je l'aime et que je suis là pour lui. On partagera la tâche du bain, pour avoir le temps de schtroumfer dans l'eau et de rire, on se fera un hot-dog sur son BBQ reçu à Noël, on se racontera des histoires et on essaiera le plus possible de rire à gorgée déployée comme nous l'avons fait les derniers mois. On se mangera de petits bout de melon d'eau ensemble et on s'échangera de magnifiques sourires en jouant au lego.
Zen comme une séance de tai chi, je vais m'asseoir dans le bus et métro demain matin. Je vais respirer lentement, doucement jusqu'à ce que mes poumons soient bien remplis de pollution (ben non je blague là). Je vais lire, pour m'évader. Fermer mes yeux pour sourire à Milàn qui sera entrain de jouer avec ses petits amis. J'arriverai au boulot en avalant le moton, en me disant qu'il y a bien pire. Je pourrais être couturière en Chine pour 2 $ par mois. J'accepterai de qui EST. J'ai un travail, j'ai dû bosser fort pour l'avoir et je suis fière de mon parcours, parce que j'ai été MOI.
Je viserai le courage, celui de changer les choses que je peux. Je ferai mon possible, sans plus. Ce que les autres penseront et diront de moi, je m'en câlisserai, parce que je sais ce que je vaux. Mon seul but dans ma petite vie d'automates sera d'être une automate particulière, charmante et naturelle. Je mettrai ma propre couleur à ces murs beiges, je marcherai droit devant sur le tapis gris qui pue. Je sourirai à l'ennemi qui nous rabaisse. Et je rentrerai chez-moi le soir en étant la meilleure femme, mère et amoureuse que je pourrai.
Merci à la vie de m'avoir permis de prendre 6 mois de plus avec mon fils. D'avoir pu profiter de moments indescriptibles avec lui, accompagnée d'une santé parfois chancelante, mais présente. Finalement, il y a du rose dans notre noir charbon, celui d'être avec ceux qu'on aime.
jeudi 25 décembre 2014
Joyeuses Fêtes, Awigna-han!
À ma chère famille, mes amis de partout ici et là assis sur un bout de terre de la planète, à tous ceux qui sont partis visiter les étoiles, j'ai une belle grande pensée pour vous en ce jour de Noël.
Je ne m'épancherai pas bien longtemps sur ce qui doit être fait ou ne doit pas être fait pour Noël, pour le temps des fêtes, donner des leçons (même si je suis bonne là-dedans selon mon chum LOL) ça ne sert à rien. Noël ça se fête juste avec de l'amour (l'essentiel), chacun à sa façon, pour les bonnes raisons, pour saisir le moment et profiter de ce moment de répit avec ceux que nous aimons. J'aurais beau radoter qu'il est mieux de ne pas donner de cadeaux que le contraire, qu'il vaille mieux décorer que non, qu'il faille manger de la dinde à tout prix... Voyons! On s'en sacre de tout ça!
Bientôt, nous fermerons la porte de 2014 pour ouvrir celle de 365 jours à venir desquels nous ne connaissons rien encore. C'est un peu freakant, mais à la fois exaltant. L'inconnu des jours qui défileront au gré des saisons. Pour d'aucuns, c'est enfin de le temps de dire au revoir à une année difficile - un soulagement - pour d'autres, elle fut tellement mémorable qu'on voudrait qu'elle perdure une année encore.
Je ne sais pas pour vous, mais j'ai toujours un peu le coeur à la nostalgie quand arrive le temps des fêtes. Je repense à quelques souvenirs du passé, plus loin encore, lorsque j'étais plus petite et où toute ma famille se réunissait chez mes grands-parents. Ce temps là où encore, tout le monde était là, en santé, heureux. On arrivait là, emmitouflés comme pas possible. Les bottes formaient l'Everest tellement il y en avaient. La nuit de Noël était la plus belle, on la ressentait dans nos tripes. La féérie nous habitait. Le sourire accroché aux oreilles. Les jeux de cache-cache sous les manteaux de vison de nos matantes, le jeu de pichenottes chez ma grand-maman Gagnon, elle qui faisaient des beignes qui goûtaient le ciel, mes cousines qui jouaient du piano, les parents qui jouaient aux cartes... Et le pain de ménage chaud à mon autre grand-maman mimi, ses bonnes tablées, un tas d'émotions et de parlotte auxquelles je prêtais l'oreille pour comprendre tout ce que disait les adultes.
Les choses ont tellement changées, évoluées, plus rien ne ressemble à tout ça, mais ça peut être encore beau même si c'est autrement. Plusieurs gens que nous aimons nous ont quittés, c'est un bel hommage que de s'en souvenir en ces moments chaleureux et lumineux. On fait un chin-chin avec eux en regardant les étoiles : Joyeux Noël, on ne vous oublie pas.
Je comprends de plus en plus que mon amour pour Noël sera transmis à mon fils. Nous avons fait le sapin ensemble cette année, il m'a amené une à une les boules. Une seule de cassée hihi. Quand nous avons ouvert les lumières, il a crié émerveillé : WOW! Pour moi, ce sera dans les yeux de mon fils que je vivrai désormais la magie des fêtes. Je ne comprends pas encore comment des gens puissent dire c'est tellement plate les fêtes. Ennuyeux parce qu'on le veut bien ou encore qu'on ne saisit pas le moyen de partager. Les cadeaux en sont fous tellement! Partager une dinde dodue, préparer les décorations avec les enfants, cuisiner des biscuits colorés, embarquer dans l'imaginaire des petits. Je ne dis pas que tout est extraordinaire aux fêtes, il y a tellement de gens qui souffrent, qui n'ont rien à se mettre sous la dent, qui sont seul chez-eux. Quand j'y pense, les larmes jaillissent. Mais ce que je dois faire, c'est de tenter de les aider un brin soit peu, comme je le peux, mais aussi de profiter de ce que la vie m'offre à moi, la chance de pouvoir vivre ça en santé et avec ceux que j'aime cette année. La SANTÉ, je me/nous la souhaite!
Si on se doit de pleurer à Noël, que ce soit dans la joie qu'on le fasse, il y a tellement de gens qui ont de bonnes raisons de pleurer de tristesse. Enlaçons-nous, espérons-nous voir l'an prochain et laissons de côté les querelles familiales de pacotille qui gangrène nos intérieurs.
Alors moi, cette année, je vous invite à vous aimer, à danser autour du sapin même si ça vous donne l'impression d'avoir l'air fou. Il ne faut pas avoir peur du ridicule pour saisir le plaisir. Ça fera rire nos enfants et ça leur procurera des souvenirs mémorables, car au final comme le dit si souvent mon père : "Noël, c'est la fête des enfants!"
Je vous invite à regarder votre sapin autrement ce soir, en plissant les yeux. Je fais ça depuis que je suis toute petite. Les lumières deviennent tellement fines, lumineuses et cosmiques.
Ou encore, juste fermer les yeux un instant pour savourer ce petit moment où ça sent le feu de bois, l'air froid, le cipaille, la dinde au four... les aiguilles du sapin. Inspirez doucement, ça remplit les poumons d'une belle grande drogue : celle du bonheur.
Et un bec sur les lèvres sucrées de vos bout-de-chou!
Je ne m'épancherai pas bien longtemps sur ce qui doit être fait ou ne doit pas être fait pour Noël, pour le temps des fêtes, donner des leçons (même si je suis bonne là-dedans selon mon chum LOL) ça ne sert à rien. Noël ça se fête juste avec de l'amour (l'essentiel), chacun à sa façon, pour les bonnes raisons, pour saisir le moment et profiter de ce moment de répit avec ceux que nous aimons. J'aurais beau radoter qu'il est mieux de ne pas donner de cadeaux que le contraire, qu'il vaille mieux décorer que non, qu'il faille manger de la dinde à tout prix... Voyons! On s'en sacre de tout ça!
Bientôt, nous fermerons la porte de 2014 pour ouvrir celle de 365 jours à venir desquels nous ne connaissons rien encore. C'est un peu freakant, mais à la fois exaltant. L'inconnu des jours qui défileront au gré des saisons. Pour d'aucuns, c'est enfin de le temps de dire au revoir à une année difficile - un soulagement - pour d'autres, elle fut tellement mémorable qu'on voudrait qu'elle perdure une année encore.
Je ne sais pas pour vous, mais j'ai toujours un peu le coeur à la nostalgie quand arrive le temps des fêtes. Je repense à quelques souvenirs du passé, plus loin encore, lorsque j'étais plus petite et où toute ma famille se réunissait chez mes grands-parents. Ce temps là où encore, tout le monde était là, en santé, heureux. On arrivait là, emmitouflés comme pas possible. Les bottes formaient l'Everest tellement il y en avaient. La nuit de Noël était la plus belle, on la ressentait dans nos tripes. La féérie nous habitait. Le sourire accroché aux oreilles. Les jeux de cache-cache sous les manteaux de vison de nos matantes, le jeu de pichenottes chez ma grand-maman Gagnon, elle qui faisaient des beignes qui goûtaient le ciel, mes cousines qui jouaient du piano, les parents qui jouaient aux cartes... Et le pain de ménage chaud à mon autre grand-maman mimi, ses bonnes tablées, un tas d'émotions et de parlotte auxquelles je prêtais l'oreille pour comprendre tout ce que disait les adultes.
Les choses ont tellement changées, évoluées, plus rien ne ressemble à tout ça, mais ça peut être encore beau même si c'est autrement. Plusieurs gens que nous aimons nous ont quittés, c'est un bel hommage que de s'en souvenir en ces moments chaleureux et lumineux. On fait un chin-chin avec eux en regardant les étoiles : Joyeux Noël, on ne vous oublie pas.
Je comprends de plus en plus que mon amour pour Noël sera transmis à mon fils. Nous avons fait le sapin ensemble cette année, il m'a amené une à une les boules. Une seule de cassée hihi. Quand nous avons ouvert les lumières, il a crié émerveillé : WOW! Pour moi, ce sera dans les yeux de mon fils que je vivrai désormais la magie des fêtes. Je ne comprends pas encore comment des gens puissent dire c'est tellement plate les fêtes. Ennuyeux parce qu'on le veut bien ou encore qu'on ne saisit pas le moyen de partager. Les cadeaux en sont fous tellement! Partager une dinde dodue, préparer les décorations avec les enfants, cuisiner des biscuits colorés, embarquer dans l'imaginaire des petits. Je ne dis pas que tout est extraordinaire aux fêtes, il y a tellement de gens qui souffrent, qui n'ont rien à se mettre sous la dent, qui sont seul chez-eux. Quand j'y pense, les larmes jaillissent. Mais ce que je dois faire, c'est de tenter de les aider un brin soit peu, comme je le peux, mais aussi de profiter de ce que la vie m'offre à moi, la chance de pouvoir vivre ça en santé et avec ceux que j'aime cette année. La SANTÉ, je me/nous la souhaite!
Si on se doit de pleurer à Noël, que ce soit dans la joie qu'on le fasse, il y a tellement de gens qui ont de bonnes raisons de pleurer de tristesse. Enlaçons-nous, espérons-nous voir l'an prochain et laissons de côté les querelles familiales de pacotille qui gangrène nos intérieurs.
Alors moi, cette année, je vous invite à vous aimer, à danser autour du sapin même si ça vous donne l'impression d'avoir l'air fou. Il ne faut pas avoir peur du ridicule pour saisir le plaisir. Ça fera rire nos enfants et ça leur procurera des souvenirs mémorables, car au final comme le dit si souvent mon père : "Noël, c'est la fête des enfants!"
Je vous invite à regarder votre sapin autrement ce soir, en plissant les yeux. Je fais ça depuis que je suis toute petite. Les lumières deviennent tellement fines, lumineuses et cosmiques.
Ou encore, juste fermer les yeux un instant pour savourer ce petit moment où ça sent le feu de bois, l'air froid, le cipaille, la dinde au four... les aiguilles du sapin. Inspirez doucement, ça remplit les poumons d'une belle grande drogue : celle du bonheur.
Et un bec sur les lèvres sucrées de vos bout-de-chou!
JOYEUSES FÊTES À MA FAMILLE ET MES AMIS XX
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