Je reviens de quelques courses à l'épicerie. Habillée en jogging, je ne sais pas encore ce qui m'attend à la maison. Sur ma tête, un voyage de foin qu'on peut aussi appeler mes cheveux.
Et tourne la clef dans la serrure...
C'est dans un nuage de poussière qu'il se montre le bout du nez, le menuisier. Les épaules larges comme une armoire à glace, le teint basané, les cheveux rasés, d'où sort cet Apollon ma foi du bon Dieu?!
Il avance au ralenti comme dans les films de cowboys, son équerre à la main. Vers moi, voyons, il avance vers moi.
- Madame Gagnon je suppose?
Merde j'ai l'air si vieille que ça, madame Gagnon. Come on. Appelle-moi babe. (Je dis n'importe quoi).
- Oui, c'est moi, bonjour.
- Votre propriétaire vous a sûrement avisé que j'allais passé pour quelques ajustements à votre escalier?
- Hummmm oui oui (NON)!
Il porte un ti-shirt trop court, noir. Il n'aurait qu'à se lever les bras dans les airs que j'y verrais le six packs bien ciselé. Ses avant-bras sont incassables, j'en suis certaine. Ils sont bigarrés de quelques tatous, pas trop tsé juste assez. Ses veines me regardent l'air de dire : ces bras-là sont trop forts, on ne peut plus respirer.
Il porte des bottes à cap. Oui, des bottes à cap noires légèrement usées, juste pour dire que ça lui donne un look bum rien qu'un peu. Les bottes à cap, pour moi = la même chose qu'une cravate pour une autre fille.
- Il n'aurait pas pu m'envoyer un laidron franchement, moi qui fait dure ces temps-ci avec ma tête de déterrée insomniaque.
- Il fait beau aujourd'hui, me lance-t'il un clou entre les dents.
- Oh que ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiii, m'exclamais-je avec un élan un peu trop expressif.
(Pourquoi je sifflote sur un ton chanté tout d'un coup. Sainte!!!!)
Est-ce que je lui demande s'il veut boire quelque chose? Ça va peut-être avoir l'air weird mon affaire, genre la nouvelle maman qui veut jaser de sa vie de famille. Non, je ne lui offre rien. Oui mais il va peut-être penser que je suis une radine si je ne lui offre rien. Grrrr
- Prendriez-vous quelque chose à boire? Eau, jus, café, un coke?
- Volontiers pour un bon café noir.
Il est tough en plus, du café noir. ARK. Pas capable de boire ça.
J'ai l'air d'être sortie tout droit de la 3e guerre mondiale avec ma chevelure frivole. Il va penser quoi, que je me néglige. (Je cours à la salle de bain me mettre du gloss couleur NUDE. Comme ça il va croire que naturellement j'ai les lèvres étincelantes et charnues.)
- J'ai annulé le coiffeur pour votre venue aujourd'hui. (MERDE quossé que je viens de dire là, ostie de folle).
- Ahhh! qu'il me répondit.
(Seigneur, on dirait une fille qui n'a jamais parlé à un menuisier charmant. Ben je n'ai jamais eu à parler à un menuisier charmant).
Quelques sueurs l'abîment. J'imagine qu'il a chaud. Je devrais peut-être ouvrir la clim, me vêtir d'une robe blanche à la Marilyn et me faire éventer la jupette? (Je suis vraiment épaisse).
- Vous êtes nouvellement maman?
- Pourquoi pensez-vous ça? (Eilleeee eeeeee, c'est pas parce que j'ai 5 kilos en trop, du melasma dans le front que je suis nouvellement maman.)
- La tonne de jouets dans l'entrée. Un petit garçon, fille?
- GARÇON!!!!!!!
Il vient de perdre des points celui-là, me semble qu'il a vu ça au nombre de jouets. Je dois vraiment avoir l'air d'une maman sur le BS présentement, surtout avec mon linge mou.
- Je vais m'habiller. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, demandez! (Franchement, ça fait vraiment aguicheuse mon affaire).
- Merci!
Habillée un peu plus funky, je regarde l'Adonis manier ses instruments, il a l'air de savoir ce qu'il fait. Quel âge il a, celui-là? Je pourrais sûrement être sa tante. Arrrggggg.
Après avoir tourbillonné en rond dans l'appartement toute la journée à regarder le jeune menuisier sexy qui répare mon escalier, je suis épuisée. J'ai le cerveau à off. Je pense que ça fait trop longtemps que je ne suis pas sortie de mon nid. Un détail me sort de ma rêverie, j'ai complètement oublié de lui servir son café noir.
- Je viens de réaliser que j'ai oublié de vous servir votre café, je suis désolée.
- Ohhhhh c'est pas grave, j'avais de l'eau avec moi.
- Vous en voulez un, pour finir la journée sur le HIGH? (Sacrâment, je dis vraiment n'importe quoi quand je suis gênée!)
- Non non, merci, ça va aller. J'ai terminé. Je rentre. Merci madame Gagnon, je vais passer voir votre propriétaire.
Et c'est sur ces belles paroles qu'il me lance un clin d'oeil au charme fou!
Nonnnnnnnn, je suis rouge comme une tomate, merde!
J'ai fait mauvaise impression. Un beau gars en jeans troué, bottes à cap aux pieds qui rentre chez-lui et qui me laisse l'air béat. Sa mâchoire était aussi carré que Michael Fassbender. Des trapèzes certainement aussi durs que le bois de l'escalier. Je me demande quel âge il me donne? 25-32-35-40-50? Si c'est 50, je dois désespérément passer sous le bistouri ou aller me faire pomper le front au botox.
Finalement, le soir venu, je regarde mon amoureux sur le divan. Il n'a peut-être pas les trapèzes du menuisier, mais il a une mâchoire à faire fondre Mila Kunis. Je suis la Mila Kunis de mon chum bon. Et je le trouve tellement beau... avec ses pantoufles à cap. :)
Je me trouve un peu nunuche d'avoir été aussi énervée devant le bel ouvrier. Je constate que lorsqu'on devient maman, plusieurs femmes comme moi perdent quelque peu l'estime d'elles-mêmes et je trouve ça désolant. Et pourtant. À en perdre nos moyens, se demander si un gars peut encore nous trouver belles et attirantes. C'est une autre forme de beauté, celle de la maturité, du vécu, d'un corps qui a donné la vie et qui travaille très fort chaque jour pour nourrir, divertir, aimer, réconforter un petit être.
Bref, un peu plus je faisais une crise de coeur lorsque David est parti en me lançant le clin d'oeil. Oui oui, David. Comme dans David Beckham. C'est grand temps que je reprenne confiance en moi. C'est tout de même pas désagréable être à la maison quand un bellâtre se présente pour un job de bras :) Ça a fait ma journée. Du beau grand soleil dans mon escalier.
mardi 30 septembre 2014
mercredi 24 septembre 2014
Ma tête flotte dans le cumin
Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh bon matin tout le monde.
J'ai été porter mon fils à la garderie pour un petit 2 heures tôt ce matin.
L'intégration à la garderie se fait depuis quelques jours. C'est dur, pour mon bébé, pour moi, pour le papa aussi. Même pour les grands-parents qui habitent loin.
Ding Dong : bonjour Milàn, venez voir les amis, Milàn est là. Bonjour maman!
Moi : hmmm bonjour tout le monde (je m'appelle Karine, pas maman)
Ils ne sont pas nombreux, ils sont si petits. Les pleurs résonnent dans mon crâne. Mon fils s'accroche à mon cou comme la prise du cobra. Il pleure à Dieu et ses Saints. L'entrée est étroite, je m'assomme sur un petit casier si petit que j'ai peine à y rentrer la tuque de Milàn.
Quatre petites filles attendent Milàn, toutes un peu plus vieilles. Et un petit garçon de 12 mois. Les deux plus vieux sont partis la semaine dernière, ils ont quittés.
Moi : QUOI? POURQUOI?
L'éducatrice : Oh ils sont partis ailleurs.
Ma tête qui flotte dans le cumin : Voyons comment ça? Les parents n'étaient pas satisfaits, ça sent trop les épices, ils ne les sortent pas dehors, les jouets sont trop vieux, les éducatrices pas fines?????????
Ça ça s'appelle de l'angoisse. Pour ceux et celles qui me connaissent vraiment, ils savent que je suis une fille angoissée. Stressée? NON angoissée! Dépressive? NON angoissée! Folle? NON angoissée. J'ai tellement lu sur le sujet, je sais désormais faire la différence. Angoissée, anxieuse ne veut pas dire la même chose que bien d'autres mots qu'on rattache à l'angoisse. Bref.
Ça sent tellement le cumin là-dedans, je vais m'effondrer. Mon nez pique, je vais éternuer, non je me retiens. L'éducatrice vêtue de son voile noir jais m'accueille avec le sourire. Elle semble douce et gentille, la directrice par contre, elle me parle si fort que je crois qu'elle a un problème de surdité.
Ma tête qui flotte dans le cumin : WO là slaque de me hurler dessus. Arrête stp!
Elle a un handicap, un oeil qui dit merde à l'autre. Voilée, les orteils croches, coque-l'oeil, ça ne veut pas dire qu'elle n'est pas une bonne éducatrice BON!
Une toute petite pitounette aux cheveux frisés comme un mouton me dévisage de la tête aux pieds.
Moi : Bonjour ma belle!
Elle : Silence.
- Coudons, j'ai pris 5 livres, ça se voit ou quoi?
La petite Léa, elle, dans son coin, morve encore du nez. Ça fait 5-6 fois que je vais porter mon fils à la garderie, elle coule du nez.
- MOUCHEZ-LA QUELQU'UN!
Vas-tu falloir que je vienne travailler ici pour m'occuper de ces enfants-là, me dis-je.
Je sors de là, laissant dans les bras d'une pure inconnue le trésor de ma vie, venu de mes entrailles. Il pleure et hurle pour ne pas que je m'en aille. Je fly aussi vite que l'éclair comme si j'avais fait un mauvais coup. Même la porte fermée, sur le trottoir, j'entends mon fils hurler.
Je file au parc jogger. J'ai pas pu faire plus de 12 minutes, ma tête flottait dans le cumin. Mes cheveux sentent encore le curry, l'ail, entoucas je pue dix milles à la ronde. YARK. J'espère qu'elles ne donneront pas de la bouffe épicée à Milàn là.
Je suis tellement pensive, que je m'arrête réfléchir sur un rocher. Je sais, je sais, vous me direz que c'est normal de s'en faire, que si ça ne va pas à cet endroit, je pourrai de changer de garderie. Ben oui, ça se trouve en un claquement de doigt une garderie. J'en ai trouvé une en 4 ans, super.
À bien y penser, non ce n'est pas normal de prêter nos enfants des heures durant à des étrangères. Je n'ai pas été à la garderie moi, mes amis du même âge non plus. On les envoie là pour retourner au travail, travailler en fou du matin au soir pour gagner des bidous pis s'acheter des choses inutiles. Évidemment pour payer les comptes et dl'a bouffe aussi, mais dans l'ensemble du superflu. Dans notre monde occidentalisé, on est comme devenus des automates fous, matérialisés à fond, ailleurs dans d'autres pays on trouverait qu'on est complètement dingues ici d'aller porter nos enfants chez des inconnus.
D'autres me disent : ben c'est comme ça qu'il va trouver sa force de caractère, il va se faire des amis. Voyons. J'ai du caractère moi et j'ai des amis, et je n'ai pas été gardée. Ce sont de belles excuses pour nous excuser nous-mêmes de ne pas être là pour eux la majorité des heures d'une journée.
En 2014, les gens qui peuvent avoir la chance de rester à la maison avec leurs enfants et prendre des cours ici et là pour les divertir, mais plus encore pour passer du temps de qualité avec eux dans la nature sont extrêmement choyés et chanceux. Le 3/4 des femmes avec qui je parle de ça, sont d'accord avec moi, mais on manque de moyens ou ou ne veut pas les prendre. On ne veut pas diminuer notre train de vie, on veut garder notre grosse maison, notre ti-terrain, notre grosse télé (ou 2 ou 3), notre char, nos sorties divertissantes. Si on coupait un peu, pourrions-nous garder nos enfants à la maison quelques mois/années de plus avec qu'un salaire? Tout coûte tellement cher. Il faut tout de même faire un sacré bon salaire pour que la maman ou le papa puisse avoir la joie de rester à la maison avec son enfant/ses enfants.
On jase là, je m'interroge. On peut même en débattre.
Oh tsé ton petit rencontrera des obstacles dans la vie, la garderie va le forger à foncer.
Voyons quossé ça encore. Il va bien finir par aller à l'école cet enfant-là, il rencontrera bien assez vite les difficultés de la vie. Être à la maison avec son enfant n'empêche pas de sortir et rencontrer d'autres marmots.
J'ai repris mon souffle, sortie de ma bulle puante et j'ai marché dans le parc un autre bon 30 minutes. J'ai pris de longues respirations et je suis rentrée écrire ce texte. Dans quelques minutes, je retourne chercher mon fils. J'aimerais qu'il m'accueille avec le sourire, heureux, rassuré. Ça viendra sûrement, je l'espère.
J'ai de la peine. C'est dur faire confiance à d'autres femmes qu'on ne connaît pas et qui passeront leurs journées complètes avec mon petit coeur pendant que j'irai travailler dans un job de bureau plate à mourir. À attendre, 8-9 heures durant que la cloche sonne pour enfin aller chercher notre enfant. Passer 1 heure ou 2 avec lui le soir avant le dodo. Cette vie infernale me donne le tournis.
Au revoir vous autres. Je pars chercher mon fils et l'amener se balancer au parc pour respirer le bon air et éventer son linge qui pue.
Ah oui et le serrer fort contre moi, lui dire que je l'aime et m'amuser avec lui avec des jeux propres sans morvelle. LOL!
Signée une maman pleine d'angoisse qui se questionne beaucoup!
J'ai été porter mon fils à la garderie pour un petit 2 heures tôt ce matin.
L'intégration à la garderie se fait depuis quelques jours. C'est dur, pour mon bébé, pour moi, pour le papa aussi. Même pour les grands-parents qui habitent loin.
Ding Dong : bonjour Milàn, venez voir les amis, Milàn est là. Bonjour maman!
Moi : hmmm bonjour tout le monde (je m'appelle Karine, pas maman)
Ils ne sont pas nombreux, ils sont si petits. Les pleurs résonnent dans mon crâne. Mon fils s'accroche à mon cou comme la prise du cobra. Il pleure à Dieu et ses Saints. L'entrée est étroite, je m'assomme sur un petit casier si petit que j'ai peine à y rentrer la tuque de Milàn.
Quatre petites filles attendent Milàn, toutes un peu plus vieilles. Et un petit garçon de 12 mois. Les deux plus vieux sont partis la semaine dernière, ils ont quittés.
Moi : QUOI? POURQUOI?
L'éducatrice : Oh ils sont partis ailleurs.
Ma tête qui flotte dans le cumin : Voyons comment ça? Les parents n'étaient pas satisfaits, ça sent trop les épices, ils ne les sortent pas dehors, les jouets sont trop vieux, les éducatrices pas fines?????????
Ça ça s'appelle de l'angoisse. Pour ceux et celles qui me connaissent vraiment, ils savent que je suis une fille angoissée. Stressée? NON angoissée! Dépressive? NON angoissée! Folle? NON angoissée. J'ai tellement lu sur le sujet, je sais désormais faire la différence. Angoissée, anxieuse ne veut pas dire la même chose que bien d'autres mots qu'on rattache à l'angoisse. Bref.
Ça sent tellement le cumin là-dedans, je vais m'effondrer. Mon nez pique, je vais éternuer, non je me retiens. L'éducatrice vêtue de son voile noir jais m'accueille avec le sourire. Elle semble douce et gentille, la directrice par contre, elle me parle si fort que je crois qu'elle a un problème de surdité.
Ma tête qui flotte dans le cumin : WO là slaque de me hurler dessus. Arrête stp!
Elle a un handicap, un oeil qui dit merde à l'autre. Voilée, les orteils croches, coque-l'oeil, ça ne veut pas dire qu'elle n'est pas une bonne éducatrice BON!
Une toute petite pitounette aux cheveux frisés comme un mouton me dévisage de la tête aux pieds.
Moi : Bonjour ma belle!
Elle : Silence.
- Coudons, j'ai pris 5 livres, ça se voit ou quoi?
La petite Léa, elle, dans son coin, morve encore du nez. Ça fait 5-6 fois que je vais porter mon fils à la garderie, elle coule du nez.
- MOUCHEZ-LA QUELQU'UN!
Vas-tu falloir que je vienne travailler ici pour m'occuper de ces enfants-là, me dis-je.
Je sors de là, laissant dans les bras d'une pure inconnue le trésor de ma vie, venu de mes entrailles. Il pleure et hurle pour ne pas que je m'en aille. Je fly aussi vite que l'éclair comme si j'avais fait un mauvais coup. Même la porte fermée, sur le trottoir, j'entends mon fils hurler.
Je file au parc jogger. J'ai pas pu faire plus de 12 minutes, ma tête flottait dans le cumin. Mes cheveux sentent encore le curry, l'ail, entoucas je pue dix milles à la ronde. YARK. J'espère qu'elles ne donneront pas de la bouffe épicée à Milàn là.
Je suis tellement pensive, que je m'arrête réfléchir sur un rocher. Je sais, je sais, vous me direz que c'est normal de s'en faire, que si ça ne va pas à cet endroit, je pourrai de changer de garderie. Ben oui, ça se trouve en un claquement de doigt une garderie. J'en ai trouvé une en 4 ans, super.
À bien y penser, non ce n'est pas normal de prêter nos enfants des heures durant à des étrangères. Je n'ai pas été à la garderie moi, mes amis du même âge non plus. On les envoie là pour retourner au travail, travailler en fou du matin au soir pour gagner des bidous pis s'acheter des choses inutiles. Évidemment pour payer les comptes et dl'a bouffe aussi, mais dans l'ensemble du superflu. Dans notre monde occidentalisé, on est comme devenus des automates fous, matérialisés à fond, ailleurs dans d'autres pays on trouverait qu'on est complètement dingues ici d'aller porter nos enfants chez des inconnus.
D'autres me disent : ben c'est comme ça qu'il va trouver sa force de caractère, il va se faire des amis. Voyons. J'ai du caractère moi et j'ai des amis, et je n'ai pas été gardée. Ce sont de belles excuses pour nous excuser nous-mêmes de ne pas être là pour eux la majorité des heures d'une journée.
En 2014, les gens qui peuvent avoir la chance de rester à la maison avec leurs enfants et prendre des cours ici et là pour les divertir, mais plus encore pour passer du temps de qualité avec eux dans la nature sont extrêmement choyés et chanceux. Le 3/4 des femmes avec qui je parle de ça, sont d'accord avec moi, mais on manque de moyens ou ou ne veut pas les prendre. On ne veut pas diminuer notre train de vie, on veut garder notre grosse maison, notre ti-terrain, notre grosse télé (ou 2 ou 3), notre char, nos sorties divertissantes. Si on coupait un peu, pourrions-nous garder nos enfants à la maison quelques mois/années de plus avec qu'un salaire? Tout coûte tellement cher. Il faut tout de même faire un sacré bon salaire pour que la maman ou le papa puisse avoir la joie de rester à la maison avec son enfant/ses enfants.
On jase là, je m'interroge. On peut même en débattre.
Oh tsé ton petit rencontrera des obstacles dans la vie, la garderie va le forger à foncer.
Voyons quossé ça encore. Il va bien finir par aller à l'école cet enfant-là, il rencontrera bien assez vite les difficultés de la vie. Être à la maison avec son enfant n'empêche pas de sortir et rencontrer d'autres marmots.
J'ai repris mon souffle, sortie de ma bulle puante et j'ai marché dans le parc un autre bon 30 minutes. J'ai pris de longues respirations et je suis rentrée écrire ce texte. Dans quelques minutes, je retourne chercher mon fils. J'aimerais qu'il m'accueille avec le sourire, heureux, rassuré. Ça viendra sûrement, je l'espère.
J'ai de la peine. C'est dur faire confiance à d'autres femmes qu'on ne connaît pas et qui passeront leurs journées complètes avec mon petit coeur pendant que j'irai travailler dans un job de bureau plate à mourir. À attendre, 8-9 heures durant que la cloche sonne pour enfin aller chercher notre enfant. Passer 1 heure ou 2 avec lui le soir avant le dodo. Cette vie infernale me donne le tournis.
Au revoir vous autres. Je pars chercher mon fils et l'amener se balancer au parc pour respirer le bon air et éventer son linge qui pue.
Ah oui et le serrer fort contre moi, lui dire que je l'aime et m'amuser avec lui avec des jeux propres sans morvelle. LOL!
Signée une maman pleine d'angoisse qui se questionne beaucoup!
mercredi 10 septembre 2014
1 h 30 de plénitude
Il aura fallu des heures pour s'y rendre. Plusieurs pas, je ne les ai pas comptés. Un pipi dans la brousse, de la sueur plein le front, un coup de soleil sur les épaules. On en aura vu des orteils de sandales laides, crochues, sales. On a vidé 2 litres d'eau pendant la marche. Je trouve les côtes un peu à pic. Nonobstant tous ces désagréments, je fais semblant que tout est parfait, je ne veux pas gâcher cette journée née juste pour nous deux.
Avant d'arriver au paradis, il faut aussi prendre le bateau. Avant de prendre le bateau, faut se rendre au bateau.
Moi : "Putain, en France y'a jamais de stationnement nulle part! Faut toujours se parker à des km de où on veut aller. Jm'ennuie de mon Québec."
Mon chum : "T'as vu le cave, il a carrément pris 3 places de parking pour garer son tacot?"
Je sue du front, du dessous de bras - heureusement que j'ai mis du déodo. Mes cheveux frisent c'est tellement humide. Je m'écarte du sujet.
- "Hey on a rien pris à bouffer, comme c'est là, l'heure du dîner arrive et ma chocolatine du matin est loin. Doit bien y avoir un stand à sandwichs jambon-beurre pas loin. Jambon-beurre, jambon-beurre, jambon-beurre. Je fais la moue.
Ah ben cibole, je vois le Ferry au loin, on y arrive enfin.
On s'arrête au simili dépanno de sandwichs jambon-beurre.
C'est en zozotant que la dame qui tient la sandwicherie me demande Ze que ZE veux.
- Un sandwich jambon-beurre svp. En fait, vous avez pas autre chose qu'au beurre-jambon?
- Dézolée madame, on a tout venduzz!
- Ah bon, ze vais vous prendre un sandwich jambon-beurre à 6 euros 50.
Putain c'est ben cher.
Viteeeee on va manquer le départ. On arrive à temps. Le ferry part et on est assis à côté de la sosie de Kim Kardasian. Faux cils, faux ongles, faux cheveux, faux seins énormes. Pffffff. Quossé ça, elle porte une chaîne autour de la taille, c'est laid bon.
Je la regarde tout le long de la traversée qui dure 10 minutes. Je demande à mon chum s'il la trouve belle. Il me dit que oui.
- QUOI? Tu trouves ça beau une fille toute refaite de même?
C'est là qu'il évite la question et se met à regarder la mer. Grrrrrrrr.
On arrive enfin à l'Île. Enfin bis. Elle est où la plage, dis?
Mon chum : "J'ai demandé au kiosque d'info, la plus belle se trouve à 45 minutes de marche!!!"
- Ostie st'une joke, j'ai les pieds en sang.
Mon chum : "La plus laide est à 10 minutes!"
- On s'en va direct à la plus laide!
10 minutes aura été 30 minutes. C'est pas si grave, on sait que bientôt on aura les pieds - en sang - dans le sable de la laide plage.
C'est dur, c'est long, pour une fille de 36 ans qui se bat pour en paraître encore 28. Je garde mon calme.
Et c'est là que j'aperçois la plage laide, c'est-à-dire un bijou de la nature, une eau claire, magnifique. Turquoise. Le paysage est à couper le souffle, je n'imagine même pas la belle plage. Je suis renversée par le décor qui se trouve devant moi. Presque en transe, je suis tellement contente d'avoir fait tout ce chemin pour voir ça que j'en ai les larmes aux yeux.
Y'a de beaux culs qui roulent sur la plage. Les maudites françaises n'ont pas de cellulite.
"Comment ça dont, elles bouffent full de charcuterie et de fromages?!!!", demandais-je à mon moi-même intérieur.
Et c'est sur cette pensée cellulitosophique que débuta notre 1 h 30 de plénitude. Seuls dans la mer, je n'y croyais pas. Deux fous en exaltation. J'ai presque envie de faire du monokini pour faire profiter ma joie à mes deux nouveaux tétés flasques d'après grossesse. Non, je n'ose pas, ça pourrait attirer les requins. Ah pis fuck, go!
Je me sens TELLEMENT bien. Vous savez, cet instant de bonheur qui dure si peu longtemps, le temps de se mettre à penser qu'on nage en plein bonheur justement. J'étais seule dans la mer, à l'Île de Porquerolles, accompagnée de mon bellâtre Tchèque. C'est pas magique ça. Bébé se fait garder. Je m'étend dans le sable et je me laisse échouer comme une baleine. Il vente à écorner les boeufs, mais le vent est chaud. J'adore cet instant.
- Ok, il est quelle heure? Il faut repartir, le retour sera long et faut être là pour l'heure du souper. Merde, déjà!
1 h 30 de plénitude pour des heures de route et de marche, mais, ce fut tellement revigorant.
À quand un prochain moment semblable?
La porte s'ouvre. Mon bébé s'avance à vive allure sur son petit camion, casquette sur le chou. Il ouvre les bras si grands, le plus grand possible. Il lâche un cri de joie.
Émue est bien peu dire. Je me suis ennuyée de lui et le papa aussi.
Tiens, je viens de vivre mon autre moment de plénitude :)
Avant d'arriver au paradis, il faut aussi prendre le bateau. Avant de prendre le bateau, faut se rendre au bateau.
Moi : "Putain, en France y'a jamais de stationnement nulle part! Faut toujours se parker à des km de où on veut aller. Jm'ennuie de mon Québec."
Mon chum : "T'as vu le cave, il a carrément pris 3 places de parking pour garer son tacot?"
Je sue du front, du dessous de bras - heureusement que j'ai mis du déodo. Mes cheveux frisent c'est tellement humide. Je m'écarte du sujet.
- "Hey on a rien pris à bouffer, comme c'est là, l'heure du dîner arrive et ma chocolatine du matin est loin. Doit bien y avoir un stand à sandwichs jambon-beurre pas loin. Jambon-beurre, jambon-beurre, jambon-beurre. Je fais la moue.
Ah ben cibole, je vois le Ferry au loin, on y arrive enfin.
On s'arrête au simili dépanno de sandwichs jambon-beurre.
C'est en zozotant que la dame qui tient la sandwicherie me demande Ze que ZE veux.
- Un sandwich jambon-beurre svp. En fait, vous avez pas autre chose qu'au beurre-jambon?
- Dézolée madame, on a tout venduzz!
- Ah bon, ze vais vous prendre un sandwich jambon-beurre à 6 euros 50.
Putain c'est ben cher.
Viteeeee on va manquer le départ. On arrive à temps. Le ferry part et on est assis à côté de la sosie de Kim Kardasian. Faux cils, faux ongles, faux cheveux, faux seins énormes. Pffffff. Quossé ça, elle porte une chaîne autour de la taille, c'est laid bon.
Je la regarde tout le long de la traversée qui dure 10 minutes. Je demande à mon chum s'il la trouve belle. Il me dit que oui.
- QUOI? Tu trouves ça beau une fille toute refaite de même?
C'est là qu'il évite la question et se met à regarder la mer. Grrrrrrrr.
On arrive enfin à l'Île. Enfin bis. Elle est où la plage, dis?
Mon chum : "J'ai demandé au kiosque d'info, la plus belle se trouve à 45 minutes de marche!!!"
- Ostie st'une joke, j'ai les pieds en sang.
Mon chum : "La plus laide est à 10 minutes!"
- On s'en va direct à la plus laide!
10 minutes aura été 30 minutes. C'est pas si grave, on sait que bientôt on aura les pieds - en sang - dans le sable de la laide plage.
C'est dur, c'est long, pour une fille de 36 ans qui se bat pour en paraître encore 28. Je garde mon calme.
Et c'est là que j'aperçois la plage laide, c'est-à-dire un bijou de la nature, une eau claire, magnifique. Turquoise. Le paysage est à couper le souffle, je n'imagine même pas la belle plage. Je suis renversée par le décor qui se trouve devant moi. Presque en transe, je suis tellement contente d'avoir fait tout ce chemin pour voir ça que j'en ai les larmes aux yeux.
Y'a de beaux culs qui roulent sur la plage. Les maudites françaises n'ont pas de cellulite.
"Comment ça dont, elles bouffent full de charcuterie et de fromages?!!!", demandais-je à mon moi-même intérieur.
Et c'est sur cette pensée cellulitosophique que débuta notre 1 h 30 de plénitude. Seuls dans la mer, je n'y croyais pas. Deux fous en exaltation. J'ai presque envie de faire du monokini pour faire profiter ma joie à mes deux nouveaux tétés flasques d'après grossesse. Non, je n'ose pas, ça pourrait attirer les requins. Ah pis fuck, go!
Je me sens TELLEMENT bien. Vous savez, cet instant de bonheur qui dure si peu longtemps, le temps de se mettre à penser qu'on nage en plein bonheur justement. J'étais seule dans la mer, à l'Île de Porquerolles, accompagnée de mon bellâtre Tchèque. C'est pas magique ça. Bébé se fait garder. Je m'étend dans le sable et je me laisse échouer comme une baleine. Il vente à écorner les boeufs, mais le vent est chaud. J'adore cet instant.
- Ok, il est quelle heure? Il faut repartir, le retour sera long et faut être là pour l'heure du souper. Merde, déjà!
1 h 30 de plénitude pour des heures de route et de marche, mais, ce fut tellement revigorant.
À quand un prochain moment semblable?
La porte s'ouvre. Mon bébé s'avance à vive allure sur son petit camion, casquette sur le chou. Il ouvre les bras si grands, le plus grand possible. Il lâche un cri de joie.
Émue est bien peu dire. Je me suis ennuyée de lui et le papa aussi.
Tiens, je viens de vivre mon autre moment de plénitude :)
lundi 1 septembre 2014
Pétez pas ma bulle!
Hier soir, après souper, il faisait tellement doux dehors. Le vent était caresse. Les écureuils prévoyants enterraient déjà leur nourriture pour l'hiver. Le temps était chargé d'humidité. À elles seules, les tomates du jardin orangées perçaient le tableau gris.
J'étais assise sur mon petit balcon de derrière avec mon fils. Il jouait avec rien, il pointait du doigt tout ce qui bougeait : oiseaux, écureuils, les feuilles des arbres, les nuages ouatés.
J'étais bien dans mon monde.
Et le papa s'est infiltré doucement, en soufflant des bulles de savon dans les airs. La magie a opérée, mon chou était subjugué comme à chaque fois qu'on sort la machine à bulles. Suffit d'une bise soufflée pour faire jaillir du bonheur savonné.
Fasciné, ébahi, transporté.
À voir mon garçon dans cet état absorbé, j'ai pris tout plein de photographies avec mes yeux.
J'ai supplié intérieurement tout ce que j'ai pu de ne pas venir péter ma bulle! Nos bulles!
J'étais assise sur mon petit balcon de derrière avec mon fils. Il jouait avec rien, il pointait du doigt tout ce qui bougeait : oiseaux, écureuils, les feuilles des arbres, les nuages ouatés.
J'étais bien dans mon monde.
Et le papa s'est infiltré doucement, en soufflant des bulles de savon dans les airs. La magie a opérée, mon chou était subjugué comme à chaque fois qu'on sort la machine à bulles. Suffit d'une bise soufflée pour faire jaillir du bonheur savonné.
Fasciné, ébahi, transporté.
À voir mon garçon dans cet état absorbé, j'ai pris tout plein de photographies avec mes yeux.
J'ai supplié intérieurement tout ce que j'ai pu de ne pas venir péter ma bulle! Nos bulles!
mardi 26 août 2014
Nicole, aide-moi!
Je me surprend parfois à me tenir le dos courbé. Quand je m'en rends compte, je me dis que là ça ne va pas, qu'est-ce qui cloche avec moi, pourquoi est-ce que j'adopte cette posture et c'est là que je me redresse, que je gonfle les poumons, que je prends une grande respiration et que je reprends confiance un petit peu...
Je manque d'élégance parfois, dans ma posture et tout cela est totalement en lien avec ma confiance en moi. J'aimerais avoir le port altier de Nicole Kidman, marcher avec assurance sur le tapis rouge de la vie et ne pas osciller sur mes talons hauts, ne pas avoir besoin de me rentrer le ventre, de penser à mes tâches de grossesse, au fait que je suis moins si et moins cela, que je n'ai pas la carrière dont j'aurais souhaité, etc. Comment fait-elle pour dégager cette aisance? Même si tout va mal pour elle, je suis certaine que rien ne paraîtra dans sa démarche, car elle assure, c'est une icône, elle fait tourner les têtes. Je me demande si elle pleure avec élégance chez-elle.
Je suis davantage élégante dans mes actes envers les autres. J'aime aider autrui, je suis une passionnée du 'faire plaisir' à l'autre, je suis aimable et je suis souriante, ça c'est mon élégance à moi. Je suis drôle aussi, je pense, enfin... Je me fais rire moi-même, c'est peut-être pas si bon signe que ça finalement hahaha. Je me demande si Nicole Kidman est drôle?!
Mon corps parle un langage et je me rends compte que depuis que la trentaine a sonnée il y a quelques années, mon corps dénote beaucoup de timidité, de non confiance. Dans quel livre on apprend l'assurance? Sur quel lien Internet on trouve son équilibre?
Je me sens pleine de superflu, c'est peut-être pour ça que je ne suis pas aussi élégante. Superflu dans le sens où je jalouse parfois, j'envie, je mange trop, je me fâche pour de petits riens, j'angoisse. Je ne suis pas encore une mer tranquille et calme.
J'ai envie de tranquillité dans mon être et quand je prends le temps de respirer doucement, je la sens s'installer. Mais j'oublie trop souvent de le faire, à force de stresser pour des conneries. Être détendu, ça doit tellement être rassurant et pur comme état d'âme. J'y travaille très fort. Mon adversaire sent une main ferme quand je serre la sienne, même si parfois j'ai la main tremblante le soir chez-moi.
L'esprit libre, c'est possible?
J'ai le coeur franc et sincère. J'ai ça de vrai en moi. Suffit désormais de redresser le dos et le menton.
Je manque d'élégance parfois, dans ma posture et tout cela est totalement en lien avec ma confiance en moi. J'aimerais avoir le port altier de Nicole Kidman, marcher avec assurance sur le tapis rouge de la vie et ne pas osciller sur mes talons hauts, ne pas avoir besoin de me rentrer le ventre, de penser à mes tâches de grossesse, au fait que je suis moins si et moins cela, que je n'ai pas la carrière dont j'aurais souhaité, etc. Comment fait-elle pour dégager cette aisance? Même si tout va mal pour elle, je suis certaine que rien ne paraîtra dans sa démarche, car elle assure, c'est une icône, elle fait tourner les têtes. Je me demande si elle pleure avec élégance chez-elle.
Je suis davantage élégante dans mes actes envers les autres. J'aime aider autrui, je suis une passionnée du 'faire plaisir' à l'autre, je suis aimable et je suis souriante, ça c'est mon élégance à moi. Je suis drôle aussi, je pense, enfin... Je me fais rire moi-même, c'est peut-être pas si bon signe que ça finalement hahaha. Je me demande si Nicole Kidman est drôle?!
Mon corps parle un langage et je me rends compte que depuis que la trentaine a sonnée il y a quelques années, mon corps dénote beaucoup de timidité, de non confiance. Dans quel livre on apprend l'assurance? Sur quel lien Internet on trouve son équilibre?
Je me sens pleine de superflu, c'est peut-être pour ça que je ne suis pas aussi élégante. Superflu dans le sens où je jalouse parfois, j'envie, je mange trop, je me fâche pour de petits riens, j'angoisse. Je ne suis pas encore une mer tranquille et calme.
J'ai envie de tranquillité dans mon être et quand je prends le temps de respirer doucement, je la sens s'installer. Mais j'oublie trop souvent de le faire, à force de stresser pour des conneries. Être détendu, ça doit tellement être rassurant et pur comme état d'âme. J'y travaille très fort. Mon adversaire sent une main ferme quand je serre la sienne, même si parfois j'ai la main tremblante le soir chez-moi.
L'esprit libre, c'est possible?
J'ai le coeur franc et sincère. J'ai ça de vrai en moi. Suffit désormais de redresser le dos et le menton.
mercredi 6 août 2014
Toute vérité...
Je ne vous cacherai pas qu'à vouloir parfois être trop honnête, j'ai souvent été blessante. Quand tu ressens le regret d'avoir dit quelque chose à quelqu'un après lui avoir dit, c'est peut-être pas bon signe. Pour moi, dire la vérité a toujours été un gage d'amitié, de liens tissés serrés avec la famille, de bonne entente avec mes collègues de travail. Aujourd'hui, avec un peu plus de maturité, j'ai compris qu'être trop franche n'est peut-être pas la solution.
Par contre, je ne suis pas de celles qui aiment s'écrier : MOI LA LA QUAND J'AI QUELQUE CHOSE À DIRE JE LE DIS EN PLEINE FACE. Y'a des limites à vouloir tout dire, la franchise peut rapidement devenir mesquine et hautaine. Voire méchante. Se taire vaut parfois de l'or. Se tourner la langue 7 fois avant de parler aussi.
Il y certaines choses qui se disent, d'autres non. Une amie vous demande si sa nouvelle coupe de cheveux lui va bien. Vous trouvé ça affreusement laid. Apprendre à mesurer la portée de sa réponse est un art. Vaudrait peut-être pas lui répondre : "C'est crissement laid ta coupe court, tu as l'air d'une mémère de 70 ans. Ça ne te va pas du tout", et ce même si vous le penser vraiment.
J'ai une connaissance dans ma vie qui prend un malin plaisir à dire aux gens qui l'entourent :
- Tu as vraiment pris du poids, tu es gros.
- Tu as la face pleine de boutons, fais quelque chose!
- Tu as vraiment l'air fatigué, tu as vieilli!
- Ça ne te va pas du tout ton t-shirt, on voit tes bourrelets dedans!
- Tu es nul en peinture.
- Tu n'es rien, ton travail ne vaut rien, tu aurais pu devenir bien mieux. (Comme si le travail qu'on fait nous définit en tant qu'être).
À ce niveau, se dire franc est plutôt de la bêtise. La diplomatie n'a pas été inventée pour les cons. Il faut juste savoir manier la conduite. Je pense même qu'il y a des vérités plus sournoises, qui font du mal plus que des mensonges.
Il y a des gens qui manquent de tact, carrément.
"Aimes-tu ma nouvelles robe? T'en pense quoi sur moi"
- Vraiment pas, ça ne te va pas du tout la taille empire. Tu parais large là-dedans.
Pourquoi plutôt ne pas répondre : Ce n'est pas vraiment mon style, mais si tu aimes et que tu te sens bien dedans, tu l'as feras resplendir :)
Tout vérité n'est pas bonne à dire. J'y ai goûté lorsque certaines personnes se sont permises d'aller trop loin dans leurs remarques envers moi. J'ai aussi déjà été trop loin dans la vérité venin. J'essaie de me corriger, d'utiliser la bonne dose, car blesser les gens pour blesser les gens, ça ne fait pas partie de ma valise de vie.
Ce qui n'empêche pas qu'il y a des vérités qui doivent être dites. Je ne t'aime plus. Je t'ai été infidèle. Je t'aime. T'es un connard.
Pour vous, ça va jusqu'où la vérité?
Par contre, je ne suis pas de celles qui aiment s'écrier : MOI LA LA QUAND J'AI QUELQUE CHOSE À DIRE JE LE DIS EN PLEINE FACE. Y'a des limites à vouloir tout dire, la franchise peut rapidement devenir mesquine et hautaine. Voire méchante. Se taire vaut parfois de l'or. Se tourner la langue 7 fois avant de parler aussi.
Il y certaines choses qui se disent, d'autres non. Une amie vous demande si sa nouvelle coupe de cheveux lui va bien. Vous trouvé ça affreusement laid. Apprendre à mesurer la portée de sa réponse est un art. Vaudrait peut-être pas lui répondre : "C'est crissement laid ta coupe court, tu as l'air d'une mémère de 70 ans. Ça ne te va pas du tout", et ce même si vous le penser vraiment.
J'ai une connaissance dans ma vie qui prend un malin plaisir à dire aux gens qui l'entourent :
- Tu as vraiment pris du poids, tu es gros.
- Tu as la face pleine de boutons, fais quelque chose!
- Tu as vraiment l'air fatigué, tu as vieilli!
- Ça ne te va pas du tout ton t-shirt, on voit tes bourrelets dedans!
- Tu es nul en peinture.
- Tu n'es rien, ton travail ne vaut rien, tu aurais pu devenir bien mieux. (Comme si le travail qu'on fait nous définit en tant qu'être).
À ce niveau, se dire franc est plutôt de la bêtise. La diplomatie n'a pas été inventée pour les cons. Il faut juste savoir manier la conduite. Je pense même qu'il y a des vérités plus sournoises, qui font du mal plus que des mensonges.
Il y a des gens qui manquent de tact, carrément.
"Aimes-tu ma nouvelles robe? T'en pense quoi sur moi"
- Vraiment pas, ça ne te va pas du tout la taille empire. Tu parais large là-dedans.
Pourquoi plutôt ne pas répondre : Ce n'est pas vraiment mon style, mais si tu aimes et que tu te sens bien dedans, tu l'as feras resplendir :)
Tout vérité n'est pas bonne à dire. J'y ai goûté lorsque certaines personnes se sont permises d'aller trop loin dans leurs remarques envers moi. J'ai aussi déjà été trop loin dans la vérité venin. J'essaie de me corriger, d'utiliser la bonne dose, car blesser les gens pour blesser les gens, ça ne fait pas partie de ma valise de vie.
Ce qui n'empêche pas qu'il y a des vérités qui doivent être dites. Je ne t'aime plus. Je t'ai été infidèle. Je t'aime. T'es un connard.
Pour vous, ça va jusqu'où la vérité?
lundi 21 juillet 2014
Toucher la nature
Quand ça ne va pas et que tout me paraît noir, que je sens que le gouffre n'est pas bien loin, je m'accroche souvent à la nature pour faire le plein.
Je ne suis pas trop de celles qui iront se faire faire une nouvelle tête chez le coiffeur, aller m'acheter 500 $ de linge, ou encore se vider un 2 litres de crème glacée en pleurant sur le divan (quoique une bonne poutine remonte tjrs le moral). Oui je pleure, certes, mais je prends mes sandales ou mes bottes d'hiver et je déguerpis dans la nature.
C'est là que je respire du positif, que la verdure qui m'entoure me redonne de l'espoir (couleur de l'espérance), c'est là aussi que je souffle un peu. Y'a pas grand monde pour m'y voir pleurer ou esquisser un sourire, peut-être juste les petits oiseaux et les fourmis, ou les ours.
C'est souvent la rivière qui accueille mes larmes, peut-être que ça la rafraîchit finalement. C'est souvent le ciel et les nuages qui voient mon regard perdu quand je suis couchée sur le dos dans l'herbe.
C'est souvent les bancs de parc qui entendent mes histoires et mes tristesses. C'est souvent les sentiers qui ressentent mes pas, quand je marche doucement ou que je cours pour me défouler.
Toucher la nature, j'ai appris à le faire. Juste prendre une branche de lilas et l'amener vers mon nez, c'est du bonheur pur. Enlever ses chaussures pour marcher pieds nus dans l'herbe ça enlève de nombreux kilos sur les épaules. Se coucher sur une table de pique-nique ou sur le tapis vert et regarder bouger les feuillus ou les ouates en lapin, ça te revigore un esprit encore plus que les antidépresseurs ou une boîte de chocolats.
Entre l'envie et le regret, quoi de plus magique que de se tremper la nuque dans l'eau fraîche d'un lac. Chaque fois, c'est comme si je me sentais transporter dans un autre monde, là où les soucis n'existent pas.
On passe notre vie à prendre des chances. Dans tout ce que l'on entreprend, sait-on vraiment si ça fonctionnera. Il n'y a rien dont on est sûr, mais la nature, elle, malgré qu'elle soit indomptable, est un lieu de ressourcement indéniable.
Quand on est seul, entre parenthèses, et qu'on a besoin de respirer plus doucement, de faire rentrer l'air qui n'étouffe pas, c'est le temps d'aller découvrir les adjectifs de la nature. Enfin pour moi. J'en reviens pleine de conscience, après avoir maîtrisé l'art du ricochet en lançant quelques minutes de mon échappatoire, des roches à l'eau.
Je ne suis pas trop de celles qui iront se faire faire une nouvelle tête chez le coiffeur, aller m'acheter 500 $ de linge, ou encore se vider un 2 litres de crème glacée en pleurant sur le divan (quoique une bonne poutine remonte tjrs le moral). Oui je pleure, certes, mais je prends mes sandales ou mes bottes d'hiver et je déguerpis dans la nature.
C'est là que je respire du positif, que la verdure qui m'entoure me redonne de l'espoir (couleur de l'espérance), c'est là aussi que je souffle un peu. Y'a pas grand monde pour m'y voir pleurer ou esquisser un sourire, peut-être juste les petits oiseaux et les fourmis, ou les ours.
C'est souvent la rivière qui accueille mes larmes, peut-être que ça la rafraîchit finalement. C'est souvent le ciel et les nuages qui voient mon regard perdu quand je suis couchée sur le dos dans l'herbe.
C'est souvent les bancs de parc qui entendent mes histoires et mes tristesses. C'est souvent les sentiers qui ressentent mes pas, quand je marche doucement ou que je cours pour me défouler.
Toucher la nature, j'ai appris à le faire. Juste prendre une branche de lilas et l'amener vers mon nez, c'est du bonheur pur. Enlever ses chaussures pour marcher pieds nus dans l'herbe ça enlève de nombreux kilos sur les épaules. Se coucher sur une table de pique-nique ou sur le tapis vert et regarder bouger les feuillus ou les ouates en lapin, ça te revigore un esprit encore plus que les antidépresseurs ou une boîte de chocolats.
Entre l'envie et le regret, quoi de plus magique que de se tremper la nuque dans l'eau fraîche d'un lac. Chaque fois, c'est comme si je me sentais transporter dans un autre monde, là où les soucis n'existent pas.
On passe notre vie à prendre des chances. Dans tout ce que l'on entreprend, sait-on vraiment si ça fonctionnera. Il n'y a rien dont on est sûr, mais la nature, elle, malgré qu'elle soit indomptable, est un lieu de ressourcement indéniable.
Quand on est seul, entre parenthèses, et qu'on a besoin de respirer plus doucement, de faire rentrer l'air qui n'étouffe pas, c'est le temps d'aller découvrir les adjectifs de la nature. Enfin pour moi. J'en reviens pleine de conscience, après avoir maîtrisé l'art du ricochet en lançant quelques minutes de mon échappatoire, des roches à l'eau.
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